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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 09:56

SaintLes Américains aiment bien les Pères Noël tueurs. Les Néerlandais, eux, fêtent la Saint Nicolas, alors ils font des films d'horreur sur Sinterklaas, le personnage folklorique qui vient apporter des cadeaux à leurs petits rouquins la nuit du 5 décembre. Au fait, ami lecteur, n'hésite pas à briller en société lors des fêtes en expliquant que c'est Sinterklaas qui a inspiré le Père Noël, y compris son habit rouge et blanc, ce qui permettra au passage de contredire l'inévitable imbécile qui aime dire que c'est Coca Cola qui l'a inventé. Il y a TOUJOURS quelqu'un pour colporter cette légende urbaine et je crois que pour une fois personne ne t'en voudra de faire un peu le je-sais-tout si ça rabat son caquet à ce mec-là.

Selon la légende, Sinterklaas est un vieillard jovial et bienveillant, mais un peu à la manière de Very Bad Santa, le film nous raconte que c'est un bobard inventé pour dissimuler une réalité bien plus sombre. Il est donc ici représenté comme un évêque défroqué qui rackettait les paysans hollandais au 15ème siècle avec son gang de pillards, jusqu'à ce que les victimes se révoltent et les brûlent vifs. Depuis, les cadavres calcinés de Klaas et de ses sbires reviennent se venger chaque fois que le réveillon tombe une nuit de pleine lune, en massacrant des centaines de personnes à travers Amsterdam. A l'approche de la date fatidique, un vieux flic à moitié fou, ayant survécu à leur tuerie précédente lorsqu'il était petit, compte bien mettre fin à leurs agissements, mais ses supérieurs refusent de croire à sa théorie d'un Saint Nicolas maléfique. Lorsque surviennent les premiers meurtres, ils accusent un lycéen qui s'était déguisé pour l'occasion.


Saint 03Le Saint Nicolas des Pays-Bas a un cheval blanc plutôt qu'un traîneau avec des rennes,
et celui du film a un cheval blanc zombie invulnérable qui donne au film ses meilleurs scènes.


C'est produit, écrit et réalisé par Dick Maas, l'auteur de L'Ascenseur et Amsterdamned, deux titres un peu oubliés aujourd'hui mais qui évoqueront forcément quelque chose à ceux qui ont connu l'époque des vidéoclubs. J'avoue moi-même n'en avoir pas gardé un souvenir impérissable, je ne saurais pas dire si leur bonne petite réputation était quand même méritée ou résultait juste d'une espèce de patriotisme européen débile genre "eh ouais de ce côté-ci de l'Atlantique aussi on sait faire des films d'horreur, qu'est-ce tu crois ?", en tout cas ce qui est certain c'est que ce n'est pas avec Saint que Dick Maas va se refaire un nom parmi les cinéastes de série B à suivre. Pour quelqu'un qui, à cette période de l'année, aime regarder des films "saisonniers", le thème est rigolo, mais le film s'enlise très vite dans une bouillie insipide d'idées et de personnages sous-exploités et de lieux communs.


Saint 01Allez, maintenant on va explorer en détails une fausse piste qui sert à rien.


Il n'y a aucun protagoniste intéressant (toi je ne sais pas, mais moi je serais pas triste si on interdisait les rôles de flics qui se sont lancés dans la carrière dans l'espoir qu'elle leur donne l'occasion de se venger d'un traumatisme de jeunesse), le tueur n'a pas beaucoup de personnalité et ses hommes de main pourraient être une bande d'orcs rejetés au casting du Seigneur des Anneaux. Pourtant les maquillages sont pas trop mal et les meurtres sont violents et sanglants, mais ça ne suffit pas vraiment. La seule scène qui ne sente pas trop le déjà-vu est celle où Sinterklaas s'enfuit à cheval sur les toits de la ville pendant que les flics le poursuivent en voiture, pour le reste on est dans du slasher bas-de-gamme, sans imagination, un poil mollasson. Pour ne rien arranger
, le sujet se prête bien à la blague mais l'auteur n'a apparemment pas su choisir entre saupoudrer d'humour noir un film d'horreur au ton sérieux et faire quelque chose d'ouvertement parodique et comique.


Saint 02Par moments on a presque l'impression d'être devant Derrick, dans le genre thriller on a vu mieux.


J'espérais naïvement avoir déniché un petit truc méconnu mais sympa et je suis bien déçu. C'est à peu près regardable, mais vraiment raté. A choisir je pense que je préférerais revoir le pas bien fameux Douce nuit sanglante nuit plutôt que celui-ci. J'ai satisfait ma curiosité de voir à quoi ressemble un film d'horreur néerlandais sur le folklore de là-bas, ça m'a pas coûté trop cher, j'ai vu pire, mais j'ai vraiment pas spécialement envie de le recommander à qui que ce soit.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 18:54

Jeepers Creepers 2L'an dernier, vous avez bien sûr tous regardé Jeepers Creepers suite à mes conseils. Et depuis une question vous brûle les lèvres : est-ce que le deuxième épisode est bien aussi ? Je voulais conclure la sélection d'Halloween de cette année dessus, et puis Overblog a eu la gentille idée de faire une maintenance le 31. Tant pis, ce sera une chronique de film d'horreur pas-pour-Halloween, du coup.

L'action se déroule juste après celle du film original. Le Creeper, démon mangeur d'hommes, n'a plus que quelques jours avant de devoir retourner hiberner pendant 23 ans. En quête d'une dernière fournée de proies, il attaque un car de lycéens
. Après s'être débarrassé des adultes, le monstre piège les jeunes à l'intérieur du véhicule, et désigne ses futures victimes parmi les passagers. Dans un bel élan de solidarité, certains suggèrent de sauver leurs miches en livrant au croquemitaine volant les malheureux qu'il a choisis. Une idée qui n'est pas sans causer quelques tensions au sein du groupe, perdu en rase campagne avec pour seul espoir de secours un fermier avide de vengeance...

Le pédophile repenti (il aime toujours filmer de beaux jeunes hommes musclés torse nu, mais maintenant il choisit des acteurs de plus de 18 ans) Victor Salva, déjà scénariste et réalisateur du précédent, évite la tentation de simplement refaire encore plus de la même chose, et l'erreur de penser enrichir la mythologie de son monstre en cherchant à expliquer tout ce qu'il avait laissé dans l'ombre au premier épisode. En fait il a même évacué certains éléments :
finies les activités manuelles macabres dans un repaire rempli de cadavres, oubliée la chanson d'Armstrong qui donne son titre au film, et aucun mystère n'est fait autour de la nature et des pouvoirs du Creeper, montré dès le prologue comme une créature ailée monstrueuse. Il présumait sans doute que tous les spectateurs potentiels avaient déjà vu le premier, même s'il y a quand même, au bout de 40 minutes de film, un personnage qui se découvre des pouvoirs psychiques le temps d'expliquer aux autres quelques détails nécessaires à la compréhension.


Jeepers Creepers 2 01Sans doute pour se démarquer encore de son prédécesseur, le film emploie tout un groupe de personnages
au lieu d'un simple duo frère-soeur, mais pas un seul n'est intéressant à part celui de Ray Wise, qu'on voit peu.


Et ne pas vouloir se répéter, c'est très bien, mais pour tout dire j'ai eu l'impression qu'il ne voulait même pas vraiment refaire un Jeepers Creepers, juste un autre film de monstre plus orienté action que thriller. Après il a dû se dire que commercialement ce serait plus intéressant de le connecter à son film précédent malgré tout. Enfin, j'en sais rien, plus j'y pense plus je me dis qu'il était vraiment impossible de dupliquer le premier de toutes façons et qu'il valait mieux partir dans une autre direction, mais le résultat donne un film nettement inférieur. Pas mauvais, certes, et pas dépourvu d'originalité, mais moins intéressant. Il y a de bonnes scènes horrifico-rigolotes, comme lorsque le Creeper régènère sa tête endommagée après avoir dévoré celle d'un des lycéens, des effets spéciaux à l'ancienne plutôt réussis dans l'ensemble, et Ray Wise est bon dans le rôle du chasseur de monstre, mais pour moi qui avais aimé Jeepers Creepers, ça a vraiment été une déception.


