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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 07:51

3 films horreurMaintenant que nos sympathiques commerçants ont abandonné Halloween, je crois qu'on peut se permettre de le récupérer pour lui redonner sa vraie place de notre côté de l'Atlantique : celle d'une excuse pour se faire une soirée films d'horreur jusqu'à pas d'heure en sachant qu'on ne bosse pas le lendemain. Du coup ce mois-ci va pas être super varié sur Ciné Discount, je vais essayer de surtout me concentrer sur les monstres et les psychopathes dangereux histoire que vous ayez de quoi faire le 31 octobre.

Antartic, l'éditeur de la compilation "Sexy Girls", a mis une tripotée de packs de 3 films sur le marché, liés de façon plus ou moins tirée par les cheveux à chaque fois. Pour le trio du jour, c'est à peu près cohérent : les films d'horreur qui ont "Halloween" dans leur titre français. Cela dit, aucun des titres originaux ne mentionne Halloween à la base, et concrètement un seul des trois films a réellement cette fête pour toile de fond. Mais bon, allez, on va pas pinailler, c'est des films d'horreur pas cher (5€ le lot), Halloween approche, ça vaut le coup d'en parler ici.

Le Démon d'Halloween - Pumpkinhead (qui en VO s'est d'abord appelé Vengeance: The Demon, avant d'adopter le nom de sa vedette, Pumpkinhead) est le plus vieux et le plus connu des trois. Sa bestiole, sans avoir atteint la notoriété des icônes du genre, s'est taillé une place quelque part entre les Krites, les Graboïds et le Leprechaun dans le club des monstres de cinéma "mineurs" mais dont la popularité est quand même suffisante pour avoir donné lieu à un joli paquet de suites en vidéo. L'intrigue rappelle vaguement Simetierre de Stephen King : un père (Lance Henriksen) rendu fou de chagrin par la perte de son fils adoré s'en remet aux forces occultes d'un cimetière pour l'aider à surmonter sa douleur. La différence c'est qu'ici, au lieu d'enterrer son gamin pour le faire ressusciter, il déterre dans un carré de citrouilles (d'où le nom de Pumpkinhead, ou "Potiron" dans les sous-titres français) un démon momifié pour qu'une sorcière le réveille et l'envoie venger la mort du petit en exterminant les responsables. Evidemment, si le cinéma nous a bien appris quelque chose, c'est que la vengeance et les invocations démoniaques, déjà séparément c'est mal, alors quand on les mélange, vous imaginez le bordel, et donc j'aime autant vous dire que d'ici la fin du film tout le monde sera bien puni pour tout ça.


Pumpkinhead 01

Plutôt que des péquenots tarés et haineux
qui s'en prennent à des gens de la ville qui ne leur ont rien fait de mal
comme dans
Massacre à la tronçonneuse  ou I Spit on Your Grave ,

Pumpkinhead met en scène de braves gens de l'Amérique rurale
victimes du mépris des citadins.


Le Masque d'Halloween est le plus récent et le seul qui concerne vraiment la fête du 31 octobre. La nuit d'Halloween, une mauvaise blague amène un ado à tuer accidentellement le mec de sa soeur. Un an plus tard, bien qu'ils aient déménagé pour laisser cette sordide histoire derrière eux, il est toujours hanté par ce souvenir. Lors des festivités, il souffre d'hallucinations et s'imagine traqué par le petit ami mort, tandis qu'autour de lui ses nouveaux copains sont sauvagement assassinés l'un après l'autre. Il finit par tomber sur un obsédé de la sculpture de citrouilles dont l'établi est garni d'un paquet d'instruments à tailler les cucurbitacées qui n'ont peut-être pas servi à découper que des têtes de mort dans des légumes... Mais ce suspect si évident est-il le vrai coupable ?


Le Masque d Halloween 04

Encore un cas de jaquette mensongère puisque
Le Masque d'Halloween est le seul "vrai" film d'Halloween du trio.

