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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 09:24

Vous vous souvenez de La Nuit d'Halloween, ce film d'horreur moisi que j'avais chroniqué il y a 3 ans dans le cadre d'un coffret "3 films Halloween", et qui en réalité n'avait aucun rapport avec Halloween ? Non mais vous inquiétez pas, je me vexerai pas si vous vous souvenez pas (enculés). Eh bien figurez-vous qu'en réalité, le film (The Fear, alias Terreurs) usurpait l'identité de sa simili-suite, The Fear: Halloween Night, alias The Fear: Resurrection, alias donc La Nuit d'Halloween. Il est à nouveau question d'un groupe d'amis partis passer quelques jours dans une maison de campagne isolée, et pour justifier le lien avec The Fear, ils sont censés faire face à leurs plus grandes phobies et il y a un mannequin en bois dans la baraque. Comme ça se passe à Halloween, chacun doit illustrer sa peur à travers son costume, au cours d'une cérémonie orchestrée par l'un d'eux, qui va au passage leur révéler qu'il est le fils d'un serial killer. La soirée requiert la présence d'un artefact amérindien, "Morty", sorte de golem de bois qui va prendre vie et se mettre à tuer les invités un par un.

Après une séquence d'intro qui démarre pas trop mal mais se finit sur un coup de théâtre absurde, on comprend assez vite que le studio avait un scénario à deux balles sur le point de partir à la poubelle, mais que quelqu'un s'est dit qu'il y avait moyen d'en faire une opération rentable en le produisant pour le moins cher possible tout en le rattachant artificiellement à un film qui avait probablement obtenu, grâce au nom de Wes Craven sur la jaquette, un succès correct en vidéoclubs. Je devine qu'à la base ça devait être l'histoire d'un type possédé par l'âme d'un serial killer, et qu'ils ont plaqué dessus des éléments de l'autre film en espérant que ça fonctionne quand même. On se retrouve donc avec le fantôme d'un serial killer ET l'esprit vengeur d'un peuple bafoué ET un héros qui a des hallucinations et des absences et qui pourrait peut-être être le tueur, ce qui fait beaucoup pour un seul film. Nous avons le thème des phobies illustrées par des costumes d'Halloween d'une telle indigence qu'on voit bien que ça a été ajouté à la dernière minute : la femme qui a peur du noir (jouée par Mme Voorhees en personne !) est déguisée... en robe noire, celle qui a peur du sang est déguisée, vous l'aurez deviné, en robe rouge, il y a en a même un qui n'a pas de costume parce qu'il dit qu'il n'a peur de rien.
 


Mon préféré c'est le déguisement de boîte en carton de la fille claustrophobe.


Le film tourne gentiment en rond pendant trois quarts d'heure, suivant mollement les bavardages d'un groupe d'acteurs qu'on devine avoir été les premiers à se présenter au casting, et qui ne parviennent jamais à créer l'illusion qu'ils sont une vraie bande de copains, à la fois parce qu'ils sont mauvais, et à la fois parce qu'on ne leur a pas vraiment donné de personnages à jouer mais simplement dit de réciter leurs dialogues nuls. Dans la dernière demi-heure ça s'agite un peu, avec quelques meurtres sans imagination (certains ont carrément lieu hors champ), un peu de bagarre, mais ça reste ennuyeux. Les greffes sur le scénario ont mal pris et on perd vite tout intérêt à suivre cette intrigue complètement conne. Il y a quelques trucs goleri, les costumes d'Halloween bidon, le mec qui s'énerve et cogne avec un tout petit bout de bois une pierre tombale qui se met à saigner, les protagonistes qui réagissent à la découverte des cadavres de leurs potes comme s'ils constataient que quelqu'un a abimé leur pare-choc en se garant, "Morty" qui repompe à Mad Max l'idée du type menotté à un véhicule sur le point d'exploser qui doit se couper la main lui-même pour se sauver, comme ça si tu avais encore un doute sur le fait qu'il n'y avait pas d'Indien en bois dans la première version de l'histoire tu es fixé. Ca ne fait hélas pas assez pour justifier le visionnage d'un tel navet, même si c'est le genre d'édition DVD minable qui se déniche à 1€.

 


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La Nuit d'Halloween (The Fear: Halloween Night, 1999), réalisé par Chris Angel (Wishmaster 3 & 4) sur un scénario de Kevin Richards. Avec Gordon Currie (Code : Eternity), Stacy Grant (Les Passagers), Myc Agnew (Showgirls 2), Betsy Palmer (Vendredi 13), Rachel Hayward (L'Art de la guerre II : Trahison), Byron Chief Moon (Dragon Fear : à la recherche du trésor perdu), Emmanuelle Vaugier (Saw II).
 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 11:05

Dans la série "les petits films d'horreur un peu oubliés depuis qu'il n'y a plus de vidéoclubs pour les promouvoir", il me semble qu'Amsterdamned fait un bon candidat pour succéder à Critters et Maximum Overdrive. En fait il a probablement été un peu plus oublié que ces deux-là, d'ailleurs. Mais à l'époque de sa sortie, il bénéficiait encore de l'aura de son réalisateur Dick Maas, lauréat du Grand Prix du festival d'Avoriaz en 1984 pour L'Ascenseur. On te recommandait ça comme on te recommande aujourd'hui des choses comme Mister Babadook, de l'horreur "intelligente", du thriller psychologique et pas du slasher hollywoodien débile. Comme son titre l'indique assez bien, ça se passe à Amsterdam, qui pour les non-consommateurs de stupéfiants et de prostituées est une ville célèbre pour ses canaux. Un tueur aquatique y rôde la nuit à la recherche de victimes sur les quais ou les bateaux. Les cadavres plus ou moins horriblement mutilés se succèdent à la morgue, le seul témoin est une vieille folle qui prétend avoir vu un monstre, et la police ne dispose que d'une seule piste qui risque de ne pas mener loin : le coupable fait de la plongée sous-marine. En tentant d'exploiter cet indice plutôt maigre, l'inspecteur Eric Visser fait la connaissance d'une accorte plongeuse et de son onctueux psychanalyste. La vie de flic célibataire en blouson de cuir étant ce qu'elle est, il se met en tête de baiser l'une et soupçonner l'autre, ce qui ne fait pas beaucoup avancer l'enquête...

Un tueur sous-marin, des poursuites en bateaux, c'est pas quelque chose qu'on voit souvent ni dans les polars ni dans les films d'horreur. Amsterdamned exploite autant qu'il peut la spécificité de son décor, et rien que pour ça, si vous vous intéressez un tout petit peu au cinéma de genre, ça en fait une curiosité qui mérite qu'on y jette un oeil. Malheureusement, j'aurais préféré un bon film qu'un simple objet de curiosité. Mais le fait est qu'au-delà de son exotisme, Amsterdamned n'a pas grand'chose à offrir. L'intrigue, par exemple, n'est pas folichonne. Comme il n'y a aucun lien entre les meurtres et pas assez d'indices, l'enquête se résume un peu à une série de constatations d'échecs. Les scènes de meurtres parviennent à rester intéressantes malgré leur accumulation parce que le tueur change ses méthodes d'une fois sur l'autre, mais chaque fois qu'on passe au point de vue des flics, c'est à peu près toujours de l'ordre de "Zut alors, encore un meurtre qu'on n'a pas pu empêcher parce qu'on a vraiment zéro idée de qui a pu faire ça, y a plus qu'à espérer qu'on le prenne en flagrant délit".
 


Avouez que ça change agréablement des films où New York est à Vancouver.


