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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 07:40

ComedownLe cinéma d'horreur britannique n'a pas l'air au mieux de sa forme. Ce qui restait de la Hammer a été racheté par le fondateur d'Endemol, qu'on devine plus désireux d'écouler du caca sous un label prestigieux que de révéler le nouveau Christopher Lee, et les quelques trucs qui parviennent jusque chez nous en DVD, comme Doghouse ou Donkey Punch, ne sont pas bien fameux. Du coup je ne sais pas trop ce qui m'a poussé à acheter Comedown, en dehors du fait qu'il y avait une offre "2 films pour 20€" au supermarché et qu'il me fallait un autre DVD pour accompagner celui que je voulais vraiment. C'est fou le fric que je peux gaspiller avec ces promos à la con.

En théorie, le film pourrait être une variation un petit peu originale autour du thème usé des jeunes qui s'isolent dans un trou perdu pour faire la fête et se font éventrer par un quelconque équarrisseur en goguette : ici, pas de gosses de riches en route pour une maison de campagne, mais une bande de petits prolos rosbifs qui squattent un immeuble abandonné et découvrent qu'ils n'y sont pas seuls. Bon enfin ça n'est pas non plus spécialement novateur hein, c'est déjà un peu ça dans See No Evil voire La Horde. Mais disons qu'il me semble que les HLM insalubres d'outre-Manche sont un décor de simili-Vendredi 13 sensiblement moins courant que la campagne américaine. Le point de départ de l'intrigue est, en revanche, assez banal : le DJ d'une radio pirate paye un groupe de copains pour aller installer une antenne au dernier étage de la tour où ils ont grandi. Munis d'une quantité respectable de substances récréatives diverses, ils décident d'en profiter pour passer la nuit dans le bâtiment, désormais condamné, et fêter la sortie de prison de l'un d'eux. Ils ignorent que deux membres d'une bande rivale sont déjà sur place, et pire encore, qu'un mystérieux inconnu vit toujours là et capture ou exécute ceux qui s'aventurent sur son territoire.


Comedown 01Ceux qui ont vu le malheur de voir Phénomènes se rappelleront peut-être de ses plans insistants
sur des arbres, censés faire flipper, "hou hou attention, les arbres !", ici on a droit à la même chose
avec un immeuble. Attention, attention, regarde l'immeuble comme il est inquiétant, t'as peur hein ?


Il s'écoule une demi-heure avant qu'il se passe quoi que ce soit d'autre que "cinq petits cons tous plus ou moins antipathiques s'insultent, fument des joints et boivent des bières", ce qui n'est pas vraiment idéal pour motiver un spectateur à rester regarder jusqu'au bout. Pour ne rien arranger, on a droit à la série des "fausses alertes" pour film d'horreur paresseux qui essaie de te faire sursauter sans se fouler, les "ah non en fait c'est juste un rat", le pote qui surgit de nulle part pour faire une blague, le mec qui tombe mais ça va il a simplement trébuché, l'inconnu au détour d'un couloir mais c'est pas lui le méchant, etc. Ca peut être efficace... un peu facile hein, mais efficace... si y a déjà un peu de suspense et que le public est bien tendu sur son siège, prêt à bondir, mais ici ça souligne plutôt cette désagréable impression qu'en dehors du fait qu'à un moment ils ont eu peur d'une bestiole, il ne s'est toujours rien passé alors qu'on est en train d'arriver mollement à un tiers du film déjà.


Comedown 02Bien entendu, la seule du groupe à se souvenir qu'elle a un téléphone portable
commence par l'utiliser comme lampe-torche au lieu d'appeler du secours.


La suite n'est pas beaucoup plus intéressante, les personnages s'isolent un par un pour des raisons discutables et se font serrer par le méchant tueur, qui a différentes armes improvisées et pièges à sa disposition pour se débarrasser d'eux. Ca n'est jamais ni malin ni inventif, on se doute très vite de l'identité du psychopathe, son mobile est ridicule et l'idée même qu'il s'était préparé à la venue de ses futures victimes ne tient pas debout. Tout est d'une grande platitude, idiot et sans surprise (si vous décidez de le regarder quand même, au bout de 10 minutes notez l'ordre dans lequel vous pensez que les personnages vont mourir, à la fin du film vous verrez que vous avez tout bon), et même le décor, qui aurait pu être un moyen d'apporter un peu d'originalité au film, est exploité plutôt bêtement. Pour couronner le tout, les spectateurs qui arriveront à tenir jusqu'au bout de ces 90 minutes d'ennui seront récompensés par un épilogue absurde qui achève de donner l'impression qu'on est face au travail d'un amateur dont l'ambition se limite à régurgiter les clichés des films qu'ils consomme, pour faire comme les vrais.


Comedown 03

Même les exécutions manquent d'imagination.
Jason Voorhees doit se retourner dans sa tombe.


Il y a des films tellement ratés qu'ils en amènent à reconsidérer l'opinion négative qu'on a pu avoir sur d'autres du même genre qui, d'un coup, ne paraissent plus si mauvais en comparaison. Comedown, hélas, en fait partie. J'évoquais See No Evil il y a quelques paragraphes ; ça reste un slasher plutôt médiocre mais par rapport à celui-ci, d'un coup on se dit qu'il est quand même dans le dessus du panier de l'horreur bas-de-gamme. Si vous faites une soirée entre potes et que vous avez besoin, vers 3 heures du matin, après avoir épuisé le stock de bons DVDs, d'un dernier film devant lequel tout le monde pourra s'endormir sans regret, nul doute que Comedown fera l'affaire, mais à cette heure-là il y aura sûrement un Crocoshark vs Anacondasaurus sur NRJ12 qui ne vous coûtera pas 10€.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 08:10

The Loved OnesJe sais qu'il y a de quoi se méfier quand le seul argument qu'un éditeur de DVD trouve pour vous convaincre d'acheter son film, c'est qu'il met en vedette un second rôle d'une suite de Twilight. Mais ne partez pas tout de suite. Ce premier long métrage d'un réalisateur/scénariste australien a plus à offrir qu'une jeune bellâtre chevelu : une tentative de faire quelque chose d'un peu original à partir d'éléments plus qu'usés du cinéma d'horreur. Les jeunes qui vont au bal de fin d'année, les ados marginaux qui pètent les plombs, les maisons isolées à la campagne, les familles de dégénérés, les humains réduits à l'état de bêtes, la séquestration par des fous qui espèrent se faire aimer de leurs victimes, la torture... Et avec une dose d'humour noir sans pour autant verser dans la parodie, l'ironie, ou le "méta", comme disent les jeunes, façon La Cabane dans les bois ou Derrière le masque. Ce qui est plutôt cool. Comme disent les jeunes.

C'est l'histoire d'une fille, qui pour une fois n'est pas "la grosse" ou "la moche" du lycée mais "la fille bizarre", qui invite au garçon au bal de promo, et il lui dit non, pour une fois pas parce que c'est "le gros enculé frimeur qui se tape que les pom pom girls", mais parce qu'il a déjà une copine. Comme elle est tarée, elle envoie alors son père (qui est bien atteint lui aussi) pour le kidnapper. Le pauvre gars se réveille ligoté à une chaise, attablé pour un dîner cauchemardesque lors duquel ses hôtes le mutileront à la moindre contrariété...


The Loved Ones 03The Loved Ones propose une galerie de personnages abimés ou tordus
qui changent agréablement des clichés comme "la fille pure", "la grosse cochonne",
"l'obsédé sexuel", "le farceur débile", "le beau gosse sportif" ou "le psychopathe masqué".