Jeepers Creepers 2 02On ne croule pas sous les bons films de monstres volants tournés par des professionnels compétents
alors si vous n'avez pas envie de vous farcir un Syfy médiocre, Jeepers Creepers 2 peut faire l'affaire.


Les films d'horreur ne devraient pas tous avoir des suites, même les bons. Une idée simple comme "un tueur invincible ressuscite une fois de plus pour découper des filles délurées et des fumeurs de joints" ça peut resservir, mais ça ne fonctionne pas avec tout. Une fois de plus, Jeepers Creepers 2 est tout à fait regardable, mais en même temps, tout à fait dispensable aussi. Alors, si vous n'avez jamais vu le premier et qu'un film de monstre volant démoniaque fous tente, pourquoi pas, mais sinon, vous pouvez sans doute vous en passer sans regret.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 21:25

Texas ChainsawJ'aurais dû commencer par ce film au début du mois, pour fêter les 40 ans de Massacre à la tronçonneuse, mais le hasard des trouvailles de DVDs pas chers ne fait pas toujours bien les choses. Mais à propos d'anniversaires, vous vous rendez compte que le remake a déjà dix ans passés ? Et son producteur Michael Bay n'a pas dû se faire autant de fric qu'il espérait avec, vu qu'il a lâché l'affaire au bout d'une seule suite et revendu les droits à la boîte qui a produit les Saw. Vu qu'on leur doit aussi l'ignoble The Tortured, j'avoue que j'avais pas trop confiance, mais j'étais curieux quand même.

L'intrigue ignore tous les films précédents sauf l'original
(résumé pendant le générique), et démarre là où il s'arrête. Alerté par la dernière survivante d'un carnage, le shérif d'une petite ville du Texas tente d'appréhender la famille de reclus cannibales qui en est à l'origine. L'arrestation se finit en bain de sang après irruption d'autochtones assoiffés de lynchage. Officiellement, toute la famille est éliminée, mais en réalité, vous vous doutez bien qu'un certain colosse handicapé mental amateur d'outils de découpe a réussi à s'enfuir.

Mais tenez-vous bien, Leatherface n'est pas le seul rescapé puisque sa cousine, encore bébé, est arrachée à sa mère et adoptée par un couple du coin. Une vingtaine d'années plus tard (donc théoriquement ça devrait se passer dans les années 90 mais les personnages ont tous des smartphones), les facéties de la génétique hollywoodienne ont poussé la petite à travailler au rayon boucherie d'un supermarché et à intégrer des ossements à ses oeuvres d'arts, tout en lui permettant d'avoir le physique d'Alexandra Daddario (vous pouvez cliquer sans crainte même au bureau, c'est pas un lien vers sa scène à poil dans True Detective) plutôt que d'une brute dégénérée. Elle hérite d'un manoir appartenant à sa vraie famille, dont elle ignore tout. Elle s'y rend avec un groupe d'amis, et je vous laisse deviner si la suite est une comédie dramatique indé douce-amère sur la difficulté de se forger une identité et de renouer avec ses racines quand on est un enfant adopté, ou une série de courses-poursuites entre un taré armé d'une tronçonneuse et des jeunes gens qui subissent le genre de mort atroce qu'on ne souhaite qu'au type qui a composé le "fou-foui-foui-fou" des téléphones Samsung.


Texas Chainsaw 02Alexandra Daddario tient vraiment à ce que vous sachiez que son coach de fitness fait du bon boulot,
vu qu'elle passe tout le film soit en haut court soit en chemise pas boutonnée,
mais on ne va pas s'en plaindre, hein, j'ai raison ou quoi les gars ?


J'ai la vague impression qu'après des décennies de suites, remakes, copies et parodies, il y a des gens pour qui Leatherface, Jason Voorhees et Michael Myers sont devenus interchangeables, y compris des gens chargés d'écrire et réaliser de nouveaux films pour ces personnages. Il y a des moments dans Texas Chainsaw où on se dit que les auteurs n'étaient pas tout à fait sûrs de qui fait quoi. "Massacre à la tronçonneuse c'est bien celui avec le mec qui tue des gens à Halloween hein ? Bon dans le doute, on va dire que ça se passe à Halloween. Et Leatherface c'est celui qui veut tuer sa soeur ? Ou je confonds avec Vendredi 13 ? Bon on n'a qu'à mettre un peu de tout, pour être sûrs. Je m'y perds, ils se ressemblent tous ces psychopathes masqués qui poursuivent les honnêtes gens dans la forêt avec des instruments tranchants". Même s'ils s'efforcent de prouver leur déférence envers les films originaux, ça se fait par petits clins d'oeil superficiels (Bill Moseley et Gunnar Hansen ont des petits rôles, les personnages ramassent un autostoppeur, le shériff s'appelle Hooper...) tandis que le gros du film ressemble surtout à une histoire de vengeur fou.


Texas Chainsaw 04Je ne suis pas hyper fan du look un peu "papy" et du nouveau masque,
et l'un des défauts les plus regrettable du film est ne pas vraiment exploiter les spécifités du personnage
et de le représenter simplement comme un cinglé qui te course en brandissant un truc qui fait mal.


C'est crétin comme une suite de Vendredi 13 (l'un des coscénaristes est un ancien collaborateur de Sean S. Cunningham, et a signé Jason en Enfer), mais c'est pas foncièrement désagréable à regarder tant qu'on n'est pas allergique aux films d'horreur un peu idiots. Les protagonistes ont souvent des comportements dangereusement absurdes (tiens, et si on ne lisait pas la lettre super importante donnée par le notaire qui a dit que c'était vital qu'on la lise avant toute chose ? tiens et si on confiait la baraque à ce vagabond inconnu qu'on vient juste de rencontrer ?) et on nage dans les vieux clichés (bien sûr il y a de vilains petits fornicateurs parmi les premières victimes, bien sûr les ploucs sont des dégénérés, bien sûr c'est précisément quand on doit s'enfuir que la camionnette refuse de démarrer) mais ça m'agace moins et ça m'amuse plus que quand un film entend se moquer de tout ça mais s'en ressert quand même. Enfin du coup c'est plus rigolo qu'effrayant, mais ça se laisse voir.


Texas Chainsaw 03Bien qu'il ne fasse pas vraiment peur, Texas Chainsaw est à déconseiller aux âmes sensibles.


Le côté involontairement drôle prend toute son ampleur dans le dernier acte, avec un retournement de situation à la fois un peu prévisible et totalement invraisemblable qui donne lieu à quelques moments gentiment débiles. Je vous dis rien, je veux pas vous gâcher la surprise, mais moi ça m'a carrément fait espérer qu'il y aura une suite, parce que je serais vraiment curieux de voir dans quelle direction la série peut aller après ça. En tout cas, c'est impossible à prendre au sérieux mais ça a le mérite d'être inédit dans un Massacre à la tronçonneuse. Là où d'autres se seraient contentés d'une variation insipide autour de l'intrigue de l'original, Texas Chainsaw parvient à tenter quelque chose de nouveau pour cette septième aventure de Tronche-de-cuir sans avoir à l'envoyer dans l'espace, et le résultat est plutôt marrant.


Texas Chainsaw 05De nombreux plans ont clairement été conçus pour exploiter la 3D,
ce que je trouve toujours appréciable, mais malheureusement quand on n'a pas
la télé et le lecteur Blu-Ray adéquats il faut se contenter d'un DVD sans relief.