Et le problème c'est que le personnage de l'inspecteur Visser, avec lequel on passe beaucoup de temps, n'a pas vraiment la trempe d'un héros de cinéma. En fait, même pour une série télé, ce serait plutôt le genre que France 3 diffuse pour occuper les maisons de retraite l'après-midi. Il manque de personnalité, toutes les scènes censées lui en donner ne font qu'exploiter des lieux communs : le flic bourru qui fait son boulot à sa manière sans prendre de gants, le solitaire qui n'a pas su sauver sa vie de couple mais reste un bon père... L'acteur n'est pas super charismatique, sa dégaine d'instituteur déguisé en Serpico a particulièrement mal vieilli. On sent bien qu'il a donné de sa personne dans certaines scènes d'action, mais en dehors de ça, c'est vraiment "Derrick à la cantine". Ses collègues ne font guère plus que de la figuration intelligente, quant aux suspects potentiels, ils sont introduits si tôt qu'on se doute que ce sera une fausse piste. Et effectivement, le film exploite cette unique fausse piste jusqu'au dernier acte où, enfin, des faits impossibles à deviner pour le spectateur sont dévoilés.
 


On pouvait craindre qu'un simple homme-grenouille ne fasse pas un très bon tueur de cinéma,
mais le petit côté "Créature du Lac Noir sadomaso" du costume fait qu'il fonctionne plutôt bien.


Entre le manque de rebondissements, certains passages trop longs (ah, le "suspense" de l'écluse qui n'en finit plus de se vider...) ou superflus, les moments de comédie ringarde (oh non, les déménageurs traversent la rue avec un objet fragile juste au moment où la voiture arrive à toute allure !), Amsterdamned ne parvient jamais à trouver un rythme et un ton satisfaisants. Les poursuites ne suffisent pas à en faire un thriller palpitant, ni quelques morts bien brutales à en faire un film d'horreur mémorable. Reste l'aspect insolite : c'est pas tous les jours qu'on voit des poursuites avec une Golf, des chevaux, une moto, un hors-bord. Ou qu'on a l'impression que l'acteur principal aurait vraiment pu crever pendant une cascade. Ou qu'une baigneuse se fait poignarder la chatte à travers son matelas gonflable. Ou que la "version originale sous-titrée" proposée sur le DVD est en réalité une version anglaise doublée par des acteurs néerlandais avec des accents à couper au couteau. Alors voilà, ça n'est pas complètement dénué de charme, mais c'est clairement pas indispensable.

 



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Amsterdamned (1988), écrit et réalisé par Dick Maas (L'Ascenseur). Avec Huub Stapel (Paradis Express), Monique van de Ven (Turkish délices), Serge-Henri Valcke (No Man's Land), Hidde Maas (Night Watch), Wim Zomer (Vincent et moi).

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 08:30

Parmi les sous-genres de l'horreur dont j'essaie de dénicher un représentant tous les ans pour la sélection d'octobre, il y a évidemment l'horreur avec des femmes à poil. Attention hein je ne parle pas du genre "traditionnellement il y a toujours une paire de seins dans les Vendredi 13", je parle de choses comme Pervert! ou Emanuelle et les derniers cannibales, où la femme à poil est l'élément principal du film, pas un simple bonus. Il faut avouer que c'est plus facile à trouver que des films d'horreur pour enfants. Cette fois-ci, j'ai choisi  Hollywood Chainsaw Hookers, sorti en France l'an dernier chez Crocofilms, un nouveau venu dans le domaine de l'édition de cinéma bis. Même si Massacre à la tronçonneuse peut sembler être la source d'inspiration évidente (d'ailleurs le Leatherface original, Gunnar Hansen, joue dans le film), c'est plutôt une espèce de parodie sexy de Blood Feast, le fameux "1er film gore de l'histoire du cinéma". A Los Angeles, un détective privé tente de retrouver une pettie provinciale ayant fui le domicile familial. Présumant avoir affaire à une jouvencelle naïve, il oriente ses recherches vers les nuits chaudes d'Hollywood, où tant de petites fugueuses au physique avantageux finissent exploitées. L'enquête se révélera beaucoup plus surprenante et dangereuse que prévu, car depuis quelques semaines, les prostituées du coin ont pris l'étrange et fâcheuse habitude de s'occuper de leurs clients à coups de tronçonneuse...

Le héros a l'air d'un vendeur de chaussures, les filles sont jolies mais pas vraiment actrices, les costumes sont minables, la même pièce aux murs blancs, filmée sous différents angles et avec du mobilier différent ressert aux trois quarts des décors, un bar à strip teaseuses, un commissariat... Pas de doute, c'est un nanar et ça ne cherche pas à s'en cacher. Et si bien souvent, les gens collent avec indulgence l'étiquette de "nanar volontaire" sur des navets insipides sous prétexte que "c'est de la merde mais c'est fait exprès !", pour ma part je ne pense pas qu'assumer sa nullité suffise à l'excuser. Cela dit, de temps en temps, un réalisateur de grosse couillonnade à petit budget un peu moins paresseux et un peu plus imaginatif que les autres se donne la peine d'essayer de divertir son public pour de vrai, et on obtient quelque chose qui pourrait mériter le fameux label. Et donc, même si Hollywood Chainsaw Hookers est super cheap et délibérément débile, je dois admettre qu'il est effectivement sympathique et rigolo, parce que l'auteur a fait un peu plus qu'espérer que la simple idée de putes à tronçonneuse soit si hilarante en soi qu'elle suffise à amuser pendant 75 minutes. Chaque scène amène son lot d'idées absurdes, de gags plus ou moins crétins, de petits détails saugrenus, le tout sur un ton faussement sérieux imitant celui d'une histoire de détective classique.
 


Le film accentue volontairement son côté ridiculement fauché avec des accessoires
comme des panneaux en carton, ou encore du faux sang qui ressemble à de la flotte à peine colorée.


Je ne voudrais pas vous le sur-vendre quand même, parce que ça reste un film con sur des femmes à poil avec des tronçonneuses. Pour un amateur de séries Z c'est drôle mais les blagues ne sont jamais très élaborées. Pour vous dire : la plupart des avis que j'ai pu lire racontent un élément qui n'est dévoilé qu'à la moitié du film et, si je ne vais pas prétendre que ça gâche l'intrigue, vu que c'est clairement pas à regarder comme un vrai thriller sérieux avec une vraie histoire, moi je préfère ne rien vous dire dessus, parce que j'aurais l'impression d'éventer l'aspect le plus fantaisiste du film. Bien sûr, c'est tentant d'en parler pour prouver à quel genre qu'on a affaire à quelque chose de bien délirant, mais le fait est que si je vous révèle ici les motivations des prostitueuses, sur le moment vous allez vous dire "hahaha, n'importe quoi, c'est trop con !" et ça va peut-être vous donner envie de le voir, mais une fois devant ça vous fera moins marrer parce que l'idée n'est pas poussée plus loin que ce que je pourrais vous en dire dans une brève description.
 


Tant que vous n'en avez pas des attentes démesurées par rapport à un film intitulé

Hollywood Chainsaw Hookers, vous devriez en avoir pour votre argent :
oui il y a des nichons, oui il y a des outils qui font bzzzz bzzzz, oui c'est merveilleusement idiot.


C'est bébête, c'est beauf, c'est plutôt à regarder entre garçons, c'est à peine un film d'horreur tant même les scènes gore sont clownesques, et ça souffre de quelques baisses de régime. Mais en même temps, ça s'appelle Hollywood Chainsaw Hookers donc il faut bien se douter que ça ne va pas être un trésor oublié du cinéma mais une grosse connerie. Alors, peut-être bien que quelqu'un comme Lloyd Kaufman aurait réussi à en faire quelque chose d'encore plus fou mais peut-être aussi que quelqu'un comme Charles Band en aurait fait quelque chose de complètement inintéressant, alors parfois, il faut savoir apprécier ce qu'on a. Je n'avais jamais vu aucun des 139 films de Fred Olen Ray et j'ai été agréablement surpris de constater qu'il n'était pas aussi mauvais que son fils Christopher, dont j'ai subi les lamentables Almighty Thor et Shark Week. Il travaille avec des scénars et des budgets tout aussi indigents, mais lui, il essaie de s'amuser un peu avec tout ça. N'en espérez pas un chef d'oeuvre subversif du cinéma d'exploitation, vous seriez déçu, mais il y a de quoi passer un meilleur moment que devant une bouse comme Bikini Bandits.

