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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 18:15

Depuis 40 ans, le genre du "slasher" est résumé par ses détracteurs en "c'est des films débiles ou un attardé mental poursuit des filles dans la forêt". Du coup, ceux que les studios osent encore produire aujourd'hui semblent n'exister qu'en deux saveurs pour éviter d'être mis dans le même panier : soit "oui t'as raison c'est débile lol rigolons-en ensemble" à la Scream Girl, soit "non le mien il est pas débile il y a de la psychologie dedans, j'essaie de comprendre ce qui pousse un attardé mental à poursuivre des filles dans la forêt (un indice, c'est parce qu'il a eu une enfance malheureuse)" comme le remake d'Halloween. Leatherface appartient à la deuxième catégorie et s'applique à nous expliquer pourquoi et comment le méchant le plus connu de Massacre à la tronçonneuse est devenu un psychopathe qui découpe les gens avec un instrument de bûcheron. Est-ce que ça en fait un remake du prologue de 2006 du remake de l'original, Massacre à la tronçonneuse : le commencement ? La clé du mystère Face-de-cuir sera-t-elle plus intéressante que "un jour, il a ramassé une tronçonneuse qui traînait et il a commencé à tuer des gens avec" ?

Le film s'ouvre sur un hommage à l'une des scènes emblématiques de l'original, un repas de famille où l'on découvre que c'est bien le rigolo Texas Chainsaw qui avait raison et pas les films produits par Michael Bay, puisque le futur tueur s'appelle Jed Sawyer et pas Thomas Hewitt. On apprend aussi que ses frères s'appellent bien comme dans Massacre à la tronçonneuse 2, un film dont Texas Chainsaw avait choisi d'annuler l'existence. En gros, le scénariste veut montrer qu'il a bien fait ses devoirs, mais en vrai il a juste survolé des pages Wikipédia plutôt que visionné les films. La scène présente Jed comme un garçon moins taré que le reste de sa famille mais qui se révèle quand même enclin à la violence quand on le pousse. Le reste du film va broder autour de cette idée : le futur cannibale au masque en peau humaine n'était pas le mauvais bougre, mais quand on vit entouré de fous, il suffit de pas grand chose pour basculer du côté obscur.

Le film a quelques moments assez malins, comme quand il commence par te faire croire
que ça va être une histoire classique de jeunes gens qui s'arrêtent au mauvais endroit au mauvais moment.
Mais l'intrigue montre quand même assez vite ses faiblesses et un certain manque d'originalité.

Le scénario choisit malheureusement quelques ressorts absurdes pour envoyer son protagoniste sur le sentier de la perdition. Les Sawyer massacrent la fille du shérif et apparemment, bien qu'ils soient déjà soupçonnés (à juste titre) de plusieurs meurtres, le shérif ne peut absolument rien contre eux faute de preuves en béton armé. Quand on pense qu'aujourd'hui encore les keufs peuvent flinguer des innocents et s'en tirer à bon compte, on a du mal à croire que, dans le Texas des années 50, un shérif laisserait les assassins de sa fille en liberté simplement parce que leur mère lui a fait les gros yeux en disant "t'as pas assisté au meurtre toi-même donc t'as rien contre eux", mais sans ça y a pas de film, alors il faudra fermer les yeux et accepter que la seule vengeance du papa endeuillé consistera à profiter que Jed est mineur pour le faire envoyer en hôpital psychiatrique.

La grosse fausse bonne idée du film : le personnage de la mère Sawyer,
garante de l'immunité invraisemblable de sa famille face à la loi.
On veut nous expliquer "les origines du tueur" mais il faudrait déjà nous expliquer les origines
de la dame bien éduquée et assez rusée pour manipuler tout le monde
mais qui a choisi d'élever des déficients mentaux assassins et cannibales dans le trou-du-cul du monde.