 

The Fear - La Nuit d'Halloween, sorti précédemment sous le titre plus honnête (quoique...) de Terreur, suit un étudiant en psychologie qui emmène un groupe d'amis en weekend à la campagne dans la maison de son enfance pour y étudier leurs peurs les plus intimes. Sur place, ils dénichent un mannequin articulé en bois et en font une espèce de mascotte de leur séjour. Le pantin se retrouve à différents endroits incongrus (comme dans le jacuzzi), créant des tensions entre les membres du groupe qui s'accusent les uns et les autres de l'avoir déplacé pour faire une farce débile. L'un d'eux est tué alors que tous les autres sont au parc d'attractions... Les spectateurs malins comme vous et moi se doutent que c'est le bonhomme de bois qui a fait le coup, mais les autres couillons pensent qu'il a simplement disparu, et le mystérieux assassin fait donc de nouvelles victimes...


The Fear 02

Si le film n'était pas antérieur à L'Homme bicentenaire,
je jurerais que le costume de l'homme de bois a été fait en récupérant
celui de Robin Williams dans une poubelle.

 

J'avais acheté la compilation pour Pumpkinhead, que je n'avais jamais vu, et au final c'est le seul film potable du lot. Sans être un incontournable du genre, c'est un petite série B pas trop mal foutue qui, malgré un scénario pas terrible et une mise en scène pas toujours réussie, se maintient au-dessus de la médiocrité grâce à l'interprétation de l'acteur principal, un bon monstre et un bon chef op. Il y a aussi le chien qui jouait le chien de Billy dans Gremlins, et qui fait hyper bien le chien, ce que ne manqueront pas d'apprécier les vrais connaisseurs. Feu Stan Winston, oscarisé quatre fois pour ses effets spéciaux, signait ici son premier film en tant que réalisateur, et si globalement il ne se montrait pas spécialement doué pour l'exercice, il a au moins su filmer sa créature (c'est le mec qui animait Goro de Mortal Kombat sous le costume de "Potiron") de façon à masquer ses limites sans pour autant avoir à n'en montrer que des petits bouts dans des plans d'une demi-seconde. Elle marche, son visage s'anime, dommage que certains des acteurs aient tendance à rester plantés bêtement devant elle à attendre de se faire tuer, ça casse un peu les efforts fournis pour lui donner l'air vivante et menaçante, mais en tout cas on est bien loin du "craignos monster" à la Soldat Cyborg ou Nemesis (oui bon je sais que c'est pas vraiment des références en la matière à la base). A part ça, l'ambiance est lugubre à souhait, Lance Henriksen défonce, du coup on pardonne le fait que l'ensemble ne soit quand même pas spécialement génial.


Pumpkinhead 03

Quelques belles images font partie des éléments qui
donnent un certain cachet et une vraie personnalité à Pumpkinhead.


Les deux autres films n'ont malheureusement pas grand'chose pour eux. Le Masque d'Halloween est un slasher fauché et convenu, dont on devine le coup de théâtre final au bout de dix minutes (tout en continuant à espérer que le film sera plus malin que ça et parviendra à nous surprendre pour de vrai, mais c'est peine perdue), et qui accumule lieux communs du genre. Quelques maquillages et effets sanglants réussis (un visage découpé en lanterne d'Halloween) ou rigolos (des intestins qui se déroulent le long d'une vrille sur laquelle une victime s'empale) en côtoient des nazes, le personnage le plus mémorable (le vieux fou) apparaît très peu. Il y a quand même un moment qui mérite peut-être d'être signalé : un des ados se fait décapiter alors qu'il est en train de licebroquer, avant de s'écrouler raide mort il pisse sur sa propre tronche tombée par terre. Ouais bon je sais c'est moyennement classe mais on voit pas ça tous les jours, admettez. En tout cas, tout le reste est très banal et assez mauvais, le genre qui en général me fait dire "j'ai vu pire mais y a tellement mieux aussi que j'aurais eu aussi bien fait de pas voir ça quand même".


Le Masque d Halloween 02

Le Masque d'Halloween nous inflige avec candeur
des situations parmi les plus tournées en dérision du genre,

comme "puisque nos amis ont mystérieusement disparu, faisons donc
des groupes de 1 pour aller explorer des recoins inquiétants."