Ca n'est pas vraiment un bon film, pas franchement un nanar non plus,
si vous cherchez de l'horreur sérieuse pour flipper pour de vrai ça fonctionnera pas, et si vous espérez quelque chose dans la veine du premier film vous serez déçus, mais à mon avis c'est vraiment parfait pour une soirée Halloween entre potes. C'est couillon mais jamais ennuyeux, on goleri quand l'héroïne se pète la gueule comme une merde ou tente de fuir à bord d'une grande roue à la fête foraine. Il y a quelques scènes bien gore, c'est dommage que les effets numériques ne soient pas très réussis mais ça change de ces productions hollywoodiennes qui restent toute propres pour échapper à une interdiction aux moins de 12 ans. Voilà, sachez donc où vous mettez les pieds si vous décidez de le regarder, en tout cas mois après 4 semaines de médiocrité je considère que je tiens là le premier film recommandable du mois.

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 11:33

pervertBon alors le succès de vidéoclub des années 80 c'est fait, le film de zombies c'est fait, le film Full Moon Features c'est fait... Il nous manque encore quoi cette année dans la sélection d'Halloween ? Enfin, à part des bons films évidemment... Ah ben tiens, il nous manque le film d'horreur coquin. Ce sera donc Pervert!, obscure perlouze distribuée chez nous il y a quelques années par feu Neo Publishing qui, il faut bien le dire, n'a pas édité que des chefs-d'oeuvre dans le cadre de sa mission de déterrage de films bizarres. Le film se veut un hommage au cinéma de ce bon Russ Meyer, au sens où il y a des filles à grosses doudounes et des obsédés qui rêvent de se les taper dans un coin paumé de l'Amérique rurale. Mais ici en plus il y a aussi une créature maléfique qui tue des gens, sinon évidemment je serais pas en train de vous en parler ce mois-ci.

La première paire de seins et la première paire de fesses apparaissent au bout d'une minute environ, et c'est amené de telle façon que je craignais avoir affaire à quelque chose dans le genre de Bikini Bandits Experience. Mais heureusement non, finalement c'est un vrai film avec une vraie intrigue, même si elle est assez bébête. Un étudiant va passer l'été chez son père dans une baraque au milieu de nulle part, dans l'idée que les rudes travaux manuels qui l'y attendent feront de lui un homme, un vrai. Il découvre que le vieillard a refait sa vie avec une demoiselle peu farouche, et qu'il s'adonne à une nouvelle passion étrange : la sculpture de viande. Bien entendu, il ne faut pas longtemps aux deux jeunes gens pour se mettre à jouer au docteur en cachette du pépé qui, lorsqu'il les découvre, est fou de jalousie. Quelques temps plus tard, la pauvre fille est retrouvée charcutée... Le vieux aurait-il décidé d'en utiliser des morceaux pour l'une de ses oeuvres, en guise de vengeance ?


Pervert 03Le film s'efforce d'employer au mieux les talents de la star du X Mary Carey,
qui n'est pas super convaincante en tant qu'actrice.


Le début ressemble plus à un film de cul soft semi-parodique qu'à un film d'horreur. Et j'ai rien contre les films de cul mais disons que ça reste rarement très passionnant à suivre plus de quelques minutes, une fois qu'on a fini de faire ce qu'on avait à faire devant, et qu'une énième parodie n'apporte pas grand'chose de plus. Surtout que l'humour du film est un poil répétitif, et va du pas très subtil, comme le garagiste homo qui enchaîne les sous-entendus sexuels en parlant de mécanique, au débile léger, avec des bruitages "rigolos" genre pouet-pouet ou splotch-splotch pour sonoriser les galipettes des protagonistes. C'est donc assez laborieux, et il ne faut pas espérer quelque chose dans la veine de Faster, Pussycat! Kill! Kill!, malgré les bonnes intentions de l'auteur. Heureusement, quelques bizarreries viennent pimenter un peu les choses : des flashbacks sur une cérémonie vaudou, le père qui hallucine une femme-coyote, les mannequins en barbaque (si vous avez lu la BD Preacher, ça vous rappellera le méchant du tome 7), le fait qu'une créature mystérieuse rôde dans les parages sans qu'on n'ait la moindre idée de ce que c'est... Je ne vais pas prétendre que ça rend le film passionnant mais sans ça j'aurais probablement renoncé à regarder jusqu'au bout.


Pervert 01J'espère que vous aimez le gag "il se passe un truc coquin dans le dos du vieux sans qu'il s'en rende compte"
parce que toute la première demi-heure peut se résumer à ça.


Le pire c'est que Pervert! a certains aspects sympathiques malgré tout. Les filles n'ont pas le physique typique des petites starlettes qu'on embauche dans le cinéma d'horreur hollywoodien, mais leur statut de bombes sexuelles n'est jamais traité comme une blague. La méchante bestiole est un effet spécial à l'ancienne, artisanal, une créature animée en image par image, le réalisateur doit être fan de Frank Henenlotter (qui, soit dit en passant, a fait un meilleur film avec la même idée) en plus de Russ Meyer, à défaut d'avoir beaucoup de talent il a bon goût. Bon je ne dis pas que ça rend le film vraiment meilleur mais ça incite à plus d'indulgence, ça ne donne pas l'impression que les auteurs se sont juste dit "baclons n'importe quoi entre potes, tant qu'il y a des mannequins à gros seins dedans ça se vendra tout seul", on se dit qu'ils ont vraiment cherché à faire quelque chose de bien à eux et à le faire bien. Le résultat n'est pas super réussi pour autant mais pas détestable, du coup.


Pervert 02Je ne vous dévoile pas l'identité du tueur mais voilà, rassurez-vous, il y a bien du sang et des tripes,
pas seulement des scènes cochonnes ni érotiques ni drôles.


 A vouloir préserver la surprise de l'apparition du monstre pour la dernière demi-heure, Pervert! prend vraiment trop de temps à en venir au fait. Son humour poids lourd et son scénario ne méritaient pas forcément de s'étendre sur 80 minutes, en taillant dans le gras pour faire un court métrage ça aurait vraisemblablement été moins beauf et plus marrant, là c'est un peu du gâchis. Je ne sais pas si les solderies ont encore du stock de Neo Publishing à écouler, moi ça va je l'ai eu à l'époque où c'était que 2€ donc y a pas mort d'homme, et si vous le trouvez au même prix et que vous aimez les gros nénés et le gore, ou que vous collectionnez les films insolites même quand ils sont ratés, vous y trouverez peut-être un minimum d'intérêt. Mais pour ceux qui sont juste venus dans l'espoir d'une recommandation de bon film d'horreur pour la soirée d'Halloween, ce sera toujours pas pour aujourd'hui.

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 08:57

Uncle SamAprès trois épisodes de Maniac Cop, Larry Cohen et William Lustig n'avaient apparemment plus trop d'idées mais ont tenté de recycler encore un dernier coup celle du fou en uniforme qui tue des gens. Cette fois c'est un militaire et plus un flic, et ça se passe dans une petite ville au lieu de New York. Ca n'a pas dû trop bien fonctionner puisqu'après ça, le réalisateur de Maniac a préféré raccrocher sa caméra et se lancer dans la distribution de cinéma bis en DVD et Blu-Ray. Dommage qu'il n'opère pas en France parce que du coup, ici, son dernier film n'est disponible que dans une édition pourrave en VF et format 4/3 chez "Action et Communication" (en gros ça doit être les mêmes gens que "Prism"). Bon, je ne dis pas que c'est un chef-d'oeuvre qui méritait une sortie luxueuse mais là entre l'image dégueu et le doublage naze, il n'avait clairement pas beaucoup de chances de séduire.