Dix ans plus tard, la mère Sawyer a réussi à épouser un homme riche pour se payer un avocat pour faire sortir son fils de l'asile. Ah oui, on n'imagine pas à quel point les millionnaires texans sont facilement séduits par des quinquagénaires qui élèvent des dégénérés dans de vieilles baraques au milieu de nulle part. On sent que les réalisateurs ont choisi une actrice adorée par les critiques (Lili Taylor) pour éviter que trop de gens ne s'offusquent que son personnage soit un artifice scénaristique particulièrement mal intégré à cet univers. En tout cas, comme les patients reçoivent tous une nouvelle identité à leur admission pour les protéger des familles auxquelles on les a retirés, on ne sait pas lequel de ces joyeux drilles traités aux électrochocs par leur psychiatre est l'artiste anciennement connu sous le nom de Jed et on ne peut donc pas accorder de droit de visite. La daronne riposte en déclenchant une émeute de façon assez tirée par les cheveux et dans le chaos ambiant, quatre pensionnaires s'évadent en prenant une infirmière en otage. Nous avons là un couple de psychopathes à la Tueurs nés, un mec sympa un peu timide, et un quasimodo quasi-muet qui vire rageux quand on le stresse, partis dans une cavale sanglante, poursuivis par le shérif qui cette fois est décidé à régler les problèmes à grands coups de balles dans la tête.

Coup de chance incroyable, nos évadés arrivent à voler au même endroit
des fringues pour deux filles pas de la même taille et trois mecs dont un obèse
(interprété par le gars qui jouait Hodor enfant dans
Game of Thrones).

Bon, vous et moi, on n'est pas nés de la dernière pluie : on sait bien qu'on est censé prendre le gros placido-dingo pour le futur Leatherface mais avec cette histoire d'identité secrète on sait bien que ça ne sera pas lui. Ca laisse peu de suspects et on n'est absolument pas surpris dans le dernier quart d'heure quand on découvre que non, ça ne sera pas la jolie petite infirmière innocente qui va péter les plombs et se mettre à tronçonner les gens mais bien le mec qu'on soupçonne depuis son apparition dans le film. Le suspense est à peu près aussi insoutenable que dans La Revanche des Sith, quand on se demande si c'est Anakin Skywalker ou Chewbacca qui va devenir Dark Vador. On excuserait le coup de théâtre prévisible si l'intrigue était un peu plus riche en rebondissements, mais dans l'ensemble ce n'est pas bien palpitant. Un peu de tueries, beaucoup de chamailleries entre de jeunes acteurs anglais qui en font des caisses de "t'as vu, je sais imiter l'accent péquenaud ricain" dans leurs rôles d'espèces de Devil's Rejects du pauvre.

Le duo français Bustillo/Maury essaie de pousser le bouchon de la violence,
mais reste finalement assez sage :
William Lustig et Tom Savini ont osé pire pour ce genre d'exécution au fusil à pompe.

Leatherface évoque aussi le cinéma de Rob Zombie pour son côté "je cherche moins à faire peur qu'à choquer l'bourgeois". On abat les innocents en leur faisant exploser la tête à bout portant, on baise sur un cadavre qu'on léchouille, on suicide des handicapés mentaux pour le spectacle d'un fauteuil roulant qui passe par une fenêtre, on montre les bouches encore fumantes de ceux qui viennent de bouffer du plomb, c'est comme ça, on est trop un ouf gueudin qui a pas de limites. Ca pimente un peu le film, qui a par ailleurs le mérite de ne pas chercher à être une nouvelle redite du premier. Mais ça n'est jamais suffisamment bizarre et inattendu pour valoir un Massacre à la tronçonneuse 2 quand même. Ca n'est pas nul, ça n'est pas ennuyeux, mais ça manque de personnalité et ça ne parvient jamais à faire oublier que ça n'existe que pour répondre de façon peu convaincante à une question idiote. C'est regardable mais ça ne se classe pas bien haut dans la liste des meilleurs épisodes de cette longue saga.

 

 

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Leatherface (2017), réalisé par Alexandre Bustillo et Julien Maury (A l'intérieur) sur un scénario de Seth M. Sherwood (Hell Fest). Avec Sam Strike (Nightflyers), Vanessa Grasse (Roboshark), James Bloor (Dunkerque), Jessica Madsen (Rambo : Last Blood), Sam Coleman (Game of Thrones), Lili Taylor (Arizona Dream), Stephen Dorff (Backbeat).

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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