 

Cela dit, c'est rien à côté du dernier des trois, qui est vraiment l'un des pires films que j'aie vus depuis longtemps. Les personnages sont tous à baffer, les acteurs sont mauvais, la gestuelle de l'homme de bois le rend plus risible qu'effrayant, le scénario est complètement idiot. Il ne se passe à peu près rien pendant une heure, on s'ennuie à mourir et quand enfin le film sort un peu de sa torpeur, c'est pour basculer dans le ridicule complet. Le nanardeur indulgent sourira quelques fois devant la stupidité, l'incohérence et le vieux fond de prétention intellectuelle, s'il ne s'est pas endormi avant. Comme c'est nul et que vous ne voudrez certainement voir ça sous aucun prétexte, je me permets de vous dévoiler la fin parce qu'elle apporte de beaux moments de connerie qui vous donneront une bonne idée de la qualité du film : l'homme de BOIS va se suicider PAR NOYADE (mais c'est du bluff, cela dit, parce qu'après il refait surface et devient gentil) et le héros retourne tranquillement à une vie normale apparemment sans que les flics lui aient demandé de s'expliquer sur les six meurtres qui ont eu lieu pendant sa petite escapade, NORMAL. Ou alors je sais pas y a peut-être une scène coupée où il dit "C'est la faute à l'homme de bois, Inspecteur, je vous jure !" "Ok ça me va, vous êtes libre".


The Fear 01

Le jeu de l'acteur principal (qui exprime ici une terreur sans nom)
ne manquera pas d'impressionner par son intensité.

 

Sinon, y a aussi Wes Craven qui vient faire l'acteur deux minutes au début et deux autres à la fin, il devait sûrement un service à quelqu'un, mais ça a suffi à l'éditeur français pour mettre son nom en gros sur la jaquette. Et le DVD ne propose que la VF (contrairement aux deux autres), qui fait bien pitié, avec des acteurs atones et des dialogues débiles. Il y a comme ça une scène où le héros comprend enfin qui était l'amant de sa mère, à cause de qui son père l'a assassinée quand il était enfant, et sa réaction quand ses souvenirs traumatisants refont surface et que la vérité éclate, c'est... "Oh, punaise." Ca c'est de la réplique qui tue, mes amis ! Mais bon, malgré tous ces petits trucs un peu goleri, The Fear est bien trop soporifique pour prétendre au titre de série Z marrante, c'est vraiment une infâme merdouille que même "les jeudis de l'angoisse" sur M6 il y a 20 ans n'auraient pas oser diffuser un soir de disette.


The Fear 04

Une heure de dragouille molle entre personnages pour la plupart détestables
avant d'en arriver aux premiers meurtres, de quoi décourager même les plus aventureux.

 

Le bilan général n'est donc pas brillant, et j'hésite à vous dire que Pumpkinhead vaut à lui seul l'achat de la compilation, vu que je n'en suis pas tout à fait convaincu moi-même. Disons que si vous tenez absolument à le voir c'est le meilleur moyen de vous le procurer à bas prix mais qu'il n'est pas totalement indispensable ni à votre collection ni à votre culture d'amateur de cinéma de genre. Disons que si vous faites une soirée films d'horreur c'est une façon appréciable de sortir un peu des sempiternels Freddy/Halloween/Vendredi 13, quand même. Si c'est ce que vous recherchez et que ça ne vous dérange pas de payer 5€ pour un film et deux sous-bocks moches, ça va. Mais n'espérez surtout pas trois bons films par contre.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 07:13

Hostel Chapitre IIIFaire des suites aux films d'Eli Roth sans Eli Roth, si on se base sur l'ignoble Cabin Fever 2, ça n'a pas l'air d'une bonne idée. Direct-to-video signé par un réalisateur de seconde zone, ce troisième Hostel n'est a priori pas plus alléchant, mais j'étais curieux de le voir quand même. Et je ne regrette pas.