 

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Hollywood Chainsaw Hookers (1988), réalisé par Fred Olen Ray (Scalps) sur un scénario de BJ Nestles (L'Invasion des cocons). Avec Jay Richardson (Komodo vs Cobra), Linnea Quigley (Creepozoids), Michelle Bauer (Naked Instinct), Gunnar Hansen (Massacre à la tronçonneuse).

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 09:50

Il y a quelques années, j'ai acheté une série de DVDs publiés par Elephant, des trucs obscurs vendus sous boîtiers métalliques pour faire croire à des éditions prestigieuses de vrais films, accompagnés de prospecturs proposant d'acheter d'autres titres de leur catalogue au contenu aussi alléchant que Nostradamus avec Rob Estes (mais si, le mec des Dessous de Palm Beach, rappelez-vous) ou Meurtre sur les ondes avec Cameron Daddo (mais si, le mec de FX, effets spéciaux, souvenez-vous), pour le prix mirifique de 3 pour 30€. Mais au final, c'était pas des perles rares sous emballage élégant, ça n'était que des navets de chez Full Moon Features. Bon, en tout cas, il m'en restait encore un, et pour être honnête j'avais pas spécialement envie de le regarder, mais sous la pression de Superjé, mon jeune lecteur du Var, qui déplorait récemment le manque de chroniques sur les productions de Charles Band en ces lieux, je me suis décidé à visionner Hideous, miteux direct-to-video tourné en Roumanie par le patron lui-même avec un casting incroyablement prestigieux, puisqu'on y retrouve une actrice de films érotiques, un mec des Feux de l'Amour et le type qui jouait le chauffeur de taxi mutant dans Total Recall. Ah ben on peut pas se payer Gary Busey ou Sid Haig à tous les coups hein.

Nous plongeons cette fois dans le monde des collections tératologiques privées, avec ses passionnés de monstres prêts à payer des fortunes pour des foetus aux malformations diverses. Un spécimen rare de bébé à deux visages, pêché dans une usine de traitement des eaux usées, attire la convoitise de deux collectionneurs fortunés, Napoleon Lazar et le docteur Lorca. Lazar emporte l'enchère mais se fait dépouiller par son rival, qui ajoute le monstre à sa galerie d'atrocités. Il ignore que la bestiole n'est pas morte et peut insuffler la vie à ses nouveaux colocataires. Les hideuses créatures s'évadent de leur bocaux et commencent à semer la terreur dans le château de Lorca, où Lazar se retrouve lui-même piégé après être venu récupérer son bien.
 


Les créatures sont effectivement hideuses à souhait, mais n'espérez pas d'animatronique,
c'est le genre que les acteurs sont obligés de tenir eux-mêmes sur leur tronche en hurlant
pour faire croire qu'elles attaquent.


Pour une fois, pas de poupées maléfiques, de pâtisserie hantée ou d'objet maudit, mais dans les grandes lignes, ça reste le même film que Full Moon décline à l'infini : pendant un peu plus d'une heure, un groupe d'acteurs de troisième zone, dans des rôles dont la profondeur  ne dépasse pas deux mots chacun ("savant fou", "détective bourru", "ravissante idiote", "riche snob", "garce cupide"), bavarde beaucoup et, périodiquement, se débat avec des effets spéciaux dérisoires au gré d'un scénario paresseux. Les monstres n'ont pas vraiment de personnalité ou de motivation bien définie et, même si leur design est à peu près réussi, ça reste de simples accessoires en caoutchouc plutôt que de véritables marionnettes. Du coup ils sont à peine montrés et leurs méfaits se limitent à "ils font trébucher quelqu'un, qui s'empale sur un objet tranchant ou tombe dans une cuve d'acide, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux survivants sur les six protagonistes de départ".
 


Parmi les rares touches de personnalité du film, l'assistante du docteur,
qui passe quasiment tout le film dans cette tenue. Ouais, je sais, c'est pas beaucoup.


Band se donne la peine de caser en tout et pour tout UN gag un peu amusant (la secrétaire est tellement gogole qu'elle est la seule à pouvoir décrypter le langage primitif des créatures) et UNE scène un peu fantaisiste (Lazar se fait braquer dans un paysage enneigé par une fille seins nus portant un masque de gorille). Et puis, certains des acteurs se donnent un peu de mal. Admettons que ça place Hideous légèrement au-dessus des productions les plus récentes du studio, sur lesquelles l'effort se limite à "trouvons un titre absurde, ça suffira pour attirer les curieux", ça reste quand même assez maigre. Si pour vous, la nuit du 31 octobre, en conclusion d'un marathon de films d'horreur, à l'heure où tout le monde est déjà à moitié ou complètement endormi, diffuser une couillonnade de chez Full Moon en VO non-sous-titrée est une tradition inévitable, celle-ci fera l'affaire autant que n'importe quelle autre. Et pour un novice en nanars, ça peut peut-être avoir son petit charme. Moi j'avoue que dans ce domaine je suis un peu blasé et que je me suis donc plutôt fait chier devant.

 


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Hideous, hideuses créatures (Hideous!, 1997), réalisé par Charles Band (Trancers) sur un scénario de Benjamin Carr (13 fantômes). Avec Michael Citriniti (Galactic Gigolo), Jacqueline Lovell (Lolita 2000), Mel Johnson Jr (Total Recall), Rhonda Griffin (The Creeps), Jerry O'Donnell (Mad Men), Tracie May.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:25

En cherchant des films pour ma sélection d'Halloween de cette année, je me suis rappelé que, plus de 5 ans après avoir chroniqué le remake d'Halloween par Rob Zombie, je n'avais toujours pas parlé de sa suite. Alors je répare ça aujourd'hui, histoire d'ouvrir le bal avec un film à fond dans le thème plutôt qu'avec n'importe quel film d'horreur.

Le prologue d'Halloween II (qui, au passage, n'est pas un remake du film éponyme de 1981) ramasse ses personnages là où la fin du premier épisode les avait laissés, sur les lieux de la tuerie d'Haddonfield, la gueule en sang, les os brisés, à moitié morts mais réparables, du moins physiquement. Un an plus tard, on découvre que le shérif Brackett et sa fille ont reccueillie Laurie Strode après le massacre de sa famille, que le Docteur Loomis a écrit un livre sur Michael Myers et ses meurtres, et que la dépouille du méchant tueur masqué n'est jamais arrivée à la morgue. Evidemment, Myers a survécu, et à l'approche du 31 octobre, il arpente la campagne en direction de sa ville natale. Hanté par les visions du fantôme de sa mère, il est à nouveau décidé à retrouver sa petite soeur, qui pour l'instant ne sait elle-même pas encore qu'elle s'appelle Angel Myers, et pas Laurie Strode...

Le film démarre vraiment bien, si l'on fait abstraction de l'apparition de Sheri Moon Zombie parce que le réalisateur ne peut pas résister à l'envie d'employer sa femme même quand son personnage est mort depuis l'épisode précédent. Il nous montre quelque chose qu'on ne voit jamais dans les films d'horreur : le travail des secouristes et des médecins sur les survivants des attaques de tueurs fous. Ben oui, d'habitude vous savez comment c'est : la fille qui ressemblait à un steak tartare la nuit du crime se réveille après une ellipse avec un pansement sur le front et une ecchymose sur une pommette. Ici non, on a doit aux détails bien dégueu, les tronches mutilées qu'il faut recoudre, les restes d'ongles qu'il faut arracher, les fragments d'os brisés qu'il faut remettre à leur place, les débris qu'il faut extraire des plaies, un certain réalisme sordide qui a de quoi faire frissonner même un amateur d'horreur un peu blasé par des années de gore, de découpages et de tortures en tous genres.
 