Le synopsis peut paraître assez banal, mais l'auteur parvient néanmoins à insuffler de la personnalité à son film, à emmener l'histoire là où on ne l'attend pas forcément, à s'affranchir des stéréotypes du genre pour rendre ses protagonistes un peu plus humains et ses méchants plus singuliers, et jouer avec les attentes du spectateur. Il a une façon assez habile de mettre certains éléments en place l'air de rien avant de les utiliser plus tard, de lever le voile petit à petit sur l'ampleur de ce qui se passe dans cette maison de fous et sur le fait que tout cela ait des ramifications qui touchent plus de personnages qu'on ne pourrait le penser. Bon alors après si je commence à trop en dire, ça gâche un peu, donc je vais éviter d'entrer dans les détails (même si ça n'est pas un film à la M. Night Shyamalan, qui miserait tout sur un gros coup de théâtre). Mais vraiment, à défaut d'être aussi atypique qu'un film comme The Human Centipede, c'est une variation autour d'un schéma à la Massacre à la tronçonneuse un peu plus audacieuse que Frontière(s).


The Loved Ones 01Le réalisateur sait mettre le public mal à l'aise avec d'autres armes que l'horreur et le suspense,
comme ici avec la tension sexuelle qui règne entre le père et sa fille.


The Loved Ones ne manque pas d'humour noir, et même s'il se trouve plutôt dans des petites choses discrètes (comme lorsque le père cogne dans un arbre en poursuivant en voiture le jeune homme qui s'enfuit, et prend le temps de vérifier qu'il n'a pas esquinté sa carrosserie avant de continuer sa traque) que dans des gros gags, ça participe pas mal au charme de l'ensemble. Mais si vous préférez quand le cinéma d'horreur verse un peu dans la satire sociale, vous le trouverez sans doute un peu creux, et si l'ambiance rigolote et fantasmagorique d'un Freddy vous convient mieux que la brutalité crue d'un Saw, les sévices que s'infligent les uns et les autres à coups de marteau, couteaux ou perceuse risquent de vous rebuter. Ca n'est pas excessivement gore (ça mise d'ailleurs presque plus sur les bruitages que les images) mais c'est bien violent.


The Loved Ones 02C'est le genre de scène qui est toujours plus dure à encaisser que quand
c'est Jason Voorhees qui trouve une nouvelle application à un accessoire de jardinage.


Un scénario malin (à l'exception d'un rebondissement inacceptable : le héros qui défait ses liens avec la lame de rasoir que ses ravisseurs ont négligé de lui confisquer !), de bons personnages (il faut avouer que c'est rarissime dans le cinéma d'horreur moderne), des efforts pour sortir des sentiers battus, voilà qui change agréablement des débutants qui décident de commencer leur carrière avec un putain de film de zombies. Ca n'est pas un chef-d'oeuvre ou un futur classique, mais ce n'est pas un achat qu'on regrette quand on est amateur du genre et qu'on le trouve en DVD pas cher.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 07:35

Ghost PokerCa faisait longtemps que je m'étais plus maté un film d'horreur sans zombies. En choisir un signé Charles Band n'était pas forcément la meilleure façon de s'y remettre mais disons que j'ai fait semblant d'espérer que la présence de Sid Haig et Michael Berryman au générique relèverait un peu le niveau habituel des productions Full Moon Features. Heureusement que je n'ai que fait semblant, d'ailleurs, parce qu'espérer pour de vrai aurait été bien naïf.

Le scénariste de Gingerdead Man raconte ici les mésaventures d'un jeune homme qui vient d'hériter d'un casino abandonné et qui l'explore avec son groupe de potes sans se douter que les fantômes de gangsters abattus 40 ans plus tôt hantent encore les lieux. Ayant l'intention de retaper et rouvrir l'établissement, ce qui ne devrait pas être trop difficile vu que même si tout est recouvert d'une quantité invraisemblable de toiles d'araignées, rien n'a été cassé/volé/squatté et il y a encore l'eau courante et l'électricité (les lumières sont même encore allumées dans certaines pièces quand ils arrivent, mais parfois ils utilisent quand même des torches parce que c'est plus inquiétant comme ça), la bande reste dormir sur place, mais la nuit est interrompue par des apparitions. Et l'un après l'autre, les six amis se retrouvent forcés de participer à des jeux mortels par les anciens occupants du casino.

Visiblement torché vite fait pour surfer sur la vague du poker, le film peut se targuer de prouver que même quand on pense que Full Moon Features a touché le fond, ils peuvent encore creuser pour arriver plus bas. Bon, comme toujours, l'image est dégueulasse, la majorité des acteurs sont des habitués des productions de Charles Band (on retrouve entre autres l'héroïne de Gingerdead Man et une des filles de Doll Graveyard), les têtes d'affiche n'ont pas plus de dix minutes de présence à l'écran et cachent mal leur ennui... Là-dessus, pas de surprise, mais Ghost Poker atteint de nouvelles profondeurs dans des domaines où ses prédécesseurs n'étaient déjà pas bien fameux. Les rares effets spéciaux semblent tirés des poubelles du studio, mais surtout le scénario, à la fois basique et incohérent, est encore plus crétin que de coutume.


Ghost Poker 01Un masque qui semble avoir été récupéré parmi les accessoires de Gingerdead Man...
Ghost Poker 02

...et une marionnette pouilleuse nous rappellent que le temps de Puppet Master est loin derrière nous.


 Pourquoi les fantômes tuent-ils certaines de leurs victimes dès qu'ils les croisent, alors qu'à d'autres ils proposent de mettre leur vie en jeu dans des jeux du casino ? Surtout s'ils comptent tricher pour les tuer quoi qu'il arrive ? Pourquoi le chef des fantômes, dont la motivation principale est de se venger de celui qui l'a abattu en éliminant son héritier, choisit-il non seulement de l'épargner alors qu'il a une occasion en or de le buter, mais de lui révéler l'existence d'un trésor ? Pourquoi dit-il qu'il va le laisser chercher le trésor pendant qu'il "s'amuse" avec sa copine... avant de les relâcher tous les deux ? Pourquoi prendre le temps de nous révéler qu'une des filles est lesbienne et craque pour la pouffe de la bande... puis ne rien faire du tout avec ce nouvel élément ? Au moment de la traditionnelle scène-des-portables-qui-captent-pas, le réalisateur avait déjà oublié que deux minutes plus tôt il venait de montrer qu'ils fonctionnaient parfaitement ?


Ghost Poker 03Berryman et Haig cachetonnent pendant deux scènes qui ne parviennent pas à réhausser l'intérêt du film...

Ghost Poker 04...tandis que les suspects habituels de Full Moon Features se font éliminer un par un
dans des scènes sans la moindre originalité.


Bref, c'est clairement pas destiné à être suivi pour de vrai, c'est pour les gens qui veulent un bruit de fond pendant qu'ils s'endorment, ou pour délirer devant entre couillons après absorption d'une quantité respectable de substances récréatives. Mais malgré une ou deux idées un peu rigolotes (le rocker impuissant qui demande à sa nana de faire du bruit quand même pour préserver sa réputation d'étalon... oui je sais être bon public parfois) c'est certainement pas regardable en tant que vrai film d'horreur ni comme un nanar qui serait marrant même à jeun. Et vu que ça n'est qu'une bête histoire de maison hantée ça n'a même pas l'attrait d'être basé sur une idée farfelue comme Gingerdead Man ou Evil Bong. Ca ne mérite vraiment pas de gâcher le moindre centime (ni 1h15 de sa vie) dessus.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 08:56

Meutres a la Saint ValentinJe vous ai parlé il y a deux ans du remake en 3D, mais je n'avais jamais vu le Meurtres à la Saint-Valentin original d'il y a trente ans. Il faut dire qu'il est un peu plus difficile à trouver. Les éditions disponibles en France et au Bénélux présentent différentes jaquettes mais ne proposent malheureusement que la version cinéma censurée ; pour ceux qui seraient curieux de voir l' "édition spéciale", plus sanglante, sortie en DVD Zone 1, j'espère que vous êtes riches parce que les petits enfoirés qui la vendent en ligne n'hésitent pas à en demander une centaine d'euros. Les radins comme moi et les gens raisonnables se contenteront du montage de 1981 qui peut se dénicher pour 2€, mais soyez prévenus que si vous cherchez du gore pour votre 14 février horrifique, ce n'est pas ce film-là qui satisfera votre soif de sang, malgré ce que son titre anglophone peut laisser croire.