Ici, je vous ai déjà parlé de films d'horreur sur Halloween, Noël, la St-Valentin et vendredi 13, mais je n'en avais pas encore déniché un sur le 4 juillet, la fête nationale américaine, jusqu'à aujourd'hui. L'histoire démarre quelques jours avant les festivités, avec la découverte d'un hélicoptère abattu trois ans plus tôt par un tir allié lors de la première guerre du Golfe, et de ses occupants carbonisés. Parmi les corps rappatriés, celui de Sam Harper, qui reprend vie lorsqu'une bande de jeunes profane sa tombe en brûlant un drapeau au-dessus. Très en colère contre tous ceux qui, à ses yeux, déshonorent l'Amérique, notre cadavre ambulant dissimule ses brûlures sous un déguisement d'Oncle Sam pour se joindre incognito à la fête du 4 juillet, au cours de laquelle il commet une série de meurtres sanglants...


Uncle Sam 01Contrairement à Timothy Bottoms et Bo Hopkins, feu Isaac Hayes n'a même pas droit
à son nom sur la jaquette, alors qu'il a un rôle nettement plus important qu'eux.


Uncle Sam avait suffisamment d'éléments intéressants pour s'élever au-dessus de la moyenne des films de tueurs fous calqués sur les grands classiques du genre. Mais il ne parvient jamais à trouver un rythme satisfaisant et une cohérence dans son propos, si bien qu'au final c'est surtout un gros gâchis laborieux. Le film dénonce les guerres "illégitimes" des Etats-Unis, dont les victimes américaines tombent plus souvent sous des tirs alliés que sous ceux de l'adversaire, et semble vouloir faire de son tueur une sorte d'anti-héros qui combat les "vrais" ennemis du pays, ceux de l'intérieur : un politicien véreux, un avocat qui aide les riches à payer moins d'impôts, un shérif qui consomme la drogue qu'il confisque... Alors que le cinéma d'horreur a tendance à se contenter de nous dire que c'est pas bien d'aller là où tes parents t'ont interdit d'aller et de faire des cochonneries avec d'autres petits inconséquents dans ton genre, c'est plutôt malin d'avoir choisi un message plus politique, et en montrant clairement le personnage comme un extrémiste (il va jusqu'à s'en prendre à un instituteur qui a refusé de faire le Vietnam, ou un gamin qui s'est moqué de l'hymne national) on évite l'impression que les auteurs cherchent réellement à dire "ces gens-là faudrait les tuer". Malheureusement, dans le dernier acte Lustig finit par saboter son Oncle Sam avec une volte-face qui en fait simplement une machine à tuer sanguinaire plutôt qu'une victime dont la vengeance va trop loin.


Uncle Sam 02Le costume fait certes partie des éléments qui rendent le film unique,
mais il n'est pas vraiment très réussi.


A la limite, que ça loupe le coche en tant que film "engagé", c'est dommage mais pas très grave. Mais même comme simple slasher, c'est loin d'être une réussite. Le film met trois quarts d'heure à présenter sa galerie de futures victimes puis expédie toutes leurs confrontations avec le tueur en quelques secondes. L'intrigue se focalise sur le jeune neveu de Sam, qui considère son oncle comme un héros de guerre et l'idolâtre avant de comprendre que c'est un assassin, mais sa prise de conscience du fait que la guerre forme des tueurs plutôt que des héros n'est pas une révélation très originale ou intéressante. Certains passages donnent l'impression d'être des résidus d'idées abandonnées en cours de route (à quoi sert le petit aveugle en fauteuil roulant ? pourquoi cette musique inquiétante dans la dernière scène alors qu'il n'y a pas de rebondissement final ?). Et pour ne rien arranger, le costume et le masque font vraiment bas-de-gamme.

 
Uncle Sam 03Le look du tueur en version "mutilé de guerre" fonctionne beaucoup mieux,
dommage qu'il le troque pour un déguisement pas terrible pendant la majeure partie du film.


Il y a tout de même des tueries comme on les aime quand on aime les films d'horreur, avec quelques pointes d'originalité et d'humour noir, l'Oncle Sam empale un type sur un drapeau, en tue un autre avec des feux d'artifice, se sert de la hachette de George Washington pour fracasser un crâne, tire sur Lincoln... Mais ni ça, ni un maquillage de zombie trop cuit plutôt réussi ne suffisent à faire oublier qu'on s'ennuie pendant une bonne moitié du film. Ca fait de la peine d'avoir à déconseiller un film qui a de bonnes idées et de la personnalité, mais le fait est qu'il est complètement raté. Revoyez plutôt Maniac.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 15:30

Scooby-Doo ! Wrestlemania la folie du catchParce qu'il en faut pour tous les goûts, je me suis dit que j'allais inclure un film d'horreur pour enfants dans ce mois spécial Halloween, et comme j'ai déjà parlé de Paperhouse il y a quelques mois, je me suis rabattu sur ça. Vous savez, parce qu'il y a toujours des histoires de fantômes et de monstres dans Scooby-Doo. Bon je vous accorde que c'est un peu faiblard comme excuse pour en parler mais on fait ce qu'on peut.

Je suppose que vous connaissez un peu la série et ses personnages vu que ça fait 45 ans que ça existe sous diverses formes. Pour ceux qui auraient grandi chez les Amish, c'est l'histoire de quatre lycéens qui enquêtent sur des phénomènes paranormaux avec l'aide de leur chien parlant, et découvrent à la fin que le vampire/loup-garou/zombie/revenant est en réalité un voleur déguisé. Dans ce long métrage sorti directement en DVD, ils gagnent des places pour assister à WrestleMania, le plus grand spectacle de catch de l'année. Hébergés à "WWE-ville", ils sont attaqués par une bête monstrueuse qui terrorise les habitants depuis quelques temps, "l'Ours Fantôme", qui d'après la légende aurait été vaincu des décennies plus tôt par l'ancêtre de Sin Cara, l'un des luchadors masqués de la WWE, et serait maintenant de retour pour se venger. Les ennuis s'aggravent lorsque la ceinture de champion du monde de la WWE disparaît, et que Scoubidou est accusé du vol. Mais apparemment le patron de la WWE est fan de Game of Thrones puisqu'il lui propose d'échapper à la prison s'il parvient à vaincre le méchant catcheur Kane lors d'un match à WrestleMania avec l'aide de Sammy. Comme les deux nigauds doutent de leurs chances de survie face à cette brute, ils s'efforcent d'aider Fred, Véra, Daphné et John Cena à démasquer le vrai coupable avant le soir fatidique.


Scooby Doo Wrestlemania 02Ouah, comment c'est devenu moderne maintenant que ça s'appelle Scooby-Doo en anglais :
Véra a un iPad, Fred a un appareil photo numérique et Daphné tchatte sur son téléphone portable !

Scooby Doo Wrestlemania 03Et la vision des rapports homme-femme est super progressiste aussi !


J'avoue que quand j'étais p'tit et que ça s'orthographiait encore Scoubidou en France parce que la mondialisation n'avait pas tout à fait fini de tout uniformiser partout, je trouvais déjà cette série assez crétine, mais en même temps, vous savez que c'est pas mon genre de tourner le dos à une coproduction WWE Studios. Surtout que celle-ci ne suit pas leur tendance récente qui consiste à faire un film "normal" dans lequel le catcheur de service fait simplement de la figuration intelligente pendant une minute, comme Dead Man Down ou The Call, mais place l'univers du catch au centre de l'intrigue. Après bon ben c'est un film pour les enfants donc concrètement on voit surtout John Cena faire le superhéros invincible et Kane grogner et grimacer ; les quelques autres ont clairement été choisis par le département marketing après étude sur les favoris des gosses, et le scénariste n'était visiblement pas motivé pour leur trouver quelque chose d'intéressant à faire. Il y a quand même quelques idées saugrenues qui pourront amuser un adulte, comme le fait que la WWE ait sa propre ville avec ses propres lois et la ceinture de champion du monde sculptée sur le flanc d'une montagne façon Mont Rushmore. Enfin, je sais pas, et je suis même pas sûr que c'était le but recherché, mais moi ça m'a fait goleri.


Scooby Doo Wrestlemania 04WWE City, un lieu où l'ouverture d'esprit t'autorise à porter ta tenue de catcheur
n'importe où toute la journée si ça te fait plaisir.


