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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 11:00

En bientôt 10 ans de Ciné Discount, je n'avais encore jamais chroniqué de film avec Joe Lara. C'est un peu comme tenir un blog porno sans jamais mentionner Ron Jeremy. Et pour tout vous dire quand j'ai décidé d'acheter cet Hologram Man à 1€ c'est parce que je pensais que sa jaquette pompée sur l'affiche italienne de Terminator cachait un film mystérieux, comme pour Safari, ou peut-être le faux Terminator 2 de Bruno Mattei. Mais non, c'est bien une édition bas-de-gamme de Hologram Man de Richard Pepin, ancien chef opérateur de porno (eh ouais, t'as cru qu'au début j'en parlais de façon purement gratuite hein, avoue ?) reconverti dans la confection de produits sur mesure pour pointures du cinéma de vidéoclubs, Don "The Dragon" Wilson, Gary Daniels, Jack Scalia, Traci Lords, Louis Gossett Jr et donc, dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, Joe Lara.

Dans un futur proche, le maintien de l'ordre à Los Angeles est assuré par la société "Cal Corp" et les criminels sont condamnés à avoir leur esprit numérisé et emprisonné dans un ordinateur censé les reprogrammer pour pouvoir les réintégrer à la société à l'issue de leur peine. Tous les 5 ans, ils reprennent connaissance sous forme d'hologramme en justeaucorps et sont évalués par un jury qui décide de leur possible remise en liberté. Parmi ces holo-prisonniers, Slash Gallagher, un terroriste avec un nom et un look de catcheur imaginaire conçu avec le mode "Create-a-Wrestler" de WWF Attitude sur la première Playstation. Le jour de son audience, c'est le drame : grâce à la complicité d'un hacker, son hologramme s'évade et rejoint son ancien gang. Cal Corp charge alors le capitaine Decoda, le flic qui avait arrêté Gallagher 5 ans plus tôt, de remettre la main dessus. Mais sous sa forme d'hologramme, Slash semble totalement invulnérable...

Bon évidemment le vague prétexte SF à la base d'Hologram Man est risible, mais au début c'est vraiment difficile de ne pas aimer le film si on est un tant soit peu amateur d'action nanarde. Ca s'ouvre sur une fusillade où tout explose tout le temps, quand il y a un choc, quand il y a un tir, quand il y a une brise un peu forte ou un battement de cils un peu brusque, boum ça pète. Ca enchaîne sur une scène de sexe où le méchant baise dans pas moins de quatre positions différentes une charmante demoiselle qui n'aura qu'une seule autre courte apparition et zéro réplique dans le film. Tout de suite après, on a une poursuite en bagnoles et bus avec encore plus de fusillades et d'explosions. Et tout ça nous conduit à cette histoire clownesque d'hologrammes vivants. C'est bas-du-front mais sans temps mort et sans prétention, et le doublage français par des acteurs aux niveaux de compétence et de motivation variés ajoute au côté rigolo, tout comme Joe Lara, sorte de héros de couverture de roman Harlequin qui en serait sorti après avoir rêvé très fort de devenir un vrai petit garçon comme Pinocchio mais dont le jeu évoque un morceau de bois.

Mais au moins ses cheveux sont symétriques avec ceux
de l'actrice qui joue sa petite amie dans le film,
c'est pas Bruce Willis qui peut s'en vanter.

Malheureusement, passée la première demi-heure, votre appréciation risque de varier grandement selon que vous regardez ça seul ou accompagné. Entre copains, il y a moyen d'en faire un jeu à boire, une gorgée chaque fois qu'il y a une explosion, une gorgée chaque fois qu'un figurant se fait abattre dans une fusillade alors qu'il se tenait debout sans aucune couverture avec son flingue à la main, une gorgée si quelqu'un parvient à citer le nom d'un vétéran du cinéma de genre la première fois qu'il apparaît à l'écran, une gorgée chaque fois que quelqu'un dit "Decoda" en accentuant une syllabe sans raison, une gorgée chaque fois que quelqu'un dit "chier !", et on vide son verre si c'est en réaction à la mort d'un personnage important. Avec ça tout le monde est très vite bourré et l'ambiance est garantie. Enfin sauf si vos potes ont l'alcool mauvais.

Au casting, une belle brochette de "gueules" dont on ne retient jamais les noms
alors qu'on les a vues en arrière-plan dans des dizaines de téléfilms et séries.

