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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 09:09

Sans être un titre particulièrement prestigieux, il y a 25, 30, 40 ans, être la "Playmate de l'année" de Playboy ça donnait une petite notoriété utilisable comme tremplin pour faire une carrière d'actrice. Oh, pas pour donner la réplique à des stars dans des productions prestigieuses ou jouer des rôles sérieux dans du cinéma d'auteur hein, entendons-nous bien, mais pas non plus pour écarter les cuisses dans Autostoppeuses en chaleur ou La Ruée vers Laure. Non, si Hugh Hefner avait brièvement fait de vous la jolie blonde dont l'Amérique avait eu le plus envie de voir les seins, vous pouviez gagner votre ticket d'entrée chez Roger Corman et ses émules, ou dans ces téléfilms policiers un peu dénudés qui firent les beaux soirs de TF1 le samedi sous le label "Hollywood Night". Claudia Jennings, Dorothy Stratten, Anna Nicole Smith, Jenny McCarthy, Shannon Tweed... Bon, je sais, c'est des noms qui n'évoquent vraisemblablement rien aux jeunes, et je ne crois pas qu'aujourd'hui le cinéma en accueille encore, des comme ça, mais en leur temps, ce furent des noms reconnaissables pour jaquettes de VHS.

Kathy Shower n'est pas forcément la plus connue de cette espèce disparue, mais n'a pas trop mal tiré son épingle du jeu en son temps. Dans les années 80, elle a eu son quart d'heure dans le cinéma d'action pour vidéoclubs dans le rôle de "la belle nana qui en a", les jours où Brigitte Nielsen était déjà occupée. Dans Commando Squad, elle joue Kat, une flic de Los Angeles qui mène ses enquêtes déguisée en Joan Jett et à grands coups de Desert Eagle. Curieusement elle gardera sa perruque de rockeuse pendant la quasi-totalité du film, le réalisateur n'ayant pas dû piger que le studio cherchait à exploiter le concept "imagine, une jolie mannequin à chevelure d'ange qui serait en réalité une dangereuse dure à cuire qui manie des grosses pétoires !" vendu par la jaquette. Elle la retire le temps brièvement, quand son chef lui annonce qu'elle doit démanteler un réseau de trafic de drogue en allant attaquer à la source, au Mexique. Kat, reine de la réplique percutante, lui rétorque alors que "je n'ai absolument rien à faire de votre maudite cocaïne !", mais change d'avis lorsqu'elle apprend que plusieurs de ses collègues, envoyés là avant elle, ne donnent plus signe de vie.

Il faut attendre une heure avant de vraiment voir Kat jouer les Rambo,
les scènes d'action chez Fred Olen Ray ne se succèdent pas vraiment au même rythme
que dans une production de chez PM Entertainment.

En effet parmi eux il y a un certain Clint, qu'on devine être son ex, puisqu'elle a encore une photo de lui encadrée sur son chevet mais qu'elle n'était pas au courant qu'il s'était barré à l'étranger. Clint c'est Brian Thompson, que vous avez forcément déjà vu dans une cinquantaine de rôles de gros-bras à sale gueule si vous êtes amateur de série B (si vous n'êtes pas amateur de série B, ça vous ennuierait de m'expliquer ce que vous faites ici ?). Il se fait capturer par les trafiquants, et découvre alors, tenez-vous bien, que c'est l'un de ses prédécesseurs qui a pris le contrôle du cartel ! Pendant ce temps, Kat se fait équiper de matériel non-réglementaire par une vieille dame qui tient une librairie qui vend des affiches de cinéma mais planque des grenades et des cartouches derrière son comptoir, parce que pourquoi pas, hein ? Et voilà, après ça, le scénario, écrit par le mec qui jouait Mengele dans Surf Nazis Must Die, tourne un peu en rond jusqu'à la fin, il essaie de s'évader, il se refait capturer, Kat se fait capturer, Kat s'évade, Kat se refait capturer, ils s'évadent ensemble...

J'ai rien contre Brian Thompson au contraire, c'est même en partie pour la curiosité
de le voir dans le rôle du héros pour une fois que j'ai acheté le DVD,
mais à l'époque il ne savait pas jouer du tout, et passe presque tout le film ligoté à une chaise.

On sent que l'ambition était de faire un Commando bas-de-gamme avec un musclé à mâchoire carrée qui brave une armée de méchants latinos pour défoncer un moustachu à coups de couteau, mais le réalisateur a dû s'apercevoir assez vite qu'il avait un petit problème : ses deux vedettes n'avaient pas vraiment le charisme ni le talent pour porter le film. Sans être tout à fait des débutants, puisque Kathy Shower avait déjà quarante épisode du soap opera Santa Barbara (je vais supposer que je suis principalement lu par des plus de quarante ans, et ne pas expliquer Santa Barbara) derrière elle, et que Brian Thompson avait avait déjà joué face à Schwarzenegger (c'est un pote de Bill Paxton dans Terminator) ET Stallone (en tueur dans Cobra), ils n'étaient pas vraiment faits pour des rôles avec beaucoup de dialogues. Du coup, l'un comme l'autre font un peu office de seconds rôles pendant que l'essentiel du film est porté par les méchants, joués par des vétérans du genre comme le toujours bienvenu Sid Haig. La fameuse "équipe de choc" de la jaquette n'est réunie à l'écran que 10 minutes avant le début du générique, et ne sera en action ensemble que pendant la moitié de ce temps. De quoi se sentir un peu floué, donc.

Les artificiers ne chôment pas quand l'intrigue les sollicite,
mais ça ne suffit pas à rendre le film palpitant.

Commando Squad avait le budget pour quelques scènes d'action pas ridicules mais sans imagination ni grande envergure, du genre qu'on pouvait voir dans les séries télé de l'époque, L'Agence tous risques, Supercopter, L'Homme qui tombe à pic... Il y a des fusillades, des explosions, des poursuites en bagnole, un hélicoptère, mais ça reste de la Rambosploitation assez fade. Je m'attendais évidemment pas à un excellent film d'action mais j'espérais au moins que l'association du Shao Kahn de Mortal Kombat : Destruction finale et d'une playmate de Playboy ait un minimum de personnalité, ce qui n'est pas vraiment le cas. Le début est un peu prometteur, le doublage VF ringard donne un petit charme, mais ça retombe vite. C'est le genre de film qui avait trop de moyens et de compétences pour être nanar, mais pas assez pour être bon. On sourit un peu, on s'ennuie beaucoup et on regrette le potentiel gâché. Pas la peine de perdre votre temps devant.

 

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Commando Squad (1987), réalisé par Fred Olen Ray (Hollywood Chainsaw Hookers) sur un scénario de Michael D. Sonye (Sur le fil du rasoir). Avec Kathy Shower (Robo-C.H.I.C.), Brian Thompson (X-Files : Aux frontières du réel), William Smith (Ca va cogner), Sid Haig (The Devil's Rejects), Mel Welles (La Petite boutique des horreurs), Andre Benita (¡Trois amigos!).

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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