Bon, voilà les amis, j'aime pas bacler mais on va quand même pas intellectualiser deux heures sur un dessin animé con pour les moins de 10 ans. Ca n'est vraiment qu'un épisode de série télé étiré sur 1h20, graphiquement ils n'ont pas cherché à faire mieux, la trame est toujours la même que dans toutes les aventures de Scoubidou depuis 1969, le monstre est banal, les gags sont bébêtes, les tentatives pour essayer de se montrer à la page avec des scènes sur le jeu vidéo et le catch ont plutôt tendance à renforcer la ringardise générale qu'à prouver que la série a su évoluer au fil des décennies. Après, c'est couillon mais inoffensif, à choisir il vaut mieux ça qu'une horreur comme le film des Schtroumpfs, quand on n'a plus l'âge du public-cible on a certes l'impression qu'on est en train de perdre son temps mais sans vraiment s'ennuyer à mourir, donc voilà : si vous êtes une grande personne, n'achetez pas ça pour vous, mais si vous avez des mômes, qu'ils aiment le catch, et que vous trouvez le DVD pour moins de 5€ (parce que clairement ça mérite pas plus), ça a plus de chances de leur plaire que Le Chaperon ou Legendary.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:44

Maximum OverdriveEh bien les amis, nous voilà rendus en octobre comme ça mine de rien. Le mois où Overblog me relance quotidiennement pour que je paie pour renouveler mon nom de domaine et où je me dis chaque fois "allez, profites-en pour abandonner, ça économisera des sous, t'as trop peu de lecteurs et ils survivront très bien sans savoir ce que tu penses de films qu'ils regarderont jamais", et où finalement j'espère naïvement qu'une série de chroniques sur des films d'horreur en prévision de la soirée d'Halloween va attirer de nouveaux fidèles.

Cette année, je commence avec un film que tous ceux qui ont grandi près d'un vidéoclub dans les années 80 ont loué un jour en VHS parce que l'affiche faisait trop envie (et on a tous espéré que le gérant veuille bien nous la filer le jour où il en voudrait plus mais on a fini aussi déçu que pour celle de Critters parce qu'il l'a gardée au mur jusqu'à la fermeture) parce que bon, des gros camions et une musique d'AC/DC quoi, quand t'as 12 ans tu peux pas croire que quelqu'un va se planter avec ça. Et "ça" donc c'est Maximum Overdrive,
la première et dernière réalisation de l'écrivain Stephen King, librement adaptée d'une de ses nouvelles du recueil Danse macabre.

Le point de départ est repompé à Métal Hurlant : un astéroïde qui passe à proximité d'une planète donne de vilaines pensées à certains de ses habitants. Ici ce sont les machines de la Terre qui reçoivent l'ordre de tuer tous les humains. En quelques heures c'est le carnage, des véhicules sans chauffeur percutent des piétons, des distributeurs de boissons utilisent leur marchandise comme projectiles mortels, des flippers électrocutent ceux qui y jouent, des rouleaux compresseurs broient des enfants, il y a même un jouet télécommandé qui n'a pas bien compris les ordres et agressé un chien. Des survivants se retrouvent coincés dans une station-service, encerclés par des camions-tueurs, et tentent de leur résister avec les moyens du bord. Qui se révèlent conséquents, puisque le propriétaire des lieux cache un véritable arsenal militaire dans sa cave.


Maximum Overdrive 01Emilio Estevez a fait quelques choix intéressants dans sa carrière,
et il a aussi fait des choix qui l'ont amener à se disputer avec des camions.


Maximum Overdrive est absurde et complètement idiot, et c'est évidemment ce qui fait son charme. King a désavoué le film (et juré qu'il n'en réaliserait plus d'autres), et affirmé qu'il prenait trop de coke à cette époque pour vraiment se souvenir du tournage. Ce qui ressemble à une façon d'insinuer que s'il avait eu toute sa tête il aurait fait un bon film, parce que Môssieur Stephen King ne rate rien quand il n'a pas l'esprit embrumé par la drogue, évidemment. En tout cas pour moi c'est moins un film de drogué qu'un film de gosse, à qui on a donné des gros jouets pour s'amuser sans surveillance, et qui improvise n'importe quoi avec au fur et à mesure. "On dirait que les gros camions ils deviennent méchants et ils tuent des gens ! On dirait que les gens, ils ont un bazooka et ils explosent les gros camions ! Mais après les gros camions ils appellent leur copine mitraillette et elle tue des gens ! Alors les gens, ils ont encore un bazooka et ils les explosent encore ! Et là on met du hard rock à fond ! Et ensuite il y a une plus grosse explosion, et pi un bulldozer qui casse tout, et un bazooka ! Et pi de la grosse guitare derrière ! Et ça explose encore !"


Maximum Overdrive 02"J'ai plus d'idées là, mais s'il nous reste des explosifs je veux bien qu'on refasse
un tir au bazooka sur un camion. Oui, une quatorzième fois oui, où est le problème ?
Quand t'auras écrit
Shining ou Carrie c'est toi qui me diras ce que je dois faire okay ?"


Le début est vraiment rigolo. L'idée de base est absurde, Stephen King donne l'impression de s'autoparodier mais lui visiblement il y croyait, on sent le mec qui pense avoir quelque chose de malin à dire avec un thème aussi profond et original qu'un sujet de bac philo, genre "l'humanité n'est-elle pas en train de se laisser asservir par les machines qu'elle a créées pour la servir ?" et c'en est d'autant plus marrant, surtout que c'est traité avec la subtilité d'une escadrille de poids-lourds menés par un semi-remorque orné d'un visage démoniaque. Les machines attaquent de plein de façons différentes et invraisemblables, ça donne des scènes comme une poursuite par une tondeuse à gazon ou des images comme une femme étranglée par son sèche-cheveux. Le film n'est même pas capable de suivre un semblant de logique par rapport à cette révolte des machines : les véhicules deviennent méchants, sauf les voitures mais on sait pas pourquoi, sauf quand même une voiture qui tue sa passagère en lui coinçant la tête dans le carreau. Il y a une méchante mitrailleuse, mais les autres armes restent sages. On apprend même que les Russes ont réussi à utiliser un satellite de défense, alors que par ailleurs la comète contrôle jusqu'aux couteaux électriques.


Maximum Overdrive 04Certains des acteurs adoptent un jeu tout en "finesse" pour se faire remarquer au milieu des trucs qui pètent.


Il y a quelque chose d'admirable dans l'aplomb avec lequel Maximum Overdrive nous assène sa connerie parce qu'il pense être cool. J'avais le sourire aux lèvres pendant une bonne partie de la première demi-heure. Après malheureusement l'enthousiasme est un peu retombé parce que le film s'enlise un peu. L'intrigue ne progresse plus trop, la même péripétie se répète jusqu'au dernier acte : un personnage secondaire tente une sortie, il se fait rétamer par un 30 tonnes, Emilio Estevez venge sa mort d'un coup de bazooka. C'est chouette la première fois mais on se lasse. J'ai réussi à aller jusqu'au bout sans trop me faire chier mais la magie du début n'y était plus vraiment, ça aurait peut-être mérité de durer 1h15-1h20 plutôt que près d'1h35, même si vers la fin il y a encore quelques petites pépites, comme un gamin qui flingue un haut-parleur en criant "ça c'est pour mon père !" ou une fuite en voilier qui aurait été logique si les bateaux à moteur du coin étaient passés à l'attaque au lieu de ne rien faire, mais qui là donne juste l'impression que King n'a réfléchi qu'à moitié à la scène avant de la tourner.


Maximum Overdrive 03Pour les fans des Simpson qui ne connaitraient pas son visage :
Yeardley Smith,
la voix de Lisa, joue l'une des survivantes.