Mais si comme moi vous regardez des conneries comme ça tout seul sans vous piquer la ruche, l'enthousiasme du début finira par retomber, parce que c'est quand même très répétitif. PM Entertainment, le studio à l'origine du film, avait pour habitude de faire écrire ses scénarios non pas par des professionnels, mais par des gens qu'ils employaient déjà à autre chose (ici en l'occurrence, le cascadeur qui joue Slash Gallagher, et qui aujourd'hui tient une galerie d'art contemporain parce qu'une blessure l'a forcé à renoncer à sa carrière), avec comme consigne de caser une scène d'action toutes les sept minutes. Les mecs pondaient ça en quelques jours juste avant le tournage, en s'enfermant avec une pile de VHS des succès du genre à imiter, dans lesquels ils piochaient de quoi meubler entre les moments où tout et tout le monde explose. Ici, il y a un peu de RoboCop, un peu du Cobaye, même un peu de Highlander II et Speed, mais pas vraiment d'intrigue au-delà de "Slash tue des gens jusqu'à ce que Decoda le tue".

Désolé pour cette chronique interminable,
pour ceux qui n'ont pas la patience de finir voilà une image qui résume tout.

Tout le reste est du pur remplissage qui ne va nulle part. Je pensais qu'en sa qualité d'homme-hologramme, le méchant serait une sorte de version numérique de Shocker, mais non, en fait ses hommes de main lui fabriquent un corps synthétique pour le contenir et il n'utilise pas ses pouvoirs avant la fin. Et malgré la complément français du titre, c'est un terroriste à l'ancienne, qui fait péter des trucs, pas un Anonymous avant l'heure. Même son copain hacker devient vite un simple porte-flingue. Il y a une histoire de dôme construit pour protéger les riches du trou de la couche d'ozone, mais c'est complètement oublié en cours de route. Il y a une vague impression de satire d'un système judiciaire naïf qui libérerait des criminels pour peu qu'ils soient capables de tenir de beaux discours de faux repentis, mais là encore c'est abandonné au bout d'une scène. Le politicien joué par Michael Nouri de Hidden sert de méchant secondaire mais sans qu'on ne se donne jamais vraiment la peine de nous expliquer ou monter en quoi son gouvernement est particulièrement détestable. Hologram Man n'a rien à dire, rien à raconter, c'est une compilation d'imitations de films à plus gros budgets parce qu'1h30 de voitures qui font des tonneaux et de gens qui se flinguent sans interruption c'est invendable alors il faut bien allonger la sauce d'une façon ou d'une autre.

Devenir une projection d'image en justaucorps donne le pouvoir exceptionnel
de savater d'autres une projection d'image en justaucorps mal incrustés dans le décor,
alors qu'ils sont invulnérables aux armes conventionnelles.

Alors voilà, ça s'essouffle en cours de route mais je n'irais pas jusqu'à dire que ça devient profondément ennuyeux, c'est juste que ça perd de son charme une fois l'effet de surprise dissipé. Ca reste raisonnablement divertissant pour un fan de mauvais films drôles ; il y avait assez de pognon et de bons artisans impliqués dans les scènes d'action pour éviter que ça fasse minable à ce niveau-là mais autour de ça, on est plutôt dans de la série Z que B. C'est crétin, les effets censés représenter les technologies futuristes sont ringards, c'est mal doublé, et Joe Lara, sorte de Lorenzo Lamas empaillé que les autres acteurs traînent d'une scène à l'autre et à côté duquel même Steven Seagal aurait l'air particulièrement expressif,  donne l'impression d'être l'un des pires acteurs à être devenu tête d'affiche, ou plutôt tête de jaquette VHS, c'est assez incroyable. Si ce genre de sous-cinéma de forain vous amuse, à 1€ vous ne risquez pas trop d'être déçu même si ça ne sera pas le plus beau nanar de votre collection.

 

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Hologram Man (1995), réalisé par Richard Pepin (Dark Breed) sur un scénario d'Evan Lurie. Avec Joe Lara (Steel Frontier), Evan Lurie (Double Impact), Arabella Holzbog (Carnosaur 2), Anneliza Scott (Demolition Man), Michael Nouri (NCIS : Enquêtes spéciales), John Amos (58 minutes pour vivre), William Sanderson (Blade Runner), Tiny "Zeus" Lister Jr. (Le Cinquième élément), Nicholas Worth (Barb Wire).

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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