Située dans une petite ville minière du Canada au nom prédestiné de Valentine Bluffs, l'histoire paraîtra familière à ceux qui ont vu le film de 2009, bien qu'elle ne soit pas tout à fait identique. Il y est évidemment question de la fête des amoureux, qui n'était plus célébrée par les habitants depuis une série de meurtres commis une vingtaine d'années plus tôt à cette date par un mineur devenu fou, Harry Warden. Ignorant que l'hôpital psychiatrique où il est censé être intérné n'a plus de ses nouvelles, la municipalité décide qu'il est temps d'oublier Harry et organise un grand bal pour le 14 février. Quand le maire reçoit un coeur humain accompagné d'une carte de St-Valentin lui intimant l'ordre d'annuler les festivités, le doute survient : et si Harry Warden était de retour ? Mais les jeunes du coin ont trop envie de s'amuser pour croire à ce qu'ils considèrent comme une vieille légende, et l'homme en combinaison de mineur qui rôde en ville continue donc à massacrer la population avec sa pioche...


Meurtres a la Saint Valentin 04Le fait que n'importe quel homme ou femme puisse se cacher sous le déguisement
d'Harry Warden est établi assez astucieusement dès le début.


Autant être honnête tout de suite, j'ai été un peu déçu. Puisque quelqu'un s'est donné la peine d'en faire un remake, j'espérais que ce soit un genre de "classique oublié", mais au final c'est un petit film d'horreur pas désagréable mais assez dispensable. Je comprends qu'il ait pu marquer les esprits à l'époque, mais les années l'ont moins épargné que ses sources d'inspiration comme La Nuit des Masques ou le premier Vendredi 13. En fait la réédition de l'original et le film de 2009 doivent probablement leur existence à Tarantino qui, pendant le tournage de Boulevard de la Mort, avait déclaré que Meurtres à la Saint-Valentin était son slasher préféré. Vous savez comment les esprits s'excitent dès que Tarantino se penche sur quelque chose depuis qu'il est célèbre. Il rend hommage aux pulp magazines, Jean-Bernard Pouy lance Le Poulpe. Il dit qu'il aime Kitano, ses films se retrouvent finalement exportés en Occident des années après leur sortie au Japon. Il fait Kill Bill, son public bobo qui en temps normal n'aurait jamais regardé un Jackie Chan est soudain incollable sur Les 112 Tigres Shaolin contre l'Empire des Ninjas ou La Hyène du Kung Fu défie les 5 Sabres Magnifiques. Il pastiche le cinéma bis d'il y a 40 ans, tous les réalisateurs amateurs fauchés veulent faire du "grindhouse" eux aussi. Il dit qu'il aime Meurtres à la Saint-Valentin dont presque personne ne se souvient, Lionsgate produit une nouvelle version. Je vous laisse deviner si cette année, le film de Sergio Corbucci réédité en DVD a été Un drôle de flic avec Terrence Hill ou Django.


Meurtres a la Saint Valentin 02Evidemment qui dit film avec une mine lugubre dit baston en wagonnets, c'est obligatoire.


Bon enfin je dévie, là. C'est donc un film pas mal foutu et avec quelques idées originales, principalement liées à son cadre. Le décor de la mine est limité mais original, le fait que costume du tueur soit l'habit de travail le plus courant en ville permet de faire porter les soupçons sur à peu près n'importe qui (même si aucun personnage ne semble douter du fait qu'il s'agisse d'Harry Warden), et ce n'est pas si courant de voir des "cols bleus" en vedettes de ce genre de film. A ce sujet on peut aussi ajouter que des protagonistes avec des physiques aussi banals, dans le cinéma d'horreur moderne, ça n'existe plus. Par contre il faut reconnaître que depuis 81, pas mal d'éléments du film sont devenus des clichés moisis... L'idée que tout le monde va être puni pour avoir simplement voulu s'amuser, les couples qui s'isolent pour baiser et qui se font charcuter, le groupe qui se sépare même après que tout le monde sait qu'il y a un fou armé qui rôde dans les environs... Au bout du compte le film a tout de même le minimum de personnalité requis pour qu'on n'ait pas trop l'impression de l'avoir déjà vu mille fois, mais ça n'est pas aussi singulier qu'un Christmas Evil par exemple.


Meurtres a la Saint Valentin 01Les acteurs n'ont pas trop fait carrière après ça, mais vous amèneront probablement à vous poser
tout au long du film des questions comme "Tiens je me demande si c'est
le grand frère de Rufus Sewell/la mère d'Ellen Paige/l'oncle de Seann William Scott."


J'aurais été plus enthousiaste s'il y avait eu l'ambiance ou le suspense de Maniac, ou les tueries comiques d'un Jason X. Mais l'intrigue est un peu trop linéaire, et la censure un peu trop castratrice. Tous les meurtres ont été aseptisés, ce qui n'aurait pas été grave si on avait été face à un thriller haletant ou si ça avait résulté d'un choix délibéré de mise en scène, mais qui du coup ici laisse un peu sur sa faim. Et avec ça, le film est presque plus intéressant pour son énigme policière sur l'identité du mineur masqué (à la résolution un peu foireuse et bâclée, d'ailleurs) que pour son aspect horrifique. J'ajoute qu'il rate une bonne occasion de se démarquer de ses concurrents puisqu'après avoir commencé en s'éloignant du traditionnel schéma "sexe = châtiment" en donnant un motif presque politique aux meurtres de la St-Valentin (un prolo se venge des patrons qui les ont laissés crever lui et ses collègues), l'intrigue prend ensuite une tournure plus banale qui abandonne complètement l'opposition riches/pauvres.


Meurtres a la Saint Valentin 03Les moments les plus affreux sont toujours brefs et abruptement coupés.


Ca n'est pas un mauvais film, on n'a pas le temps de s'ennuyer en 1h25, on peut l'apprécier même si on a déjà vu le remake, mais il a trop de défauts pour être vraiment s'imposer comme un modèle du genre à redécouvrir d'urgence. Il a simplement su s'inspirer des séries B à succès de son temps sans se contenter d'être une copie insipide, ce qui est déjà mieux que quelque chose comme Mortelle St-Valentin, certes, mais pas suffisant pour recommander chaudement l'achat du DVD. Si vous avez l'impression d'avoir déjà fait le tour des grands noms du slasher et que vous êtes accro au genre, c'est sûr qu'il vaut mieux se pencher sur My Bloody Valentine que sur des merdes infâmes à la The Fear, mais si vous n'êtes que modérément attiré par les histoires de tarés avec des instruments pointus qui poursuivent des jeunes gens dans des recoins sombres, vous pouvez éviter celui-ci sans craindre une lacune grave dans votre culture cinématographique.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:42

Mortelle St ValentinHalloween et Noël ne sont pas les deux seules fêtes du calendrier à inspirer les auteurs de films d'horreur. La Saint Valentin a donné lieu elle aussi à son lot de slashers. Alors, pour ceux d'entre vous qui ne vont pas pécho ce 14 février, je me suis dit que j'allais en tester quelques-uns, comme ça vous pourrez peut-être vous faire une soirée DVD à la place. L'an prochain, soyez gentils, essayez de pécho, parce qu'il n'y a pas vraiment une quantité inépuisable de films sur le thème des tueries à la fête des amoureux.