Ca reste le genre de film d'horreur où l'on tente de maintenir en vie une copine charcutée
en lui répétant "reste avec moi, je t'interdis de m'abandonner !" plutôt qu'en essayant d'arrêter ses hémorragies.


Après, ça se gâte vite. Par exemple quand on comprend vite qu'une scène n'est qu'un rêve, parce qu'il n'y a qu'une seule infirmière pour gérer tout un hôpital où tous les écrans jouent Nights in White Satin en boucle, et bon, forcément, comme on sait que Michael Myers c'est pas Freddy Krueger, ça pète un peu le suspense. Manque de bol ça doit être la seule fois de tout le film où Rob Zombie essaie de faire un peu monter la tension, l'angoisse, au lieu de simplement montrer Myers qui empoigne une victime et la poignarde, et il se révèle que c'est du remplissage comme, hélas, beaucoup de choses dans Halloween II. Toute la partie avec Loomis, par exemple, n'apporte rien à l'histoire, et fait complètement factice. On nous le montre comme si c'était déjà une star, sauf qu'on nous montre aussi qu'il ne sait absolument pas réagir quand une conférence de presse, une séance de dédicaces ou une interview tourne mal, comme si c'était la première fois qu'il découvrait le cirque des médias. Et son attachée de presse, elle est débile ou quoi ? Elle fait exprès de l'envoyer à un talk show où l'animateur humilie ses invités plutôt que de leur servir la soupe ? On sent que ça amusait bien le réalisateur de présenter le personnage comme un enfoiré égoïste qui fait passer la gloire avant ses patients, et après tout pourquoi pas, mais chacune de ses interventions arrive comme un cheveu sur la soupe.
 


Le film n'hésite pas à chambouler complètement ta vision de la série en posant des questions comme
"et si le docteur Loomis n'était pas un héros mais un sale con
(mais se comportait quand même héroïquement à la fin pour se racheter) ?"
ou "et si Laurie était aussi folle que son frère (mais restait relativement normale jusqu'aux 2 dernières minutes) ?"


Dans le même genre, comme il veut montrer que la société rejette injustement les marginaux chevelus, il y a plusieurs scènes où des gens viennent emmerder Michael Myers alors qu'il ne fait rien de mal, parce qu'ils ne l'ont pas reconnu. Une idée qui aurait pu fonctionner, surtout que cette fois il est fringué comme un vagabond et n'a plus qu'un morceau de masque sur le visage... sauf qu'il est toujours joué par un ancien catcheur de plus de 2 mètres et 130 kilos. Et quand un SDF de ce gabarit rôde sur votre parking, désolé, mais non, à moins que vous n'ayez vraiment envie de savoir quel effet ça fait de chier ses propres dents, vous n'allez pas le voir en lui disant "hé, barre-toi sale clodo, ou je te défonce". Et pourtant c'est la réaction qu'ont, face à lui tous les personnages, du moins ceux qu'il n'a pas exécutés façon ninja. Ah oui parce que même avec sa carrure et alors que ça fait un an qu'il ne se lave pas, ne se change pas, et se nourrit de chiens crus, personne ne l'entend ou ne le sent jamais arriver.
 


Dis adieu au Michael Myers ringard de tes parents, Rob Zombie lui il te propose
un
Halloween sombre et réaliste avec de la beubar.


Pour moi, c'est une suite à la Underworld 2 : l'auteur n'a plus vraiment d'histoire à raconter, mais puisque le studio lui a proposé de faire un deuxième épisode parce que le premier a rapporté du pognon, il s'est dit que ce serait quand même trop bête de laisser passer une occasion de se faire plaisir. Il case les idées qu'il n'a pas réussi à exploiter autant qu'il voulait la première fois. Il apporte encore de nouveaux changements aux personnages créés par John Carpenter pour qu'on sache bien que maintenant, voilà, ça y est, ils sont à lui, il en fait ce qu'il veut. Il donne des rôles à ses copains ou ses idoles. Il étale sa culture pop en professant son amour pour Lee Marvin dans Cat Ballou ou en glissant des clins d'oeil à ses films d'horreur préférés. Comme je disais, il y a beaucoup de remplissage là-dedans, parce que si on veut atteindre 1h40 avec une intrigue aussi mince que "on dirait que Michael serait toujours vivant et qu'il voudrait toujours mettre la main sur Laurie", il faut bien broder.
 


Même si ça implique d'essayer de faire croire qu'après le meurtre de ses parents par un serial killer,
la fille adoptive d'un shérif afficherait un poster de Charles Manson sur ses murs taggés,
Rob Zombie ne résiste pas à l'envie de te montrer à quoi ressemblerait la déco trop destroy
d'une chambre d'ado trop cool chez lui s'il avait des enfants.


Ca prétend dépeindre l'horreur de façon réaliste et explorer la psychologie des personnages, mais faute d'un contexte un tant soit peu vraisemblable, ça n'est pas franchement plus malin qu'une couillonnade comme Jason X. Et j'aurais vraiment mieux fait de revoir ce bon vieux Jason X plutôt que cette croûte sans joie, sans surprise, gentiment prétentieuse. Je continuerai à m'intéresser au cinéma de Rob Zombie parce qu'il a du style, de la personnalité, qu'il emploie de bons acteurs, et qu'il semble intéressé par autre chose que suivre les modes du genre, mais c'est vrai que ce serait cool qu'un jour il réussise vraiment un de ses films parce que pour l'instant, on est plutôt dans le ratage plus ou moins intéressant à chaque fois. Et cet Halloween II se classe, comme le premier, dans la colonne des "moins".
 

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Halloween II (2009), écrit et réalisé par Rob Zombie (The Devil's Rejects). Avec Scout Taylor-Compton (Les Runaways), Tyler Mane (X-Men), Malcolm McDowell (Orange mécanique), Brad Dourif (Jeu d'enfant), Danielle Harris (Urban Legend), Angela Trimbur (The Final Girls), Brea Grant (Heroes), Margot Kidder (Superman).

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 07:58

En voilà un qui n'est pas aussi obscur que Summer of Fear, mais qui n'est quand même pas souvent évoqué parmi les temps forts de la filmographie de Wes Craven. Shocker, c'était sa tentative, après avoir eu l'impression de s'être fait enfler par le studio sur ses royalties liées à Freddy, de s'affranchir du personnage en créant un nouveau tueur fou susceptible d'avoir à son tour sa propre série. Mais je crois que je ne vous apprends rien si je vous dis que finalement, à ce jour et en attendant qu'un abruti se dise "non, allez, v'nez, on s'en fout, on fait un remake quand même, pour voir où ça nous mène", c'est resté le seul épisode des aventures d'Horace Pinker. C'est d'ailleurs presque étonnant quand on pense que ça a quand même rapporté du fric, de voir que fut l'un des cas où les responsables ont été assez lucides pour quitter la table avec leurs jetons et encaisser leurs gains, plutôt que de remiser leur pactole sur "refaisons encore un film sur Les 4 Fantastiques".

Bon, en tout cas, voilà, en 89, Craven a essayé d'emmerder New Line Cinema en lançant un nouveau Freddy pour Universal et ça a donné Shocker, avec Mitch Pileggi (ou "« Mitch Pileggi »" comme nous le dit la jaquette qui a l'air de douter que ce soit bien le même mec qui joue le sérieux Directeur Adjoint Skinner dans Aux frontières du réel) dans le rôle du psychopathe aux pouvoirs surnaturels qui fait des jeux de mots pourris en découpant les gens. Au début du film c'est un réparateur télé qui fait de l'électro-vaudou avec son matériel et qui, sur son temps libre, poignarde des familles entières pour goleri. La police n'a pas le moindre indice sur son identité, ce qui lui permet d'enchaîner librement les meurtres. Jusqu'à la nuit où il massacre la femme et deux des enfants du flic chargé de l'enquête, déclenchant chez Jon, le fils survivant, une vision de la scène en rêve. Celle-ci estt suffisamment précise pour que le père de Jon accepte de le croire et parvienne à coffrer Horace Pinker. Condamné à la chaise électrique, Pinker utilise son exécution pour échapper à son propre corps grâce à sa magie noire et s'évader dans celui de quelqu'un d'autre. Jon utilise ses visions pour le traquer, mais comment arrêter un homme qui n'a plus d'enveloppe physique, et peut changer de corps à volonté ?
 


