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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 09:10

Il y a 10 ans déjà, The Asylum créait la sensation sur internet avec la bande annonce de Mega-Shark vs Giant Octopus, nanaro-navet qui voyait les monstres du titre croquer avions, sous-marins et plates-formes pétrolières à la place de simple nageurs imprudents. Depuis, les petits producteurs fauchés se sont lancés dans la surenchère des bestioles et situations improbables, des requins qui se fightent avec des goldoraks, des requins à deux ou trois ou six têtes, des requins dinosaures, des requins fantômes, des requins zombies, des requins dans des tornades ou des avalanches, des piranhas assez gros pour attaquer des immeubles, des pythons capables d'avaler des trains, des tarentules cracheuses de feu... A côté de ça, les plus gros studios qui veulent continuer à exploiter le filon des Dents de la mer sans tomber dans le grand n'importe quoi savent qu'ils ne peuvent quand même pas se contenter de resservir la même recette sans y ajouter un peu de piment. Cette année par exemple on a eu le sympathique Crawl, qui savait bien que "ah la la, attention, des alligators tueurs !" c'est un peu léger à l'ère de Mega Python vs Gatoroid, et a donc choisi de compliquer la situation en coinçant ses protagonistes dans une maison à cause d'une inondation causée par un ouragan. Mais quelques années auparavant, Russell Mulcahy, le réalisateur d'Highlander, avait eu une idée similaire avec des squales.

Les côtes australiennes sont bien connues pour la présence de carcharodon carcharias et Bait s'ouvre sur un incident mortel à la plage. Un an plus tard, un survivant est toujours hanté par le drame, et a abandonné son travail de maître nageur pour devenir manutentionnaire dans un supermarché. Mais la malchance le poursuit, puisque le même jour, son ex débarque avec son nouveau mec, le supermarché se fait braquer, un tsunami frappe la côte, et il se retrouve piégé dans les ruines du magasin inondé, où la flotte a entraîné une paire de requins tueurs affamés. Avec les quelques survivants de la catastrophe, à savoir la dizaine de personnages qui ont eu des répliques avant que la grosse vague ne frappe, il va tenter de trouver un moyen de sortir de là.

Bien qu'on voit clairement la lumière du jour, les personnages décident directement
qu'il n'y a aucune chance de sortir, avant même de savoir qu'il y a des requins tueurs dans l'eau.

Je vous disais qu'on ne pouvait plus se contenter de vendre un film de requins basique de nos jours, et dans ses premières minutes Bait donne l'impression de sur-compliquer les choses à un niveau comique. Le héros est traumatisé ! Il y a une fille kleptomane qui fait licencier son petit ami en volant des choses au supermarché ! Elle fait des conneries parce qu'elle est triste parce que sa mère est morte ! Le flic qui vient la chercher n'est autre que son propre père ! Deux malfaiteurs veulent braquer le supermarché ! L'un des deux est en réalité forcé par l'autre, pour payer les dettes de son frère ! Il y a une prise d'otages ! Hé, vous êtes sûrs qu'on a vraiment besoin du tsunami et des requins tueurs si vous aviez tant de choses à raconter ? Ben en fait oui, parce que finalement, rien de tout cela ne se révèle particulièrement important pour la suite de l'histoire ou n'influence spécialement la trajectoire de ses personnages. Les scénaristes auraient aussi bien pu s'amuser à ajouter que l'agent de sécurité était secrètement un prodige de la mandoline et que le gérant du supermarché avait détourné la caisse pour payer l'opération de la tumeur au cerveau de sa femme, tant qu'on y était, ça aurait simplement ajouté quelques répliques sans conséquences de plus.

Croyez-le ou non, on en est déjà rendus là au moment où
la véritable intrigue du film démarre !

Bait ne fait d'ailleurs pas grand'chose non plus avec son décor, comme si les auteurs s'étaient rendus compte trop tard que "des requins dans un supermarché" c'était goleri sur le papier mais finalement pas très intéressant à exploiter comme idée. En fait les rares fois où il y aurait eu quelque chose à en tirer, le film passe à côté, comme lorsque les survivants fabriquent une armure anti-requins avec les moyens du bord et qu'on zappe directement de "et si on faisait ça ?" à "voilà, c'est prêt" sans passer par la case "jouons à MacGyver". Et à part ça et le moment où ils utilisent de la viande du rayon boucherie comme appât, rien, qu'est-ce que tu veux faire ? Des requins au supermarché, c'est incongru mais pas spécialement riche de possibilités.  Le film se contente donc essentiellement de nous exposer pour rien les états d'âmes de ses personnages entre deux scènes de "bon allez j'essaye de nager vers la sortAAAAAAARGH".