Tiré d'un obscur roman policier (Le Meurtre de la St-Valentin, de Tom Savage), tourné par le réalisateur d'Urban Legend et écrit par un mélange de scénaristes de Peur bleue (le film de requins avec Ice Cube, pas l'adaptation de L'Année du loup-garou de Stephen King) et de la série Beverly Hills, Mortelle St-Valentin fait partie de ces films d'horreur sortis dans le sillage de Scream, des produits de studio pour lycéens, avec un casting de jolis visages interchangeables réunis autour de quelques idoles des ados (ici, Denise Richards) et vedettes de la télé (David Boreanaz, Katherine Heigl), dont l'une servira de première victime pour faire croire que tout peut arriver et que les derniers survivants ne seront pas forcément les acteurs les plus connus. Ca remonte à 2001, on approchait de la fin de cette ère-là ; entre les zombies, les remakes et les films dans la mouvance Saw, on n'en fait plus trop des comme ça, de nos jours.


Mortelle St Valentin 02Malgré la présence de Denise Richards qui, grâce à Starship Troopers et Sex Crimes,
était LA petite actrice sexy en vogue à l'époque, le film est plutôt frileux,
surtout pour un film sur la fête des amoureux.


Le prologue montre un collégien louzeur, Jeremy Melton, se faire jeter par différentes filles, puis maltraiter par ses condisciples à un bal de fin d'année pour avoir osé embrasser "la grosse" (une grosse à l'hollywoodienne, c'est-à-dire que dans la vraie vie sa qualification oscillerait entre "normale" et "un tout petit peu potelée") de la classe. Une bonne dizaine d'années plus tard, personne ne sait trop ce qu'il est advenu de Jeremy mais les filles, y compris l'ex-"grosse", sont toutes restées copines. Toutes plus ou moins célibataires, elles participent à des soirées "turbo-dating" où elles n'hésitent pas à éconduire impitoyablement leurs prétendants. L'une après l'autre, elles reçoivent des cartes de St-Valentin macabres et menaçantes signées "JM". Lorsque l'une d'elles est retrouvée assassinée après un "turbo-dating" avec un certain Jason Marquette, la police soupçonne évidemment ce "JM", mais les filles pensent plutôt à Jeremy Melton, et le spectateur qui en a vues d'autres se doute vite que le film lui réserve un coup de théâtre aussi prévisible que peu vraisemblable.


Mortelle St Valentin 01Ci-dessus, une fille obèse vue par Hollywood.


Le thème de la Saint Valentin n'a pas encore été surexploité par le cinéma d'horreur, et une ou deux scènes de suspense (comme le premier meurtre) fonctionnent pas trop mal. Mais c'est à peu près tout ce qu'il y a de gentil à dire sur Mortelle St-Valentin qui, à part ça, est un film idiot et sans grande originalité. Le scénario est plutôt mince et aligne des situations déjà vues (et tournées en dérision) mille fois, les meurtres sont banals, les quelques fausses pistes sont si timidement explorées qu'on n'a jamais vraiment de doutes sur l'identité du tueur masqué, il n'y a pas vraiment de personnage intéressant. Je me suis pas endormi devant mais j'ai passé la plupart des 90 minutes à me dire que je ferais mieux de faire autre chose. Si j'étais tombé dessus à la télé au lieu de l'avoir acheté en DVD, j'aurais probablement zappé avant la fin. C'est pas le pire de la catégorie "film de psychopathe dangereux qui tue de beaux jeunes gens à des soirées pour beaux jeunes gens" mais il manque terriblement de saveur et c'est un peu décevant de la part des auteurs du sympathique Peur bleue.


Mortelle St Valentin 03Bon j'avoue, l'arc et les flèches, l'arme la moins pratique du monde pour un serial killer,
Mortelle St-Valentin en a eu l'idée une dizaine d'années avant le remake de Vendredi 13.


Le truc qui peut, à la rigueur, susciter une toute petite curiosité vis-à-vis du film, c'est l'aspect "capsule temporelle de l'an 2000". Ca peut être rigolo de voir des trucs qu'on a connus y a pas si longtemps et qui ont déjà disparu, ou se sont complètement transformés, ou sont un peu tombés en désuétude. Ici, on a les téléphones portables de 2 kilos. Le speed dating, cette mode aujourd'hui enterrée par les sites de rencontre. La carrière cinématographique de David Boreanaz, qui à l'époque avait le vent en poupe grâce à Buffy, et qui est retourné à la télé peu après. Des groupes comme Static-X, les Deftones ou Filter sur la bande originale. Voilà. Si vous avez connu tout ça quand vous étiez un connard de jeune, ça pourra vous faire marrer de les revoir dans Mortelle St-Valentin. Sinon, pour quelqu'un qui a déjà vu quelques slashers dans sa vie, c'est pas vraiment le genre petite perle oubliée à redécouvrir. Pas sûr que ça méritait les 4€ que j'ai payés pour le voir.

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 09:09

2e sous solJ'espère que vous avez tous lu avec intérêt l'interview de David Law l'autre jour, réalisée à l'occasion de la sortie mercredi prochain du remake de Maniac réalisé par Franck Khalfoun et écrit et produit par Alexandre Aja et Grégory Levasseur. Histoire de marquer le coup encore un peu plus, je me suis dit que j'allais voir le premier film du même trio, 2ème sous-sol, un thriller qui à ma connaissance n'a pas vraiment fait une super carrière par chez nous et qu'on trouve facilement sur le net pour pas grand'chose. En plus, l'action se déroule le soir du 24 décembre, ce qui vous en conviendrez en fait un sujet de discussion idéal à cette époque de l'année.

Rachel Nichols (Scarlett dans GI Joe et la meuf à Conan dans le dernier Conan le Barbare) joue Angela, une employée d'un cabinet d'avocats trop prise par son boulot, et qui se retrouve à travailler tard au réveillon. Alors qu'elle quitte enfin les locaux pour retrouver sa famille, elle est chloroformée et séquestrée par Tom, le vigile du parking, un déséquilibré amoureux d'elle et apparemment inconscient de la gravité de ses actes, et qui semble persuadé que vivre une nuit traumatisante ensemble est une épreuve qui les rapprochera tous les deux. Angela, assez peu enthousiaste à l'idée de passer Noël enchaînée dans un sous-sol avec un inconnu aux tendances meurtrières, va tenter de s'échapper, mais malheureusement pour elle, Tom a bien préparé leur petite fête en tête-à-tête et ses tentatives d'évasion ne mènent jamais bien loin...


2eme sous sol 02Le vigile porte le costume rouge quelques temps alors vous m'autoriserez
à mettre le film dans ma liste des films de Noël, MERCI.


Probablement adepte de la devise "moins, c'est plus", le trio Khalfoun-Aja-Levasseur concocte un très bon petit huis clos nerveux, au suspense intense, avec le minimum d'ingrédients : deux personnages, un lieu, un postulat de départ tout simple. Le tout habilement exploité par le scénario et la mise en scène, et servi par des acteurs convaincants. Wes Bentley, dont je n'attendais pas grand'chose après sa prestation dans Ghost Rider, campe assez sobrement un méchant original, clairement givré mais qui passe le film à essayer de se convaincre lui-même en même temps que sa prisonnière que tout est normal, que tout va bien se passer, et qu'à la fin de la nuit ils formeront un couple heureux. Face à lui, Rachel Nichols évite d'être "la jolie nana à gros seins qui hurle et sanglote en réagissant toujours à toutes les situations de la façon la plus absurde possible pendant 1h15" ; son personnage est banal mais crédible, et au fil de ses mésaventures gagne haut la main ses galons de fille "qui en a" sans pour autant virer superhéroïne. Le rôle ne marquera clairement pas autant l'histoire du cinéma que la Ripley des Alien ou même que Laurie dans Halloween, mais renoue avec la tradition des protagonistes de cinéma de films d'horreur qu'on a vraiment envie de voir s'en sortir parce qu'ils l'ont bien mérité, ce qui change agréablement des héros insipides ou insupportables de chez Eli Roth ou la série des Saw.


2eme sous sol 05Les amateurs de gore apprécieront quelques scènes particulièrement sanglantes,
ceux qui n'aiment pas trop ça seront soulagés de savoir qu'elles sont rares.