Les thèmes chers à Craven de la confusion entre imagination et réalité
et des adultes qui refusent de croire leurs enfants
sont présents une fois de plus,
mais ici la plupart du temps tout le monde croit le héros (joué par le futur réalisateur de
Battlship) sans sourciller.


Il y a pas mal de choses rigolotes dans Shocker. C'est rigolo de constater que Wes Craven a décidé de repomper sans gêne plein d'idées aux Griffes de la Nuit. C'est rigolo de voir Mitch Pileggi jouer une grosse brute dégénérée. C'est rigolo quand il transfère son esprit dans une petite fille et qu'elle devient super grossière et conduit un tracteur. C'est rigolo quand il possède un ouvrier de chantier et qu'il sait immédiatement que le type a un couteau à cran d'arrêt dans sa poche, puis qu'il ne lui vient jamais à l'idée de retirer son gilet orange et son casque pour suivre plus discrètement sa proie. C'est rigolo d'imaginer qu'il y a une forme de magie noire basée sur l'électricité, qui implique de prier une divinité qui sort de la télé sous forme de bouche de dessin animé, et confère des pouvoirs absurdes comme celui d'apparaître dans n'importe quel programme, ce qui implique parfois de se retrouver sur un champ de bataille quand c'est un documentaire sur la guerre. Oui, Shocker est rigolo et en le revoyant j'ai pas eu de mal à accepter le souvenir du fait que le moi d'il y a 25 ans, celui qui attendait les samedis soirs sur Canal non pas à cause du porno mensuel mais à cause du film d'horreur hebdomadaire, avait bien kiffé.
 


Les bizarreries du film sont amusantes voire charmantes, mais dans l'ensemble
Shocker est plus
une série B crétine, à la lisière du nanar, qu'une bonne comédie horrifique.


Oui mais voilà, le moi d'aujourd'hui, il rigole un peu moins avec le film, et un peu plus du film. Je sais que certains esprits charitables voient dans Shocker une parodie de Freddy, mais l'explication ne tient pas vraiment la route à mes yeux. Craven avait une idée de base qui se prête effectivement plus à la satire qu'à l'épouvante, "imagine qu'au lieu de contrôler les rêves, il contrôle la télé", quelques idées plus ou moins originales qu'il voulait caser, "imagine que la chaise électrique rend le tueur encore plus fort", "imagine une scène où il change plein de fois de corps pendant qu'il poursuit sa victime", mais au moment d'assembler tout ça il a écrit un truc qui ne fonctionne pas vraiment, parce que ça part dans tous les sens (rêves prémonitoires, fantômes...) et que ça joue sur la peur du méchant monsieur dans la télé qui va en sortir pour te tuer, qui à la différence de celles de faire des cauchemars atroces, de mourir dans son sommeil, ou de payer pour les secrets honteux de ses parents, n'angoisse personne ou en tout cas plus personne après 6 ans. Et la satire se limite à pointer du doigt quelques cibles convenues, les télévangélistes, les obèses sur leurs canapés, sans avoir rien à dire dessus.
 


"Et alors on dirait que pour arrêter le mec électrique qui sort de la télé,
il faut utiliser le pouvoir de l'Amour donné par un fantôme...
Haha, avec un concept en or comme ça j'ai plus du tout besoin de Freddy moi !"


Mais même si c'est assez débile, et plus souvent drôle à son insu que volontairement. c'est divertissant à défaut d'être effrayant, et avec ses idées fantaisistes, sa bande son hard rock, ses effets spéciaux à l'ancienne, ça a de quoi séduire un nostalgique du cinéma d'horreur des années 80, à la manière d'un Maximum Overdrive. Ne vous attendez pas à un classique du genre, mais malgré tout ce que j'ai pu dire de négatif dessus, c'est pas un titre déshonorant dans la film de son auteur, qui s'en tirait mieux sans Freddy que ce pauvre Robert Englund; et ça se laisse regarder.

 


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Shocker (1989), écrit et réalisé par Wes Craven (La Dernière maison sur la gauche). Avec Peter Berg (Last Seduction), Mitch Pileggi (Aux frontières du réel), Michael Murphy (The Bridge), Cami Cooper (Le Cobaye 2), Richard Brooks (New York Police Judiciaire), Sam Scarber (Over the Top : Le bras de fer), Ted Raimi (Xena la Guerrière).

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 15:17

Je ne sais pas si le nom de Kat Von D vous évoque quelque chose. Moi j'avoue que ça ne me disait absolument rien avant que je la vois sur la jaquette de ce film, que je découvre que c'était une vedette du monde du tatouage, et que je me dise "depuis qu'ils se sont mis à faire des émissions de télé sur tout et n'importe quoi, y a vraiment des 'célébrités' dans des domaines absurdes maintenant, c'est fou ça" comme un vieux qui a du mal à s'adapter à certaines des spécificités du monde d'aujourd'hui. En tout cas, du même coup ça m'a quand même rendu curieux à l'idée que quelqu'un ait décidé de monter tout un film autour d'elle et j'ai acheté le DVD sans même savoir de quoi ça parlait, mais en pensant que c'était un film de gangsters. La jaquette s'est révélée trompeuse : malgré sa place centrale sur l'image, Kat Von D doit avoir cinq minutes maximum de présence à l'écran, et son rôle se limite à se tenir près de Vinnie Jones en faisant une moue qui signifie "je suis sexy et méchante et pas vraiment actrice et la seule instruction que m'a donnée le réalisateur c'est de me tenir là en prenant un air de méchante sexy". Non allez j'exagère, elle a peut-être une ou deux répliques aussi.

Et donc en fait, la star du film, c'est Michael Matthias, illustre inconnu qui dans le civil est probablement garde du corps de 50 Cent (ses rares apparitions dans des films sont des rôles secondaires à ses côtés), ou prof de fitness, ou videur. En tout cas il côtoie des gens de cinéma dans son vrai boulot, ou à la salle de muscu, et parmi ses copains il y a un producteur qui s'est dit "il est chauve, il est costaud, je peux en faire le nouveau Vin Diesel" au lieu d'admettre qu'il avait plutôt une tête à jouer le petit frère simplet de Bill Goldberg. Le copain en question s'appelle Michael Tadross Jr et n'a jamais rien fait de notable (allez, je concède que Banlieue interdite avec Batista était sympathique) mais a vraisemblablement accès au carnet d'adresses de son papa qui, en revanche, a produit quelques énormes succès du box office comme Une journée en enfer ou Sherlock Holmes (accessoirement, Brenda Starr aussi). Avec ça, il a pu assembler un casting de semi-vedettes, comme la fameuse tatoueuse ou une fille qui s'est fait connaître en promenant des pancartes de numéro de round dans des cages d'ultimate fighting, et d'acteurs connus qui ne disent jamais non à un petit chèque, comme Michael Madsen et Armand Assante, pour épauler Michael Matthias-le-nouveau-Vin-Diesel.
 


Apparemment le copain qui a prêté son garage n'a pas été généreux au point de les laisser
faire des folies avec ses voitures de sport et il a fallu repenser complètement le film.