Bon, voilà, c'est un mauvais film débile, mais un mauvais film sympathique. En tout cas, j'espère que ce n'est pas la nostalgie qui me fait dire ça, et que c'est vraiment susceptible d'amuser des spectateurs plus jeunes que moi, ou pas forcément fans d'AC/DC. Si entre deux vrais bons trucs il y a de la place pour une aimable couillonnade à l'ancienne dans votre soirée film d'horreur, je me permets de vous conseiller Maximum Overdrive. Si vous ne cherchez que du sérieux qui fait peur, par contre, je vais pas vous mentir, il vaut mieux éviter.

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 08:34

ShuttleSaluons l'arrivée d'un nouveau Goldmember, Mahg, que je remercie pour sa sympathique contribution au site. J'ai peut-être que cinq lecteurs mais j'ai de la chance, vous ne faites pas les putes. Mahg offre donc Shuttle, qui malgré ce que peut laisser penser sa jaquette n'est pas une suite de Maximum Overdrive avec un autocar hanté écrasant dans sa course folle de pauvres filles qui, après avoir survécu à une poursuite de serial killer dans les bois, décident de s'arrêter à genoux au milieu de la route. On est plutôt entre And Soon the Darkness et Hostel, mais le film tente de subvertir un peu le genre "touriste malmené par des autochtones sur un lieu de vacances réputé dangereux" puisque les protagonistes vont subir leurs mésaventures aux Etats-Unis à leur retour d'un séjour au Mexique. Deux filles rentrées d'un voyage entre copines se font draguer à leur arrivée à l'aéroport par un inconnu gentiment relou. Elles embarquent avec le dragueur et son pote à bord d'une navette censée les ramener chez eux, mais le chauffeur semble n'avoir aucun sens de l'orientation, et les voilà bientôt perdus en pleine nuit dans une zone industrielle déserte... Là, si vous préférez garder tout suspense intact passez au dernier paragraphe, okay ?

Pour les autres, comme le "shuttle" est conduit par le louche Tony Curran, un habitué des transports en commun mortels puisqu'il pilotait aussi le métro de Midnight Meat Train, vous vous doutez bien que tout cela est un piège. Et effectivement, il va kidnapper ses passagers sous la menace d'un flingue, dans un but inconnu. On accuse souvent la RATP de "prendre les usagers en otages" dès qu'il y a une grève, mais ce gars-là a une approche beaucoup plus littérale de la chose. Néanmoins, parmi ses prisonniers il y a des optimistes qui espèrent qu'il va simplement les dépouiller et les laisser partir. Mais comme l'argent qu'il leur prend est ensuite utilisé pour payer une étrange liste d'articles (de la litière pour chats, du pain de mie, une lampe-torche...) et qu'il commence à en liquider certains en cours de route, il devient clair que, quels que soient ses plans, ceux qui ne parviendront pas à s'échapper vont très mal finir.


Shuttle 02Bien que le chauffeur soit un type banal, a priori sans pouvoirs surnaturels,
le réalisateur a quand même décidé de lui conférer l'invulnérabilité d'un Michael Myers.


Le début se laisse regarder comme un téléfilm à suspense de deuxième partie de soirée pas trop mal foutu ni trop mal joué, c'est suffisamment intriguant pour qu'on ait envie de savoir où ça va aller. Malgré ça, assez vite on voit bien que ça a peu de chance en vrai bon thriller, parce que les rebondissements censés surprendre sont assez prévisibles,
parce que les besoins de l'histoire amènent régulièrement les personnages à avoir des comportement invraisemblables... Les passagers n'ont pas l'air de soupçonner qu'il y a anguille sous roche avant qu'il soit trop tard, alors que le conducteur du bus commence par insister pour n'emmener que les filles et pas les garçons, puis qu'il les promène dans un quartier éloigné de tout... Ils font finalement peu de tentatives pour alerter du secours ou s'échapper alors qu'au départ leur situation n'est pas complètement désespérée... Même quand il y a un élémént qui paraît un peu malin, il finit balayé sous le tapis : au début du film, on nous montre que l'une des filles connaît le langage des signes, un peu plus tard on comprend que ça n'était pas anodin puisqu'elle s'en sert pour demander de l'aide sans attirer l'attention de son ravisseur, et... et c'est tout, ça ne mènera nulle part.


Shuttle 01Au moins, pour une fois il y a un petit effort pour donner un peu d'épaisseur à certains personnages.


Il faut dire que le film est bien décidé à vous faire comprendre que la vie est un horrible cauchemar où parfois, peu importe combien on lutte, ce sont les méchants qui gagnent et les innocentes jeunes filles qui se retrouvent prisonnières de situations atrocement sordides. Certes, il n'est pas spécialement rare qu'un polar ou un film d'horreur se termine sur une note de noirceur, mais le contexte fait que le spectateur l'accepte sans avoir l'impression que le réalisateur a voulu le priver d'une conclusion positive par pur sadisme. Quand le criminel s'en tire parce qu'il est plus intelligent que tout le monde et que son plan est trop génial pour échouer, on admire. Quand Freddy ou Jason resurgit deux secondes avant le générique pour s'attaquer à la dernière survivante, c'est de bonne guerre, on sait bien que c'est une façon de laisser la porte ouverte à une suite, on accepte l'idée que personne n'échappe à des créatures aussi mythiques. Mais Shuttle n'a pas de tueur légendaire ou spécialement rusé, et se permet pourtant de nous infliger un épilogue qui montre qu'après avoir bien souffert, riposté de toutes ses forces, et presque réussi à s'en sortir, on peut encore tout perdre et subir un sort ignoble. Ce qui satisfera sans doute quelques spectateurs qui se félicitent de préférer le "réalisme" ou le "cynisme" aux vilaines "happy ends à l'hollywoodienne" (je parierais sur le genre de gens qui aiment expliquer, un sourire mauvais aux lèvres, que les contes de fées à l'origine n'ont rien à voir avec les conneries aspetisées qu'on raconte aux enfants aujourd'hui, mais sont super noirs et sanglants), mais ressemblera à un doigt d'honneur pour les autres.


Shuttle 03Mesdemoiselles, le cinéma ne vous le répètera jamais assez : si vous faites confiance au mauvais garçon,
vous finirez malmenée et humiliée par des détraqués, et même si vous résistez de toutes vos forces,
il n'y aura quand même plus aucun espoir pour vous.


J'ai chroniqué un paquet de mauvais films d'horreur en bientôt cinq ans, et je mentirais si je prétendais que celui-ci était parmi les pires. C'est bas-de-gamme, excessivement cruel envers ses personnages, et malgré quelques pointes d'originalité (par exemple, les couleurs sont de plus en plus délavées au fur et à mesure que la descente aux enfers se poursuit) ça reste une énième variation autour de l'idée que les jeunes filles doivent être bien sages et ne pas parler aux inconnus si elles ne veulent pas se faire manger par le grand méchant loup. Mais j'ai quand même trouvé ça suffisamment habile pour le suivre jusqu'au bout sans trop m'ennuyer. Juste un peu quand même, parce que c'est trop long pour un film de ce genre. Je ne vais clairement pas recommander l'achat du DVD ni même suggérer de guetter avec attention un éventuel passage télé, ça mérite pas. Disons plutôt que si vous tombez dessus par hasard en zappant et que vraiment vous êtes curieux à l'idée d'un huis-clos mobile même s'il n'est pas franchement réussi, ça peut vous occuper 1h40.