2ème sous-sol ne se prive pas de réutiliser quelques clichés du genre, comme le portable qui capte pas (mais dans un parking souterrain c'est à peu près plausible), le tueur qui sort de nulle part à la dernière minute alors que techniquement il n'avait ni le temps de débarquer si vite ni la possibilité d'approcher sans se faire remarquer, l'objet d'une importance vitale qui tombe des mains au pire moment possible ou la blessure grave dont on se remet en 30 secondes (bon allez, elle boitille un peu, pour une morsure de rottweiler au mollet ça paraît bénin). Mais il n'en abuse pas et, dans l'ensemble, privilégie des situations et rebondissements plausibles. La fille réessaie d'appeler les flics chaque fois qu'elle trouve un téléphone, le mec n'a pas une force ni une résistance surhumaine, aucun ne met au point de piège super sadique pour se débarrasser de l'autre. Le suspense est donc d'autant plus prenant qu'on arrive à croire à l'histoire qui se déroule sous nos yeux, là où quelque chose comme le remake de I Spit on Your Grave apparaît complètement factice tout en voulant se donner des airs réalistes genre "c'est super sordide parce que la vraie vie est vraiment dégueulasse comme ça".


2eme sous sol 03Même armée, Angela préfère la furtivité plutôt que de se jeter sur son geôlier
pour le massacrer à la hache, parce que dans la vraie vie tout le monde n'est
pas forcément prêt à commettre des meurtres horribles, même en légitime défense.


Le score du film sur Rotten Tomatoes est étonnamment bas, les critiques lui reprochant principalement son côté "déjà vu". Et c'est vrai que c'est pénible quand un film a l'air intégralement repompé sur d'autres mais en moins bien, mais ça n'est pas du tout le cas de celui-ci. Certes, 2ème sous-sol ne réinvente pas le classique jeu du chat et de la souris, mais c'est un film malin, tendu, bien ficelé, plein d'humour noir, qui fait plutôt honneur à son genre. Je ne dis pas que vous en ferez des cauchemars pendant trois semaines ou que tout est imprévisible de bout en bout, mais c'est un thriller horrifique réussi et qui laisse espérer une carrière intéressante pour Franck Khalfoun et donne encore plus envie de voir sa version de Maniac. Pour un DVD qu'on trouve facilement à pas cher, ça vaut largement le coup.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 08:07

Douce nuit sanglante nuit 1 et 2Bon, ces dernières semaines j'ai fait une petite pause sur les films d'horreur histoire de souffler après le marathon d'octobre, mais là je sais pas si vous avez remarqué mais ça va être Noël, et du coup il est l'heure des désormais traditionnelles chroniques de films de Père Noël tueur. Savourez bien hein parce que cette année j'ai que ce pack de deux films en stock et après c'est tout donc bon, voilà.

Bien qu'il soit un peu retombé dans l'oubli, Douce nuit sanglante nuit est sans doute le plus connu de sa catégorie, probablement à cause du scandale provoqué à sa sortie. Christmas Evil quelques années plus tôt était passé complètement inaperçu, mais là, ça a choqué qu'on décide de vêtir un tueur psychopathe d'un costume de Papa Noël, c'était inimaginable que quelqu'un ose ça à l'époque, et ça lui a permis de se tailler une petite réputation sulfureuse qui a apparemment suffi à justifier la sortie d'une floppée de suites en vidéo. Alors, maintenant que l'aspect "blasphématoire" de la chose apparaît évidemment bien dérisoire, que reste-t-il du film de feu Charles Sellier (Grizzly Addams) (mais si, la vieille série télé sur le trappeur barbu, bande de jeunes incultes), producteur prolifique, dont ce fut là l'une des rares réalisations ? Un petit thriller horrifique injustement décrié ou une vieille merdouille périmée ? Swift, un éditeur au catalogue assez peu prestigieux certes mais qu'on peut tout de même remercié d'avoir distribué en France le merveilleusement bizarre Sex Addict, nous permet aujourd'hui de le redécouvrir en même temps que sa première suite.


Douce nuit sanglante nuit 01Les connaisseurs reconnaîtront Linnea Quigley
dans le genre de rôle qui a fait son petit succès dans les bas-fonds de la série B.


La saga commence évidemment un 24 décembre alors qu'une gentille petite famille est en route pour une fête de réveillon. Un criminel en cavale déguisé en Père Noël arrête leur voiture et abat les parents, expédiant du même coup deux petits garçons dans un orphelinat dirigé d'une poigne de fer par une Mère Supérieure acariâtre dont les punitions achèvent de traumatiser l'aîné des gamins. Une fois en âge de travailler et alors que le voilà devenu le genre de grand costaud qui aurait largement la force d'équarrir des gens si l'envie lui prenait de virer tueur psychopathe (je dis ça comme ça hein, c'est un exemple), il est embauché comme magasinier chez un marchand de jouets où il est également amené à endosser l'habit rouge de son ennemi d'enfance, ce qui ne va pas sans causer quelques troubles dans son esprit tourmenté. Et lorsqu'il découvre que la petite collègue qui le fait craquer n'est pas aussi "sage" qu'il l'espérait, le voilà pris d'une folie meurtrière qui le pousse à "punir les méchants" à la hache, généralement en criant "CHÂTIMENT !".


Douce nuit sanglante nuit 02Il varie un peu les accessoires, mais dans ce domaine il n'a pas l'éclectisme d'un Jason Voorhees.


Douce nuit sanglante nuit adapte grosso modo La Nuit des masques à une nouvelle date du calendrier. Il en reprend quelques grandes lignes, un enfant qui devient taré, des gens qui se retrouvent découpés à l'arme blanche pour avoir voulu baiser, il y a même un rôle assez similaire (bien que beaucoup plus limité) à celui du Dr Loomis avec la gentille bonne soeur qui essaie de prévenir la police locale que son ancien protégé risque de faire un massacre si on ne l'arrête pas (mais évidemment, le temps que quelqu'un la prenne au sérieux, il est trop tard). Et c'est assez rigolo de se dire que le remake raté de Rob Zombie a quant à lui repris l'idée de Douce nuit sanglante nuit qui consiste à employer la moitié du film à fournir une explication rationnelle à la maladie mentale de son assassin (au lieu d'être raisonnable et de boucler ça en 5 minutes comme dans See No Evil). Alors malheureusement, au final c'est pas spécialement bien écrit, mis en scène et interprété, on ne peut pas dire qu'il y ait vraiment un suspense haletant, et pour un spectateur de 2012-bientôt-2013 il n'y a pas grand'chose d'original à voir (à part peut-être le moment où le héros, encore enfant, met un Père Noël KO d'un seul grand coup de poing dans la gueule). C'est pas hyper mauvais et y a pas mal de plans nichons, ce qui n'est pas désagréable, mais ça se situe à peu près au niveau du remake de Black Christmas qui, si vous vous rappelez bien, était le moins intéressant de ma sélection des films d'horreur de Noël de l'an dernier.


Douce nuit sanglante nuit 2 03Heureusement, le frère du Père Noël est là pour arranger les choses.


Cela dit, le visionnage du premier épisode permet de mieux apprécier le côté nanaresque de sa suite, sobrement intitulée Douce nuit sanglante nuit 2, puisque celle-ci s'ouvre sur près de 40 minutes d'images de l'original remontées dans le désordre et avec un narrateur en voix off. Et attention hein je ne veux pas dire par-là que les nouvelles péripéties sont repompées sur les précédentes comme c'est le cas dans plein de suites de films d'horreur, ou que pour être raccord, des flashbacks reproduisant à l'identique des scènes du 1 ont été tournées avec les acteurs du 2 comme ça se fait parfois. Je veux dire par-là qu'il y a vraiment la moitié de Douce nuit sanglantes nuit dans Douce nuit sanglante nuit 2. Cette fois, c'est le petit frère qui est devenu cinglé et qui, après son arrestation, raconte les méfaits de son aîné à un psy censé lui éviter la peine capitale. C'est complètement absurde (il connaît tous les détails d'événements auxquels il n'a pas assisté) et c'est un énorme foutage de gueule, mais que ce soit le fruit d'une incroyable candeur ou d'une audace prodigieuse, ça donne tout de suite quelque chose d'admirable au film, si tant est qu'on soit féru de série Z bien entendu.