Et au départ le projet était sans doute un sous-Fast & Furious : en guise de réalisateur ils ont recruté un cascadeur spécialisé dans les poursuites en voitures, le début fait ouvertement la pube de la "Shelby Super Snake", et la seule scène avec Armand Assante appartient clairement à un polar, pas à ce qu'est devenu le film en cours de route. Mais à un moment ils ont dû piger qu'ils auraient pas les moyens de se payer assez de bagnoles et ils se sont demandé "qu'est-ce qu'on peut faire à la place comme film maintenant qu'on a déjà des filles sexy, des flingues et un décor d'usine désaffectée reconvertie en boîte de nuit ?" et le résultat c'est film de vampires, évidemment, qu'est-ce que tu veux faire d'autre avec ça ? Le scénario, minimaliste, reprend l'idée de Buffy contre les Vampires : à chaque génération il y a une "Tueuse" désignée par le destin pour éliminer le nouveau grand chef des vampires et son clan. Cette fois la Tueuse c'est Michael Matthias, et avec l'aide de son Observateur (Michael Madsen en prêtre alcoolo), il va défoncer Caïn, alias Vinnie Jones en manteau de fourrure, chapeau et perruque de cheveux longs. Voilà, c'est à peu près tout.
 


J'ai cru un instant que l'auteur avait décidé de ne pas écrire le même film de vampires pas cher
que tout ses petits camarades quand l'histoire les présente non pas comme
de simples monstres grimaçants mais comme des anges déchus, mais finalement
c'est encore une histoire de vampires clubbers comme chez tout le monde depuis
Blade.


Au final, The Bleeding est comme tous ces films conçus par des amateurs et tournés pour pas grand'chose : une succession maladroite de scènes qui existent par un mélange de "tel mec connu n'était disponible qu'un seul jour et il a bien fallu tourner vite fait n'importe quoi avec lui", de "j'ai vu ça dans un autre film et j'avais trop envie de faire pareil" et de "80 minutes c'est drôlement long, on remplit avec ce qu'on peut". Armand Assante ne sert à rien, DMX a tout juste le temps de montrer à quel point il est mauvais acteur, et Michael Matthias monologue beaucoup tandis qu'il se rend d'un point à un autre, à la fois pour que tu saches que c'est un mec vachement profond lancé dans une quête vachement complexe, et parce que c'est une façon pas chère de meubler les temps morts. Il y a même une scène particulièrement bien filmée où il ne sait plus trop quoi penser, alors il quitte ses interlocuteurs, comme ça, paf, sans même prendre sa chère Shelby Super Snake, il court à travers la forêt, et ça dure, et ça dure, et ça dure, et finalement il revient (avec sa voiture, curieusement), et c'est pas seulement pour bouffer le chrono à peu de frais, c'est parce qu'il a changé d'avis parce que c'est un mec qui réfléchit beaucoup tu vois ?
 


Les autres (rares) scènes d'action n'ont aucun intérêt, mais le vrai métier du réalisateur
sauve le film de la nullité totale quand tout le monde s'embarque
dans la grosse fusillade routière qui conclut l'aventure.


Les fans de Michael Madsen seront peut-être contents de le voir à peu près en forme dans un rôle court mais un peu rigolo, et les amateurs de cascades motorisées apprécieront la poursuite finale entre un semi-remorque et une escadrille de 4x4 et motos lancées à sa suite, pas exactement digne des Mad Max mais plutôt spectaculaire pour un téléfilm à petit budget. Et l'aspect très amateur, très "j'essaie de faire comme les grands avec des dialogues dignes d'un collégien, des clichés à la pelle, zéro idée neuve, un acteur principal à l'air particulièrement abruti et un méchant ridicule" peut amuser un nanardeur acharné. J'avais noté pas mal de couillonnades amusantes à vous raconter mais à tout hasard, si quelqu'un tient absolument à s'infliger le film en entier, je laisse quelques surprises. Mais je vous rappelle qu'un jour on meurt sans avoir eu le temps d'accomplir tout ce qu'on voulait et donc la chose raisonnable à faire c'est peut-être d'éviter de trop gaspiller d'heures sur de mauvais films débiles.


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The Bleeding (2009), réalisé par Charles Picerni (Rick Hunter) sur un scénario de Lance Lane (Junked). Avec Michael Matthias (Gun), Michael Madsen (Reservoir Dogs), Rachelle Leah, Vinnie Jones (Snatch), Tony Schiena (Sang pour sang extrême), DMX (Hors limites), Armand Assante (American Gangster), Kat von D.

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 18:53

Comme c'était l'occasion de rester dans les histoires de vampires sexy, j'ai fait exception à ma règle qui consiste à m'arrêter au bout de deux épisodes d'une série de films que je n'aime pas. Et pourtant là on parle d'une série de ce gros fumiste d'Uwe Boll. Car cette histoire de "Nazi Vampire Killer" est bien BloodRayne 3, même si le distributeur français a fait le choix curieux d'évacuer du titre son appartenance à une saga, tout en tartinant le dos de la jaquette de multiples références à "la vampire la plus sexy des jeux vidéo". A nouveau jouée par le mannequin norvégien Natassia Malthe, Rayne la demi-vampire tueuse de vampires s'attaque cette fois à ce qu'elle appelle "une nouvelle sorte de monstres" : les Nazis. Lors d'une embuscade contre un train emmenant des prisonniers vers un camp de concentration, elle commet l'erreur de mordre un commandant, le changeant en vampire. Un savant spécialisé dans l'étude des créatures surnaturelles voit dans le vampirisme un moyen de créer des super soldats et d'offrir l'immortalité à Hitler et va donc convaincre l'officier d'accepter sa nouvelle condition et de l'aider à capturer Rayne.

On peut reconnaître un mérite à cette série : au lieu de simplement répéter trois fois la même chose avec de moins en moins de fric, elle a fait l'effort d'emmener son héroïne dans trois aventures aux contextes bien différents. Dans le monde des suites à petit budget pour le marché du DVD, c'est plutôt l'exception que la règle. Malheureusement c'est à peu près la seule chose gentille qu'on puisse dire dessus et, sans grande surprise, ce film de guerre est tout aussi mauvais que le western qui l'a précédé. Le point de départ de l'intrigue, Rayne se montrant assez bête pour transformer un ennemi en vampire, n'est pas spécialement convaincant, et le film n'a à peu près rien à raconter entre ce moment et l'affrontement final entre l'héroïne et le monstre qu'elle a engendré. Du coup, il y a beaucoup de remplissage, une baston par-ci, une scène de cul par-là, des personnages secondaires introduits comme s'ils allaient être importants mais qui survivent rarement plus de cinq minutes parce que le scénariste ne savait pas vraiment quoi en faire.
 


"Non, ne buvez pas ce sang de dhamphyr qui confère aux vampires le pouvoir de survivre à la lumière du soleil,
on a décidé que vous l'aviez déjà parce que c'était compliqué de tourner cette scène de nuit !"


Bon, voilà, est-ce qu'il faut encore épiloguer sur le cinéma d'Uwe Boll... Comme d'habitude c'est paresseux et con, parce qu'il se fout des critiques et qu'à défaut de gagner des dizaines de millions de dollars par film il est au moins assuré de toujours en tirer un petit bénéfice, sa notoriété de "pire réalisateur du monde" étant devenue un argument de vente. Pourquoi faire l'effort de produire un film potable alors qu'il peut continuer à gagner sa vie (et accessoirement faire bouffer ses potes acteurs Michael Paré et Brendan Fletcher) en tournant n'importe quoi vite fait pour le moins cher possible ? Là il s'est un peu fait plaisir quand même, ça a été l'occasion de beaucoup filmer son héroïne toute nue, de mettre Hitler en scène et de s'adonner à l'un de ses pires vices, l'humour gras, en réalisant en parallèle à Blood Reich sa propre parodie avec les mêmes acteurs, Blubberella, basée sur l'idée "hilarante" de faire interpréter Rayne par une fille obèse. Tout ça l'a sans doute bien amusé, mais pour de simples spectateurs comme nous autres, le résultat est comme toujours laborieux et beauf.
 


Et pourtant ce genre de scène normalement c'est pas déplaisant à regarder,
hé j'ai raison ou quoi les gars ?