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 13:04

Frankensteins ArmyAprès Dead Snow, après Iron Sky (et sa repompe Asylum SS Troopers), encore un cinéaste européen qui s'est dit "tiens, et si je faisais une série Z rigolote avec des Nazis". Je ne sais pas si ça va lancer une mode, si on va voir fleurir des Zombie Hitler vs Vampire Stalin ou des Planet of the RoboNazis, en prolongement du faux grindhouse lancé par Tarantino. Mais à un moment, ce serait bien que les réalisateurs qui décident de rendre hommage aux couillonnades d'antan, acceptent que
-si au-delà d'un titre percutant et/ou d'une idée farfelue tenant en quelques mots ("imagine : des zombies... nazis !"), ils n'ont rien à proposer, le mieux c'est de ne pas essayer de faire le film, ou bien
-s'ils décident de tourner le film quand même, la moindre des choses c'est d'essayer d'y mettre un peu de coeur et d'huile de coude, parce que les petites merdes pondues à la va-vite et destinées à être regardées "avec des potes, de la bière et des joints", y en a déjà trop, et qu'honnêtement si vous avez vraiment besoin d'un film pour tolérer de passer 1h30 à boire en compagnie de vos potes c'est qu'il est peut-être temps d'en changer.

Tout cela étant dit, voire re-dit parce que j'ai tendance à me répéter sur ce sujet, Frankenstein's Army n'est pas le pire ou le plus paresseux des films d'horreur à petit budget réalisés par des débutants ces dernières années. Je préfère annoncer tout de suite qu'il est quand même très mauvais, comme ça ceux qui n'ont pas envie de perdre du temps à lire une page entière sur un film raté peuvent passer à autre chose, mais j'ai vu pire. On pourrait croire à une sorte de remake du bien nul War of the Dead, puisqu'on y suit un caméraman qui filme une escouade qui, alors que
la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, va se retrouver aux prises avec des créatures nées des sordides expériences de savants nazis. C'est amusant quand on y pense parce que faire un remake d'une merde, commercialement c'est idiot, mais artistiquement c'est moins absurde que s'obstiner à refaire des films dont les versions originales sont déjà réussies. Gingerdead Man par exemple, plutôt qu'une nouvelle suite par le même studio, ça mériterait pas un nouveau départ aux mains de quelqu'un d'autre ? Idée à creuser.


Frankensteins Army 01Bonne nouvelle, les monstres du film sont bien plus originaux que de simples zombies nazis.
Mauvaise nouvelle, c'était la seule bonne nouvelle.


Mais revenons-en à Frankenstein's Army, qui est donc hélas réalisé sur le principe de ces "films trouvés", un genre qu'il serait temps de mettre au rebut en même temps que les films de zombies tant il est clair que lui non plus n'a plus rien de nouveau à proposer, seulement un éternel recyclage des mêmes clichés dans un contexte différent, le type qui continue de tout filmer tout le temps malgré le danger et qui survit miraculeusement à tout, le gars qui s'énerve et qui dit "arrête de filmer !" en essayant de frapper la caméra, l'appareil qui tombe juste là où il faut comme il faut pour capter une image importante, le message d'adieux aux proches quand tout est foutu, etc. Ici c'est un soldat russe qui filme ses petits camarades tandis que leur groupe s'avance en terrain ennemi, en parlant anglais (avec un faux accent russe) parce que c'est plus facile pour distribuer le DVD à l'international. Ils captent un message de détresse qui les mène à un village dont les habitants ont été mis en fuite où massacrés. En cherchant des survivants, ils sont attaqués par des soldats monstrueux, assemblés à partir de morceaux de cadavres, d'armes en tous genres, de pièces de machines... Ils sont en effet tombés sur le laboratoire secret du Dr Frankenstein, qui poursuit pour le compte des nazis les expériences de son célèbre aïeul.


Frankensteins Army 02Maman, Papa, pardonnez-moi, je suis resté bloqué dans les années 90.


Au début du film, non seulement il ne se passe rien pendant dix minutes, mais en plus le réalisateur décide que ce n'est pas la peine d'essayer d'en profiter pour présenter un peu les personnages au-delà de leur fonction dans l'histoire. Il n'essaiera pas non plus par la suite, quand il commencera à se passer des trucs. Il faudra se contenter de protagonistes aussi passionnants que "le mec qui filme", "le vieux gradé", "le technicien radio" ou "le sale con", qui s'engueulent sans conviction au gré d'une intrigue se résumant finalement à "ils avancent dans des bâtiments abandonnés et des couloirs sinistres et ils meurent tous un par un". Vers le milieu du film il y a quand même un coup de théâtre parce que l'auteur voulait faire croire qu'il avait vraiment écrit un scénario, mais c'est tellement idiot que ça ne réussit qu'à prouver qu'il n'a qu'une idée assez vague de comment ça fonctionne l'armée. Je suis pas un expert moi-même mais bon, un truc de base c'est que les gradés n'ont pas besoin de ruses tordues pour envoyer les troufions en mission, simplement de donner des ordres, et à la rigueur peut-être de rappeler qu'en cas d'insubordination c'est la cour martiale et dans certains cas, le peloton d'exécution.


Frankensteins Army 03Les responsables des effets spéciaux ont eu quelques idées bizarroïdes marrantes,
dommage que ce soient les seuls à s'être donné du mal sur le tournage.


Pour être honnête on voit bien que le mec qui a écrit ce rebondissement de merde n'y croyait pas lui-même, on sent que c'est tout ce qu'il a trouvé pour justifier la présence continuelle de la caméra. C'est vraiment bidon, encore une preuve qu'il faut renoncer à ce gadget de merde. Bordel les gars Le Projet Blair Witch c'était y a 15 ans, il est temps de vous en remettre, surtout si vous comptez filmer façon "cinéma d'action moderne", caméra à l'épaule, alors que votre histoire se passe dans les années 40. Y a des gens qui apparemment se rendent pas compte que filmer comme un gogol n'a pas toujours été la norme, mais si on regarde des documentaires d'époque, on voit que les mecs qui prenaient le risque de filmer la guerre y allaient pour en ramener des images de bonne qualité, et donc ils posaient leur caméra sur un trépied, ils s'efforçaient de bien cadrer, tout ça, ils allaient pas secouer des caméscopes pour faire des vidéos youtube.


Frankensteins Army 04Du peu que j'ai vu de Ils ont filmé la guerre en couleurs, j'ai eu l'impression les reporters qui amenaient
une caméra hors de prix en territoire occupé essayaient de filmer mieux que ça.


Alors je vous accorde sans peine que quand on se met devant un truc qui s'appelle L'Armée de Frankenstein, il ne faut pas s'attendre à un film intelligent, et même au contraire espérer un film con. Mais pour faire une bonne série Z il ne suffit pas d'insérer des monstres farfelus dans un mauvais film d'horreur bête et sans personnalité. C'est bien que le réalisateur ait choisi d'adopter un ton sérieux, parce que c'est difficile de faire plus laborieux qu'un "nanar volontaire" qui s'épuise à faire comprendre au spectateur "rassure-toi, je sais que c'est débile, tout ça c'est de la grosse blague ha ha ha", mais toute la fantaisie du film réside dans le design, très réussi et inventif certes, de ses nazis rapiécés, et passée la surprise de la découverte de ces improbables collages (il y en a même un qui s'est apparemment fait greffer un nouveau cul) il ne reste plus rien.


Frankensteins Army 05Les tentatives d'humour gore sont malheureusement un peu poussives.


Si un jour quelqu'un veut s'amuser à "modder" un épisode du jeu vidéo Wolfenstein pour y intégrer les créations de Frankenstein vues dans le film, parfait, ce sera sûrement rigolo de shooter l'homme à tête d'hélice ou l'espèce de croisement entre une mante religieuse et un médecin de peste. Mais dans ce film, c'est du gâchis, tout est trop mauvais pour que la qualité des monstres puisse suffire à relever le niveau. Finalement c'est encore une de ces idées de court métrage dont l'auteur a cru, à tort, qu'il y avait de quoi en tirer un long. Quelques beaux "craignos monsters" ne vous consoleront pas de 80 minutes d'agacement et d'ennui et de 5€ perdus, faites-moi confiance.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 07:40

Midnight Meat TrainAprès avoir vu récemment No One Lives et Godzilla Final Wars, j'étais plus intéressé par la période "horreur à l'américaine" que par la période "portnawak à la japonaise" de Ryuhei Kitamura. Comme j'avais Midnight Meat Train qui traînait depuis des années dans ma pile de DVD à voir, ça tombait bien. A la base le film devait être réalisé par Patrick Tatopoulos, designer des créatures du Godzilla d'Emmerich. C'est peut-être à cause de ce lien commun avec le gros reptile que les producteurs ont choisi Kitamura quand ils ont viré Tatopoulos. Ou bien parce qu'en cas d'échec commercial, ils voulaient pouvoir mettre ça sur le dos d'un étranger au moment de se justifier auprès des patrons du studio. Le Français, ils auraient pu l'accuser d'avoir trop voulu faire l'intello ; le Japonais, d'être trop bizarre.