Douce nuit sanglante nuit 2 01"Je t'empale avec un parapluie et je l'ouvre",
un bien beau meurtre en effet, comme on aimerait en voir plus souvent.


Quelqu'un qui n'est pas trop branché nanars fera bien d'en rester là (ou, pour être exact, de ne regarder aucun des deux films), mais pour les autres, les festivités ne font que commencer. Ce qui suit est encore mieux, l'acteur principal Eric Freeman se révélant absolument abominable, surjouant des répliques crétines avec une tronche impayable, tandis que l'arnaque continue à petites doses (il va au cinéma voir un film dont les images proviennent de... oui, encore Douce nuit sanglante nuit) et que s'enchaînent des tueries sans rapport avec Noël (ce qui, pour un film de Père Noël tueur, est un peu cavalier) et gentiment ridicules (le mec aux yeux qui explosent parce qu'il a été branché sur sa batterie de voiture, c'est à voir). Après la déception du premier épisode je n'attendais rien de bon de celui-ci, et j'avais tort, cette suite est un vrai petit moment de joie, qui ne laisse pas trop le temps de s'ennuyer.


Douce nuit sanglante nuit 2 02Le reste du casting est presque aussi "talentueux" comme ici
Elizabeth Kaitan qui regarde directement la caméra en se retenant visiblement de rire.


Pour une raison qui m'échappe, le disque propose le premier film uniquement en VF, et le deuxième uniquement en VO sous-titrée. C'est pas très grave, ça permet quand même de profiter pleinement du jeu d'Eric Freeman, mais c'est quand même un peu étrange. J'ai payé ça un peu moins de 10€, en temps normal je dirais que c'est trop cher pour ce que c'est mais allez, c'est Noël, j'ai vraiment bien ri avec le numéro 2 et l'un ne va vraiment pas sans l'autre. Je vois que depuis mon achat certains revendeurs peu scrupuleux se sont mis à le proposer à prix d'or alors soyons clair, à 25 ou 30€ c'est pas la peine, mais si comme moi vous arrivez à le trouver à un tarif raisonnable et que vous aimez rire devant des films débiles, c'est un achat conseillé.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 09:06

Critters integraleAllez, la fin du mois approche alors aujourd'hui ce sera non pas un ni même trois mais quatre films d'un coup, la série des Critters, qui ne doit pas évoquer grand'chose aux plus jeunes d'entre vous mais dont le premier épisode fait partie de ces films qui, sans vraiment être considérés comme des classiques de la série B de l'époque, ont quand même gardé une place dans les mémoires de ceux d'entre nous qui ont grandi dans les années 80, aux côtés de choses comme Starfighter ou Dar l'invincible. C'est généralement le genre de film qu'on évite de revoir une fois parvenu à l'âge adulte, histoire de ne pas écorner le vague bon souvenir qu'il nous en restait depuis nos 12 ans. Mais bon, vous savez ce que c'est, avec les intégrales DVD pas chères, on se dit que 4 films pour un peu plus de 10€ c'est une bonne affaire, qu'à ce prix-là ça vaut le coup de se replonger dedans, que c'est l'occasion de découvrir les épisodes qu'on avait ratés à l'époque et peut-être même de s'apercevoir que ça n'est pas simplement un sous-Gremlins vaguement sympa, mais un vrai bon petit film qui mérite de ne pas tomber dans l'oubli. Oui, même si la majorité de mes critiques ici sont négatives, je reste un type très optimiste.

Pour ceux qui ne connaissent pas, la série des Critters met en scène de méchants extraterrestres carnivores, qu'on pourrait décrire comme un mélange de hérisson, de piranha et d'ewok, et les chasseurs de primes de l'espace chargés de les traquer pour éviter qu'ils ne mangent trop de gens. Petits, fourbes, rigolards, ils sèment la panique et la destruction partout où ils passent, et forcément avec ce côté "ils sont méchants et ils cassent tout mais c'est drôle parce qu'ils sont débiles" (qui nous a aussi donné, à la même époque, les Ghoulies, les Hobgoblins, Munchies et quelques autres) on pense immanquablement à Gremlins, même si le réalisateur du premier épisode affirme évidemment que ça n'a rien à voir parce qu'en réalité c'est lui qui a eu l'idée avant.


Critters 03

La série ne précise jamais ce qui se passe si les Critters mangent après minuit,
mais malgré les dénégations de l'auteur la filiation avec Gremlins est évidente.

 

Critters est signé Stephen Herek, un réalisateur qui a connu son heure de gloire après ce film avec un passage chez Disney (Les Petits champions, Les Trois mousquetaires...) et un énorme succès public (Les 101 Dalmatiens) avant d'entamer une longue traversée du désert au cours de la décennie passée (son dernier film en date est Le Chaperon pour WWE Studios...). Dans la petite ville rurale américaine de Grover's Bend, la famille Brown voit sa maison envahie par les "Krites", des monstres évadés de la prison spatiale où ils venaient d'être transférés. Les parents, leurs deux enfants et leur ami Charlie luttent avec les moyens du bord contre ces bestioles féroces et venimeuses jusqu'à l'arrivée des exterminateurs armés jusqu'aux dents lancés à leur poursuite, et ne rechignent pas à faire autant de dégâts que leurs proies pour s'en débarrasser.


Critters 02Un gag récurrent assez rigolo des premiers épisodes :
les chasseurs de l'espace, qui peuvent changer d'apparence à volonté
pour passer inaperçus sur Terre, choisissent toujours des looks improbables.

La subsistance d'oeufs de Krites à la fin du film amène ses trois suites à se construire sur une trame similaire, en déplaçant à chaque fois le lieu de l'action : les oeufs éclosent, les bébêtes bouffent quelques imprudents et foutent le bordel, Charlie aide les survivants de leur attaque à les éliminer. Dans Critters 2, on est toujours à Grover's Bend mais cette fois c'est toute la population qui affronte les monstres ; dans Critters 3, les oeufs sont embarqués vers la grande ville et s'en prennent aux occupants d'un petit immeuble ; enfin, la série renvoie les monstres dans l'espace dans Critters 4, idée qui sera repompée quelques années plus tard par Leprechaun 4, puis encore après par Jason X et qui est généralement signe qu'on a épuisé toute les possibilités et qu'il est temps de laisser ses personnages reposer en paix. Ce que les producteurs de Critters ont d'ailleurs été les seuls à avoir eu la sagesse d'accepter.


Critters 05Malgré quelques situations un peu originales, Critters 3 sent la redite inutile.

 

Comme souvent avec les séries d'horreur, le premier épisode est le meilleur du lot, mais il faut bien avouer que dans le cas présent ça ne veut pas dire grand'chose : en plus d'avoir mal vieilli, les Critters étaient quand même super moyens dès le départ et ont ensuite dérivé vers la médiocrité puis la nullité tandis qu'il passaient sous la caméra de tâcherons de moins en moins doués. L'élément le plus notable de ces films est peut-être d'avoir plus ou moins mis le pied à l'étrier à de jeunes acteurs qui n'avaient eu que de petits rôles à la télé avant, mais ont fait carrière depuis : Scott Grimes, le gamin des deux premiers, est devenu le Dr Morris de la série Urgences et le Will Scarlett du Robin des Bois de Ridley Scott ; Angela Bassett, héroïne du dernier, a joué à peu près toutes les femmes noires célèbres de l'histoire des Etats-Unis, de Betty Shabazz à Michelle Obama en passant par Tina Turner et Rosa Parks. Et puis évidemment, Critters 3 a été le premier film de Leonardo DiCaprio, qu'on ne présente plus (enfin pour ceux qui connaissent pas, c'est le mec qui joue Louis XIV dans L'Homme au masque de fer), même si ce ne fut qu'un direct-to-video. Aucun des trois ne livre une performance mémorable, mais forcément, leur présence fait de la série un petit objet de curiosité. Mais à part ça, malheureusement, c'est un peu la dèche.