Les nénés de Natassia Malthe et les grimaces de Clint Howard en savant fou sont un lot de consolation assez maigre et ne valent pas vraiment de s'ennuyer devant ces 70 minutes de bavardages, d'incohérences et de molles échauffourées (avec des soldats qui insistent pour aller se fritter au corps-à-corps avec Rayne pour lui éviter d'avoir l'air inutile avec ses épées sur des champs de bataille où tout le monde a une mitraillette, et qui font bien attention à ne pas se faire mal en tombant quand ils meurent), surtout sur un thème aussi rebattu que l'occultisme nazi. Si vous aimez les filles en cuir au teint pâle et les croix gammées, plutôt que de vous infliger ce truc, vérifiez s'il n'y a pas un concert de musique industrielle ou de black metal près de chez vous.



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Blood Reich (BloodRayne: The Third Reich, 2011), réalisé par Uwe Boll (King Rising : Au nom du Roi) sur un scénario de Michael C. Nachoff (King Rising 2 : Les deux mondes). Avec Natassia Malthe (DOA: Dead or Alive), Michael Paré (Les Rues de feu), Brendan Fletcher (Tideland), Clint Howard (Tango & Cash).

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 08:53

Je n'avais pas aimé le premier Underworld que j'avais probablement décrit comme l'enfant malformé que Blade aurait eu avec The Crow, mais, pour ce mois des suites, je me suis dit que j'allais laisser une chance au deuxième, ne serait-ce que parce que je l'ai fait pour d'autres séries comme Saw ou Twilight., et aussi parce que ça me fait une excuse pour arriver jusqu'au troisième avec Rhona Mitra. Toujours signé Len Wiseman, cet épisode est une continuation directe du premier, et semble avoir été conçu à partir d'idées précédemment rejetées. Pour tout dire l'intrigue est assez mince et fait penser à ces jeux vidéo où tu crois avoir vaincu le dernier boss et finalement, surprise, il reste un ultime monstre encore plus balèze. Et comme une course poursuite émaillée d'échauffourées entre les héros et ce boss caché, ça faisait peu pour remplir quatre-vingt dix minutes, les auteurs se sont fait plaisir en meublant les temps morts avec une série de cours magistraux sur la mythologie de leur univers.

Underworld 2 présume que tu as vu le précédent il n'y a pas trop longtemps puisqu'il se contente de te bacler un résumé des événements qui risque de ne pas être d'un grand secours à ceux qui prennent le train en marche ou qui, comme moi, n'ont pas la mémoire spécialement fraîche. Alors en gros il y a une guerre entre les vampires et les loups-garous lycans depuis des siècles et une vampire a trahi son camp, à la fois pour protéger le loup-garou dont elle est amoureuse (et qui est aussi à moitié vampire) et par vengeance envers ses supérieurs dont les complots incessants déshonoraient leur race. Maintenant le couple est en cavale et tous les chefs de clans sont morts. Tous ? Non, il restait un vieux vampire planqué au fond d'une crypte ! Qui se trouve être le tout premier vampire et qui, libéré de son hibernation, va partir à la recherche de son frère, le tout premier loup-garou. Nos héros vont alors tout faire pour l'empêcher de le retrouver, parce que, ben, euh, voilà quoi. Apparemment, les scénaristes étaient si occupés à tartiner des pages et des pages de plagiat du jeu de rôles Vampire : La Mascarade sur l'histoire du conflit vampiro-lycan depuis le moyen-âge qu'ils ont un peu négligé le reste.


Les scènes d'action, bien que toutes bleues évidemment, ne sont curieusement pas si nulles
et font parfois preuve d'un peu d'invention.


Un des plus gros défauts du premier Underworld était son héroïne dépourvue de personnalité et aux motivations inintéressantes. On était censé se soucier de son cas parce qu'évidemment on préfèrait voir gagner Kate Beckinsale en combinaison moulante que des vieux types maquillés en streums, mais c'est tout. Et je suis au regret de vous annoncer que cette suite ne rectifie pas le tir, bien au contraire. Les protagonistes n'ont pas plus de caractère, ça se limite à "la meuf en cuir qui parle toujours sur un ton super solennel" et "le mec qui traîne avec elle". On ne comprend pas très bien ce qui fait que l'homme chauve-souris avec qui ils se battent est le méchant de l'intrigue et pourquoi il ne faut absolument pas qu'il libère son frère, vu que ça fait des siècles qu'ils sont victimes de la traîtrise d'autres personnages et donc logiquement on devrait plutôt être de leur côté. L'héroïne aussi, d'ailleurs, puisqu'il s'est fait entuber par les mêmes mecs et qu'il est capable comme elle d'être pote avec un loup-garou. Mais il a une gueule de méchant alors c'est le méchant, et Kate Beckinsale est jolie alors c'est la gentille.


Je tiens à signaler au passage que même la scène avec Kate Beckinsale toute nue ne parvient pas
à être intéressante, on sent qu'elle et l'acteur qui joue son mec ne s'apprécient pas et ça donne lieu à
l'un de ces coïts cinématographiques maladroits où le type frotte son entrejambe contre le nombril de la nana.


Les personnages secondaires, quant à eux, ne sont là que pour venir raconter chacun son petit moment d'histoire de la civilisation vampire et son lien au film précédent puis se faire tuer au bout de deux scènes. "Ah tiens c'est toi, savais-tu qu'au moyen-âge on a utilisé ce mystérieux médaillon pour sceller une prison, je te raconte ça parce qu'au fond je t'aime bien même si en réalité c'était moi qui armais tes anciens ennemis", "Vous voilà enfin, il est temps pour vous d'apprendre qu'il y a 600 ans, Markus a trahi Korvus qui était le beau-frère de Julius parce qu'il avait menti à Polonius pour pouvoir bannir son petit-cousin Korvinus, ah et au fait je suis leur père à tous", et ensuite PAF ils meurent. Et c'est l'occasion d'un nouveau retour dans le passé, puisque les vampires d'Underworld ont le pouvoir de déclencher un flashback qui fait progresser l'intrigue quand ils boivent le sang de leurs victimes.


"En tant qu'ancien idéaliste devenu opportuniste et lâche et menant désormais une vie
d'aristocrate décadent et lubrique en exil je suis ce qui ressemble le plus à un bon personnage,
mais assez parlé de moi laissez-moi vous lire un chapitre de mon vieux grimoire avant de crever."


En plus d'être assez inintéressant pour qui est un simple spectateur et pas un gros fan d'Underworld, tout ça est assez curieux parce que ça donne l'impression que le seul élément de cet univers qui passionne vraiment ses propres auteurs, c'est pas ce qui se passe dans le film, c'est ce qui s'est passé il y a 600 ans. Et apparemment dans leur imagination il n'y a eu aucun événement notable entre l'époque où les vampires défonçaient les loups-garous à coups d'épée et l'époque moderne où ils les défoncent au fusil d'assaut. La cohérence des pouvoirs, faiblesses et motivations de leurs protagonistes leur importe également assez peu, un coup il faut des balles à UV pour tuer les vampires, un coup ils peuvent mourir de simples dégâs physiques normaux, et puis les balles à UV blessent les loups-garous aussi, et puis la lumière du soleil cause simplement des blessures qui guérissent entièrement en quelques heures. Il y a un personnage qui fait boire son sang à l'héroïne en décrétant que ça lui donnera de nouveaux pouvoirs, tout en lui disant qu'elle est la toute première vampire à en bénéficier, alors si c'est la première comment il peut être sûr que ça lui confèrera tel pouvoir spécifique ? Surtout qu'en réalité l'autre vampire en a bu juste avant et que ça a rien changé du tout...


Pour faire court, c'est un film pour les gens qui ont aimé voir des scènes comme ça pendant 1h30
au point qu'ils ont envie de revoir encore plus de scènes comme ça pendant 1h30 de plus.