On devine le budget du film assez modeste,
mais les bébêtes ne sont quand même pas ridicules,
ce qui le place déjà au-dessus d'un bon paquet
de films d'animaux tueurs bas-de-gamme de ces dix dernières années.

Les dialogues sont nuls mais mais si vous êtes de bonne humeur, le film en prend un côté comique pas désagréable. Le héros s'entend constamment dire qu'il a une mine affreuse (parce qu'il est tourmenté, vous voyez) alors qu'il pourrait se présenter à un casting de pub Tommy Hilfiger sans risquer de se faire refouler comme l'épave qu'il est censé être. Le nouveau mec de sa copine prend la peine de lui expliquer qu'il n'a encore jamais couché avec elle, histoire qu'on sache qu'elle est encore "pure" et qu'il pourra donc la récupérer en bon état quand le pauvre couillon se sera fait bouffer par un sélachimorphe (ce qui arrive évidemment à la scène suivante) parce que bon, quel homme digne de ce nom voudrait d'une fille qui a connu d'autres hommes dans sa vie hein ? Quand la véritable identité de l'un des rescapés, sur laquelle il n'y a en réalité aucun doute depuis le début, est révélée, un personnage tient à exprimer à quel point il est médusé par sa ruse dérisoire, au cas où les spectateurs auraient manqué les vingt premières minutes et auraient besoin d'une explication.

Quelle dégaine épouvantable mon pauvre Josh,
va donc boutonner ta chemise, là tu fais peur,
on dirait que t'as passé trois semaines dans les égouts.

Les rebondissements semblent là pour nous rappeler que dans "prévisible", il y a "risible" : on n'est jamais surpris par quoi que ce soit, mais à force de toujours tout deviner d'avance, on finit par en rire. Bien sûr que la personne qui tend la main au type qui espère être sauvé va se retrouver avec le bras du type et rien d'autre à la main au moment où elle pense le tirer de l'eau. Bien sûr que le type suspendu dans le vide va se faire couper en deux, bien sûr que le petit chien qu'on croyait mort s'en sort miraculeusement, bien sûr que le bandit au grand coeur va séduire la jolie nana, bien sûr qu'il va manquer dix centimètres de tuyau pour atteindre un objectif crucial, bien sûr que le fusil qui a passé des heures dans l'eau va parfaitement fonctionner une fois puis s'enrayer la deuxième, Forcément c'est décevant si on espère un vrai film à suspense, mais si on accepte Bait comme une parodie involontaire du genre, c'est marrant.

Ah ben oui mais fallait pas se suspendre dans les airs aussi mon vieux,
statistiquement c'est là qu'on a le plus de risque de se faire
à moitié manger par un grand requin blanc.

Ca n'est clairement pas un bon film, c'est crétin et bourré de clichés, mais je ne me suis ennuyé à aucun moment. Ca ne vaut pas Piranha 3D (dommage que la version DVD de Bait ne propose pas de 3D, d'ailleurs), et j'aurais bien sûr aimé voir le papa de Razorback en meilleure forme que ça, mais Bait a du charme, des effets spéciaux corrects et des acteurs sympathiques, et entre ça et les merdes imbitables que me suis forcé à finir de par le passé pour pouvoir les chroniquer sans avoir à avouer "j'ai abandonné au bout de 10 mn", le choix est vite fait : en apéritif d'une soirée d'Halloween, ça se laisse très facilement regarder.

 

 

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Bait (Bait 3D, 2012), réalisé par Kimble Rendall (Cut) sur un scénario de Russell Mulcahy (Highlander) et John Kim. Avec Xavier Samuel (Twilight chapitre 3 : Hésitation), Sharni Vinson (Sexy Dance 3), Phoebe Tonkin (H2O), Alex Russell (Chronicle), Martin Sacks (Wonderland), Julian McMahon (Nip/Tuck).

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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