Critters 04Vous vous rendez compte qu'il va avoir 38 ans cette année Leonardo DiCaprio ?


On a beau se dire que les effets spéciaux ne font pas tout, les Critters sont quand même sérieusement handicapés par les limites de leurs marionnettes, clairement très rudimentaires malgré un look pourtant réussi. Elles bougent à peine, et leurs apparitions se divisent donc entre des plans fixes où on les voit simplement mâcher des trucs ou se marrer, les scènes ou un acteur doit faire semblant de se débattre avec une peluche inanimée agrippée à sa gorge, et les moments où ils se roulent en boule pour poursuivre quelqu'un, et là on voit les fils qui les tirent. Du coup, ils ne peuvent pas être très drôles, leurs facéties étant banales et vite répétitives (ouh, il a cassé de la vaisselle/renversé du manger et tout sali, c'est pas bien !), ni très effrayants, entre autres de par leur tendance à rester parfaitement immobiles et se laisser exploser quand ils se font tirer dessus. Leur bilan est d'ailleurs assez dérisoire, puisqu'en quatre épisodes, ils doivent tuer une petite douzaine de personnes au total. Autrement dit, en 320 minutes ils tuent à peine deux fois plus que le Père Noël dès les 5 premières minutes de Very Bad Santa. Ajoutons qu'il ne subsistait apparemment plus que trois marionnettes pour les deux derniers films, et qu'on a encore plus de mal à croire les personnages en danger, du coup.


Critters 06

The Asylum, qui sort en DVD des copies minables des succès cinéma de l'année,
n'a rien inventé : l'année où
Alien 3 sortait en salles, Critters 4 envahissait les vidéoclubs.


Certes, la série fait l'effort de changer de décor à chaque film et de garder un lien entre tous grâce aux personnages d'Ug et Charlie. Mais le truc c'est justement qu'on finit par se dire que si Barry Opper a continué d'écrire et produire des suites après Critters 2, c'est surtout pour donner du boulot à son frère Don, l'interprète de Charlie. Et arrivé au dernier film, le manque d'idées, de motivation et de budget est assez flagrant, et le résultat assez éloigné des comédies horrifiques bon enfant des débuts. Ca devient une sous-copie de sous-Alien indigente et assez sinistre, avec un unique gag laborieux répété à longueur de film (l'ordinateur de bord fait systématiquement le contraire des ordres qu'on lui donne), un virage à 180° inexpliqué pour le personnage de Ug, un point final à la série pas vraiment en apothéose.


Critters 01

Si Scott Grimes disparaît après Critters 2, Don Opper en revanche est présent à chaque film.


Les deux premiers contenteront peut-être les nostalgiques particulièrement indulgents envers tout ce qui provient de leur enfance, et quelques jeunes curieux désireux d'ajouter une petite touche old school et légère à leur marathon du 31 octobre. On passe pas un mauvais moment devant, si vous avez déjà vu et revu cent fois Gremlins c'est une alternative correcte, mais sans plus, vraiment. Les deux suivants sont vraiment inutiles et l'achat du coffret n'est donc pas forcément une super affaire (cela dit, séparément les films ne sont disponibles qu'en import). Honnêtement, à moins d'avoir absolument besoin de parfaire votre culture du cinéma de genre pour postuler à Mad Movies ou animer une nouvelle version de La Dernière séance en 2030, vous pouvez bien vous passer des quatre.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 07:54

ManiacUn des premiers films que j'ai chroniqués ici il y a trois ans était vendu sous le titre de Maniac, mais ça n'était pas le "vrai" Maniac, celui signé William Lustig, par ailleurs réalisateur des trois Maniac Cop. Alors voilà, avec ce mois thématique, c'est l'occasion de réparer enfin cette "erreur" si j'ose dire.

Sorti au début des années 80, Maniac ne fait pas vraiment partie des classiques de l'horreur que tout le monde connaît, c'est plutôt le genre de film tombé dans une relative obscurité mais qui jouit d'un certain prestige auprès de ceux qui, parmi les amateurs du genre, aiment justement sortir un peu des sentiers battus. C'était le premier long métrage non-porno de son réalisateur, sur un scénario de l'acteur Joe Spinell (l'usurier pour qui Stallone bosse comme gros bras au début de la saga Rocky, mais aussi le méchant du nanar Starcrash !), qui tient donc le rôle principal, celui de Frank Zito, sociopathe aux allures de Ron Jeremy vérolé, qui assassine des couples ou des femmes seules pour orner du scalp de ses victimes féminines les mannequins de vitrine qu'il stocke chez lui. Le film le suit alors qu'il traque et tue ses proies, s'occupe des trophées macabres qu'il ramène de ses virées nocturnes ou discute avec les voix dans sa tête chez lui, mais aussi alors qu'il tente de nouer un contact humain "normal" avec une jeune et jolie photographe (Caroline Munro, de Starcrash aussi, décidément...) croisée dans un parc.

Vaguement inspiré de l'affaire du "Fils de Sam" qui venait de terroriser l'Amérique quelques années plus tôt, Maniac est vraiment un film comme on n'en ferait plus aujourd'hui, en tout cas pas de cette façon-là. Le synthé, le premier rôle pour un homme aussi disgracieux, un tueur qui échappe aussi longtemps à la police sans avoir à se montrer ni génial ni même spécialement prudent, aucune scène où l'héroïne sort son portable juste pour dire "oh zut alors ça capte pas !", les pantalons taille haute... Moi ça va, je suis vieux, je peux encaisser, mais les plus jeunes d'entre vous risquent de trouver tout ça sans doute un peu ringard, même s'il reste quelques éléments qui n'ont pas vraiment vieilli (comme les effets spéciaux signés Tom Savini).


Maniac 03

Zito n'est pas 100% original, il a un petit côté Norman Bates,
mais on sent que l'acteur s'est investi à fond dans le personnage qu'il a créé.


C'est un film à forte personnalité, ça ne ressemble pas trop à un Vendredi 13  ou un Halloween malgré le thème du fou qui poignarde les gens, le plus proche "cousin" que je lui vois ce serait  Christmas Evil en fait. Alors ici évidemment on sait dès le départ que le protagoniste n'est pas seulement taré, mais un meurtrier, mais à part ça, on retrouve un peu le même genre d'ambiance, un peu étrange, un peu poisseuse, le même genre de personnage solitaire, qui vit dans son monde d'aliéné mais qui arrive à faire bonne figure en public (encore qu'on a un peu moins de mal à imaginer le Père Noël de Christmas Evil en ami des enfants que Joe Spinell en séducteur de Caroline Munro), une façon de s'autoriser à montrer le tueur pas seulement comme un monstre menaçant mais parfois aussi comme un pauvre type paumé et pitoyable...


Maniac 01

Non mais évidemment les années 70 c'était une autre époque mais quand même,
Joe Spinell en tombeur de ces dames, c'est vrai que ça demande un gros effort d'imagination.


Il y a quelques trucs qui gâchent un peu quand même. Dans une scène, Zito est clairement vu par trois témoins différents en compagnie de la pute qu'il s'apprête à étrangler, mais apparemment son signalement n'est jamais transmis aux flics. Pas super plausible. Dans la scène, par ailleurs excellente, de la poursuite dans le métro, on voit bien que la production n'a pas pu faire entièrement évacuer la station pour le tournage, et du coup c'est assez crétin de voir la petite infirmière se contenter de fuir en silence au lieu d'avertir les personnes qu'elle croise qu'il y a un mec louche à ses trousses. Je dis pas que ça suffit à décrédibiliser toute l'histoire, mais ça ne manquera pas de chagriner les spectateurs les plus tâtillons.