Bon, au risque de me répéter, c'est un film 100% conçu pour les fans du premier. Et à l'ère où les producteurs cherchent toujours à ratisser le plus large possible, il y a quelque chose de presque respectable dans le culot de dépenser 50 millions de dollars pour sortir au cinéma ce qui ressemble moins à un vrai film qu'à une compilation de scènes coupées pour disque de bonus dans un coffret DVD collector, qui refuse catégoriquement de tenter de plaire à quiconque n'est pas déjà totalement acquis à sa cause. Mais si vous n'avez, comme moi, pas spécialement accroché à l'Underworld original, autant revoir plutôt Blade parce qu'il n'y a vraiment aucune chance pour que celui-ci vous séduise.


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Underworld 2 : Evolution (Underworld: Evolution, 2006), réalisé par Len Wiseman (Die Hard 4 : Retour en Enfer) sur un scénario de Danny McBride (Underworld). Avec Kate Beckinsale (Pearl Harbor), Scott Speedman (xXx² : The Next Level), Tony Curran (Shuttle), Derek Jacobi (Hamlet).

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 12:22

Dylan DogAllez, même si le festival d'Angoulême commence à être vraiment loin derrière nous, je continue. Et après l'interlude manga, passons aux fumetti. Ou "comics best-seller" si l'on en croit la jaquette, qui préférerait que le film t'évoque Batman ou Marvel que Danger : Diabolik. Bon, je vais pas te mentir : la BD, je l'ai jamais lue, j'ai dû chercher sur internet pour voir un peu de quoi il retournait, c'est comme ça que je peux t'annoncer fièrement qu'à l'origine ça se passe à Londres et que le faire-valoir du héros est un sosie de Groucho Marx, mais que pour le film, ils ont déplacé l'action à la Nouvelle Orléans parce que depuis Katrina la ville se renfloue en accueillant tout ce qu'elle peut de tournages à petit budget, et ils ont remplacé le comparse parce que pour avoir un acteur déguisé en Groucho dans un film, il faut payer des droits apparemment. Je ne sais même pas si le fric va à sa famille ou si ce sont la Warner et Universal qui ont décidé que le look caractéristique de l'homme au cigare leur appartenait... Ou bien, si ça se trouve le coup des droits c'est bidon, c'est juste que le producteur n'osait pas avouer qu'il trouvait ça crétin d'avoir Groucho Marx comme personnage... Va savoir.

La toile de fond de Dylan Dog est similaire à celles de films comme Blade ou Underworld : nous sommes dans un monde où les créatures surnaturelles sont une réalité, et coexistent plus ou moins pacifiquement avec les humains en cachant leur vraie nature. Comme tu n'es pas né de la dernière pluie tu te doutes bien que l'histoire va être centrée autour des plans diaboliques d'un vampire ou d'un loup-garou qui aura décidé qu'il y en a marre de vivre dans l'ombre et qu'il est temps d'éradiquer les autres monstres et d'asservir les humains en se servant d'un quelconque bidule magique ou en accomplissant une prophétie ou les deux à la fois. Brandon Routh, éphémère Superman abonné aux adaptations de BDs puisqu'il a rejoint la série Arrow, joue le rôle-titre, celui d'un détective privé spécialisé dans le paranormal, et dont le rôle est justement de maintenir la paix entre les différentes factions. Mais au début de l'intrigue, il a abandonné cette fonction, et vivote d'enquêtes banales sur des infidélités conjugales. Il refuse son aide à une jeune femme dont le père a été tué par un loup-garou mais, lorsque la bête s'en prend à son propre adjoint, Dylan Dog sort de sa retraite pour tirer l'affaire au clair.


Dylan Dog 01

Brandon Routh est un acteur plus cool, drôle et charismatique que ne le laissait supposer Superman Returns,
et sa prestation ici est l'un des points forts de
Dylan Dog.

 

Ca démarre avec une scène montrant le sang froid et l'humour du héros face à l'adversité, des caractéristiques qui ne seront plus trop mises en avant par la suite. Ca enchaîne avec l'ambition de son adjoint de devenir lui-même détective à part entière, qui passera à la trappe avant de refaire surface à la fin. Après on rencontre des personnages joués par Taye Diggs, Peter Stormare et le catcheur Kurt Angle, et chacun n'a que quelques minutes d'existence avant de laisser sa place à autre chose. Par exemple, de brefs aperçus des coulisses du monde des vampires, des loups-garous et des zombies, vite vus, vite oubliés. Ou un gros monstre éliminé au bout de deux scènes. Et le pire c'est qu'on se retrouve régulièrement avec deux impressions contradictoires : à la fois, que le nouvel élément est potentiellement intéressant et que c'est dommage de l'avoir simplement effleuré comme ça, et à la fois qu'on est face à une idée de gag pas super drôle et inutilement étirée sur cinq minutes. C'est typique dans les scènes avec les zombies : la boutique de pièces détachées, le restaurant, le groupe de parole façon Alcooliques Anonymes... Ca pourrait être goleri, mais ça ne tire pas beaucoup plus qu'un petit sourire.


Dylan Dog 03

Le film gâche quelques belles idées absurdes comme le "garagiste" à morts-vivants
avec des blagues plutôt crétines comme "oh regarde le zombie il renifle un pied !"
ou "oh regarde ils ont greffé un bras de Noir à un Blanc !"

 

Du coup, ça donne l'impression d'avoir été écrit pour être un pilote de série télé. Ca te montre plein de petits morceaux de choses différentes pour te donner envie de les voir se développer dans les prochains épisodes. Mais comme le résultat c'est un film qui n'aura jamais de suite, ça te laisse sur ta faim. Et avec quelques interrogations, comme "à quoi ça rime la scène où on apprend que le sang de vampire est consommé par les humains comme une drogue ?" ou "Si ce personnage qu'on croyait mort n'est pas vraiment mort, pourquoi on ne le revoit quand même plus ?" et on sent que les réponses devaient être de l'ordre de "t'inquiète pas, ce sera le sujet principal d'un autre épisode" et "on verra si l'acteur signe pour une suite ou pas". Cela étant dit, cette accumulation de saynètes a quand même ses avantages. Malgré les digressions un peu inutiles et les trucs qui tombent à plat, il n'y a pas vraiment de temps mort, ça progresse à un bon rythme. Ca inclut une bonne dose d'action mais le héros n'est pas simplement un type invincible qui flingue tout le monde, il a le temps de développer une certaine personnalité. Dommage qu'on ne puisse pas vraiment en dire autant de tout ce qu'il y a autour de lui : les vampires qui tiennent des boîtes de nuit, qui sont en guerre contre les loups-garous, c'est du vu et revu.


Dylan Dog 02

Même les maquillages ne sont pas très cinématographiques,
là encore ça rappelle plutôt une série télé comme
Buffy contre les vampires.

 

C'est n'est clairement pas une grande réussite, il y a un peu trop de comédie bas-du-front (oooh, les zombies mangent des trucs dégueus !), un peu trop de lieux communs, un peu trop d'éléments sous-exploités, les effets spéciaux font un peu bas-de-gamme. Et en même temps, ça a son charme, ça se laisse regarder, c'est jamais ennuyeux. C'est pas mon préféré de la sélection de ces jours-ci, qui reste largement  Le Fantôme du Bengale, mais disons qu'il est pas dans les pires non plus. Ca se trouve facilement pour moins de 5€ alors, pour un amateur de fantastique et/ou de détectives privés, ça peut valoir le coup.

 

 

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Dylan Dog (Dylan Dog: Dead of Night, 2011), réalisé par Kevin Munroe ( TMNT - Les Tortues Ninja ) sur un scénario de Thomas Dean Donnelly & Joshua Oppenheimer (Conan). Avec Brandon Routh (Superman Returns), Anita Briem (Voyage au centre de la terre), Sam Huntington (Superman Returns), Taye Diggs (Equilibrium), Peter Stormare (The Big Lebowski), Kurt Angle (Warrior).

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