Adaptée d'une
nouvelle de Clive Barker, le papa d'Hellraiser, l'intrigue suit Leon, un photographe persuadé par une galeriste que son travail est trop sage et qu'il doit oser fourrer son objectif dans les bas-fonds de Los Angeles s'il veut obtenir des images vraiment percutantes. Une nuit, en suivant dans le métro un gang de cailleras pour les photographier, il sauve de leurs griffes une jeune mannequin... qui est portée disparue le lendemain. Décidé à élucider l'affaire lui-même, il suit la piste d'un mystérieux boucher qui emprunte quotidiennement le dernier métro. Il va alors découvrir les horreurs qui se déroulent dans ce "métro à viande de minuit" dont les passagers ne ressortent jamais.

En voilà un que j'ai acheté il y a des années et évité soigneusement depuis (oui c'est absurde mais je fais ça souvent), pensant que le rôle principal était tenu par Vinnie Jones, dont je ne suis pas spécialement fan. Mais en fait tout va bien, d'abord parce qu'il partage la vedette avec Bradley Cooper (pré-Very Bad Trip), et ensuite parce que le personnage du boucher est parfait pour lui. Quasi-muet, affichant en permanence une expression froide vaguement agacée, c'est une sorte de Terminator en costard-cravate, soigné, calme et méticuleux, un style qui tranche de façon intriguante avec ses méthodes brutales et ses pratiques sordides. Evidemment ça reste un tueur de film d'horreur, pas un personnages spécialement complexe, mais ce contraste entre son mode de vie machinal et ses activités barbares le rend raisonnablement original et intéressant. En fait, pour être honnête, les meilleures scènes sont celles où il apparaît. Enfin, à condition d'apprécier le gore, parce que quand il tape avec son gros attendrisseur, ça gicle fort.


Midnight Meat Train 01

Après Don Frye dans Godzilla Final Wars, Kitamura confirme qu'il sait utiliser à bon escient
les gros costauds au jeu d'acteur limité. Pourvu que WWE Studios lui confie un deuxième film
et un poids lourd à mettre en vedette !


Le film démarre bien, l'intrigue prend son temps pour pas qu'on sache trop vite dans quelle direction elle va partir, les seconds rôles sont de vrais acteurs (Leslie "non, je ne suis pas la grande soeur de Maggie Grace" Bibb de l'excellent Ricky Bobby roi du circuit, Peter Jacobson de Dr House, Roger Bart vu dans Hostel II, Brooke Shields...) et pas des mannequins piochés au hasard parmi les rejetés d'un casting de Destination finale 8 ou Détour Mortel 14, l'ambiance est angoissante, les scènes d'horreur sont inventives et témoignent de l'humour noir tordu dont le réalisateur ferait à nouveau preuve dans No One Lives. Ca ne donne pas l'impression de suivre un schéma classique d'histoire de psychopathe qui massacre des innocents, ça rappellerait presque Maniac de Lustig, pour cette exploration des recoins inquiétants d'une grande ville, cet aperçu du quotidien du tueur fou, cette violence crue. C'est à se demander si le lien avec le milieu de la photo d'art est un clin d'oeil, d'autant qu'en cours de film on comprend que c'était finalement un peu "gadget", ou disons un bon moyen d'établir la base de l'intrigue principale mais qui finit par virer à l'intrigue secondaire inutile.


Midnight Meat Train 02

La première image vous a peut-être mis la puce à l'oreille,
et je vous confirme que c'est, hélas, encore un film "orange et bleu".


Et c'est à cause de ce genre de chose que l'enthousiasme s'effrite au fur et à mesure, par une accumulation de détails qui fâchent, de mauvaises idées, de grosses ficelles. Ca fait de la peine, par exemple, de voir que des réalisateurs se reposent encore sur le vieux cliché du mec-qui-s'approche-silencieusement-dans-le-dos-mais-en-fait-ouf-ça-va-c'est-juste-le-copain-qui-fait-une-surprise. Quand même quoi merde, on est au 21ème siècle, ce  genre de tentative facile et paresseuse d'ajouter artificiellement du suspense en essayant de te faire sursauter pour rien, il est peut-être temps d'y renoncer, non ? Dans un autre genre, ce que j'ai cru être une fausse piste, certes pas très originale mais évoquée de façon subtile plutôt que lourdement martelée (Leon aurait-il des hallucinations ? Serait-il le véritable tueur ?), est en fait abandonné sans cérémonie, ce qui me fait me demander si je n'ai pas tout simplement imaginé tout seul un truc qui n'a jamais été dans les intentions de l'auteur.


Midnight Meat Train 03Evidemment, qui dit Clive Barker dit qu'on a droit à une scène assez gratuite de boursouflures gerbantes.


Du coup finalement le mystère se dissipe assez vite, c'est bel et bien une histoire de gens qu'on abat pour qu'ils soient consommés comme de la viande. C'est vrai que le titre est assez explicite là-dessus, enfin sauf peut-être pour des gens qui auraient fait allemand et espagnol au collège et penseraient que "meat" se réfère au trou de la bite (ce qui me fait penser que, si un producteur passe par-là, je lui fais cadeau ma super idée de film d'horreur sur un métro de minuit qui tue ses victimes en s'engouffrant dans leur trou de bite comme dans un tunnel. Me remerciez pas, ça me fait plaisir de contribuer à de l'Art). Mais bon, je ne sais pas, j'espérais que ça soit moins simple. Alors après il reste évidemment à découvrir l'identité des mangeurs d'hommes mais j'aime autant vous dire que l'explication n'est pas vraiment très intéressante, et que la conclusion est du genre qui fonctionnerait très bien pour un épisode des Contes de la Crypte, mais plutôt insatisfaisante pour un film. Et comme en plus pas mal de scènes ont un petit côté "remplissage", vraiment, je me dis que l'intrigue n'était pas adaptée à un format d'1h30 et que c'est bien dommage qu'il n'y ait plus trop de séries comme La Quatrième dimension ou Au-delà du réel (enfin, on m'a parlé de Black Mirror mais ça a l'air complètement con).


Midnight Meat Train 04Le frère de Sam Raimi nous offre une occasion de regretter que le film ne soit pas en 3D.


Alors, même si je ne me suis pas du tout ennuyé devant, l'impression qui prédomine c'est vraiment que ça aurait été bien plus percutant si ça n'avait pas été un long métrage. Il y a des scènes qui valent le coup d'oeil, des éléments originaux, du suspense, mais c'est un peu dilué dans une sorte de polar pas terrible, le genre où un civil décide de mener seul une enquête dangereuse en allant étudier des coupures de journaux à la bibliothèque, et ça se finit de façon un peu couillonne. Ca reste recommandable aux amateurs de gore bien dégueulasse, même s'ils n'aiment pas Vinnie Jones, mais No One Lives est plus réussi.

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

Goldmembers

goldmemberMC Jean Gab'1 n'est pas une putain, retiens-le bien, mais ça vous le saviez déjà. Mais d'autres gens ici n'ont pas fait leur pute, et contribué à l'effort de guerre. Grâce soit donc rendue en ces lieux à :

-Artemis
-jakbonhom
-Mahg

-Sheep Tapes
-Snowman
-Super Menteur