Maniac 02

On a beau se douter de son issue, je vous garantis que la séquence
de la chasse à l'infirmière vous laissera avec la bouche sèche.

 

C'est noir, c'est brutal, c'est singulier, c'est parfois avouons-le un peu mal joué, un peu couillon. A mon sens c'est quand même vraiment un film qui vaut le coup d'oeil pour les fans de slashers curieux, mais je conçois aussi qu'on puisse trouver ça ringard. Si vous vous sentez l'âme aventureuse pour cette fameuse soirée Halloween, c'est pas une valeure sûre mais je le recommande quand même. Au pire, quand le remake avec Elijah Wood sortira en décembre, vous pourrez vous vanter d'avoir vu l'original méconnu. Ca se trouve entre autres dans les bazars parisiens pour 4€ (je crois pas que ce soit le Director's Cut, mais au moins c'est la version non-censurée), à ce prix-là ça vaut largement le coup.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 07:20

Doll GraveyardQue serait un mois spécial horreur-qui-coûte-pas-cher sans un film de Charles Band, je vous le demande un peu ? Bon enfin je vous accorde qu'au niveau de la qualité moyenne de la sélection on n'y perdrait rien, au contraire, mais bon, c'est comme ça, il fait partie de la famille, alors ça se fait pas de pas l'inviter. J'avais quelques productions Full Moon sous le coude (un jour, faudra vraiment que je me décide à arrêter d'en acheter), j'ai choisi celle qui me semblait avoir le plus de chances de ne pas être trop naze, puisqu'elle a pour thème la marotte de l'auteur : les jouets tueurs. Entre les Puppet Master, les Demonic Toys et les Blood Dolls, on peut se dire, il aime ça, les poupées assassines, donc peut-être que quand il fait un film dessus il se donne un peu plus de mal que d'habitude. Mais c'était un peu naïf de ma part. En fait, je pense qu'il doit dire aux mecs de son département effets spéciaux de lui produire des tonnes de marionnettes pour pouvoir enchaîner les épisodes de l'interminable série des Puppet Master, et qu'au lieu de mettre à la poubelle celles qui sont jugées pas assez bonnes pour sa saga vedette, il garde tout et périodiquement il en sort 4 ou 5 du placard et il fait un nouveau film dessus, pas parce que ça le passionne mais parce que c'est facile et que ça coûte pas cher.

Le prologue, situé en 1905, raconte le meurtre accidentel d'une petite fille par son père alors qu'il cherchait à la punir en la forçant à enterrer ses poupées préférées. Cent ans plus tard, le fils de la famille qui occupe à présent la maison déterre par hasard l'un des jouets en nettoyant le jardin, sans savoir que le fantôme de la fillette hante toujours les lieux et que ses quatre "amis" de bois sont doués de vie. Et évidemment, j'aime autant vous dire qu'ils n'ont pas attendu un siècle dans la terre juste pour aller trinquer avec Barbie et Action Man en sortant ; du coup, la petite soirée entre ados organisée dans la vieille demeure va virer au carnage.


Doll Graveyard 04

Ca alors, des jeunes qui veulent baiser, je me demande
si ça veut dire qu'un monstre va surgir pour les poignarder.


Charles Band se révèle une fois de plus fidèle à lui-même... Là j'en suis au point où je commence à croire que Full Moon Features est juste une société de blanchiment d'argent, et que faire des films n'est plus que la corvée à laquelle il se force pour ne pas attirer les soupçons dessus, mais sans même plus espérer que quelqu'un les apprécie, ni même ne les regarde. Doll Graveyard est à peine un long métrage, si on coupe le générique de début et de fin il reste moins d'une heure, et c'est un morne enchaînement de poncifs de l'horreur bas-de-gamme, avec des dialogues insipides joués par de mauvais acteurs amateurs, sans l'ombre d'une idée originale ou d'un rebondissement surprenant. Même le design des poupées sent le manque d'inspiration et le tout a l'air d'avoir été filmé avec une vieille caméra VHS.


Doll Graveyard 02

En dehors de l'espèce de Zoulou aux yeux exorbités, et encore je suis généreux,
les marionnettes du film sentent vraiment le vieux fond de tiroir.

 

C'est vraiment l'un des Full Moon les plus paresseux que j'aie pu voir, le film ne se donne même pas la peine de nous donner une raison aux événements qu'il raconte. Il y a des poupées tueuses, ok pourquoi pas, il y a des ados fêtards/queutards qui se font tuer, d'accord pas de problème, mais... c'est quoi le lien entre les deux, en fait ? Pourquoi les poupées veulent tuer ces jeunes ? Elles n'ont jamais été définies comme "maléfiques", et leurs victimes ne leur ont absolument rien fait, et ne représentent même pas quoi que ce soit dont elles pourraient vouloir se venger. Je demande pas une explication scientifique hein mais au moins une logique de film d'horreur. Jason Voorhees par exemple il tue des jeunes qui ne lui ont rien fait, mais c'est parce qu'il les voit comme ceux qui ont indirectement causé sa mort, alors ça se tient. Même dans le premier Gingerdead Man le tueur a une vraie vengeance à accomplir. Mais la "vengeance" de Doll Graveyard n'a vraiment aucun sens. La petite fille morte a été tuée par son père, pas par une bande de jeunes, sa tombe n'a pas été profanée ni rien... C'est un peu trop "gratuit", un peu trop "elles tuent des gens parce que c'est ce qui arrive dans les films d'horreur et c'est tout".


Doll Graveyard 03

"Hé les filles j'ai une super idée, si on restait à la maison se battre contre les méchantes poupées
au lieu de tout simplement se sauver et aller chercher de l'aide,
sachant qu'elles nous rattraperaient jamais avec leurs petites jambes ?"

 

Et tant qu'on y est, j'aimerais aussi savoir comment des créatures enterrées depuis 1905 savent qu'elles ont besoin de priver leurs proies de leurs téléphones portables pour les rendre plus vulnérables. Ou comment une petite fille de bonne famille s'est retrouvée en possession de ce genre de jouets affreux, à la base. Enfin, la poupée "classique", d'accord, mais un guerrier africain, un samouraï et un soldat prussien avec des gueules de cauchemar ? Mais apparemment ça n'intéresse plus Charles Band de se creuser la tête pour que ses histoires tiennent un peu debout. Il fait du cinéma pour un public dont l'exigence se limite à ce qu'il y ait quelques marionnettes moches et un peu de sang à l'écran de temps en temps, pour qui même un Chucky ou un Vendredi 13 c'est déjà trop intello.


Doll Graveyard 01

Même la scène de la mort de la gamine témoigne du je-m'en-foutisme de l'auteur.
Oui allez on dirait que chuter d'un mètre sur de la terre fraîchement retournée, c'est mortel. Bien sûr.

 

Vous aurez compris que Doll Graveyard est une petite merde molle à n'acheter et visionner sous aucun prétexte. Zéro budget, zéro créativité et zéro talent qui s'additionnent pour obtenir zéro intérêt. Même ceux qui espèrent quelque chose d'involontairement drôle seront déçus, y a absolument rien à sauver dedans, c'est comme si ça n'existait que pour que d'autres films Full Moon un tout petit peu moins mauvais aient l'air potables en comparaison. A fuir comme la peste.

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

Goldmembers

goldmemberMC Jean Gab'1 n'est pas une putain, retiens-le bien, mais ça vous le saviez déjà. Mais d'autres gens ici n'ont pas fait leur pute, et contribué à l'effort de guerre. Grâce soit donc rendue en ces lieux à :

-Artemis
-jakbonhom
-Mahg

-Sheep Tapes
-Snowman
-Super Menteur