Les personnages sont tous nouveaux et on quitte l'Europe de l'est lugubre des deux premiers films pour le monde clinquant de Las Vegas, mais c'est toujours une histoire de bourges en quête de débauche qui se retrouvent pris au piège du monstrueux "Club des Chasseurs d'Elite", des millionnaires sadiques qui payent pour le plaisir de les torturer et tuer. On y retrouve les éléments habituels, un grand bâtiment isolé, des jolies filles qui servent d'appâts (les physionomistes reconnaîtront Zulay Henao de Fighting), les employés du Club qui font leur boulot avec un détachement complet (il y en a même un qui regarde Black Dynamite sur son temps de travail) tout en sachant pertinemment à quelles activités se livrent leurs patrons, les mutilations horribles... Au passage, j'ai l'impression que le film s'adresse surtout aux gens qui ont déjà vu les précédents, parce que tout ça est amené un peu, disons, "sèchement", comme si on supposait que le public était déjà familier avec le Club. Non pas que ce soit très grave, ni que les premiers chapitres expliquaient tout en détails, mais celui-ci manque peut-être un peu d'exposition pour les gens qui découvrent Hostel.


Hostel III 03Comme d'habitude, les personnages principaux se révèlent vite antipathiques.

Mais c'est aussi parce qu'il fait des clins d'oeil aux fans sans pour autant se contenter de leur servir du réchauffé que ce troisième volet est réussi. Ainsi, la scène d'introduction laisse croire qu'on est en terrain connu, puis se conclut sur un coup de théâtre. Et ça continue par la suite, l'intrigue nous emmène dans des situations qui sentent le déjà-vu, mais biffurque brusquement vers quelque chose d'inattendu. Les surprises ne sont pas toutes révolutionnaires ni totalement imprévisibles, mais c'est déjà appréciable d'avoir essayé de sortir des sentiers battus tout en restant dans l'esprit de la série. Le film enrichit aussi un peu l'univers du Club, avec des meurtres qui ont cette fois lieu devant des spectateurs, qui peuvent parier sur les réactions des victimes (soudoyer ou menacer le bourreau, invoquer "j'ai une femme et des gosses" en espérant obtenir grâce...) ou les ustensiles que choisiront les tortionnaires. Une petite touche d'humour noir que ne renierait sans doute pas Eli Roth.


Hostel III 02Le cadre de la "capitale du vice" se révèle bien adapté aux thèmes
du fric qui peut absolument tout acheter
et de l'immoralité des immensément riches.

 

L'histoire est celle d'un petit groupe de trentenaires aisés en virée à Vegas en cachette de leurs moitiés pour l'enterrement de vie de garçon de l'un d'eux. L'un des amis est capturé par le fameux Club des Chasseurs d'Elite, pour être mis à mort, les autres se mettent à sa recherche sans se douter une seconde de son sort atroce, et se retrouvent à leur tour aux mains du Club. J'en dis pas plus pour pas dévoiler les rebondissements que j'évoquais plus haut. Avec le changement de décor par rapport aux premiers chapitres, on perd le côté "les pays pauvres se vengent des gros cons de touristes", mais au moins on garde l'idée d'un endroit suffisamment louche et sans foi ni loi pour que ses lieux de divertissement puissent être utilisés comme façade d'une organisation comme le Club et faire disparaître des gens en toute impunité.


Hostel III 01

Visuellement c'est plus cheap et moins sanglant que les Hostel d'Eli Roth,
mais dans l'esprit on en reste assez proche.

 

Ca ne vaut pas les originaux, mais pour un téléfilm au budget relativement modeste et pour un troisième épisode de série d'horreur, c'est tout à fait honorable. On pouvait craindre une bête exploitation de filon voire une bonne grosse arnaque, et on se retrouve face à une petit film bien foutu, qui ne restera sans doute pas dans les annales certes, mais qui ne fait pas honte à la saga. Ca n'est pas exempt de défauts (casting un peu terne, effets numériques ratés...) mais on est quand même dans le dessus du panier du DTV. Si vous n'avez pas aimé Hostel I & II il y a peu de chances que celui-ci vous plaise plus, et certains fans trouveront peut-être que celui-ci est un peu trop "sage" dans ses moments gore (malgré quelques passages bien affreux comme un arrachage de visage), mais dans l'ensemble ça vaut le coup d'oeil. Le film est proposé ces temps-ci en offre "4 pour 20€", c'est l'occasion d'en profiter.

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 08:14

I Spit on your GraveRemake d'un film de 78 sorti chez nous en VHS sous le titre Oeil pour Oeil, I Spit on Your Grave est une histoire à thème "rape & revenge", comme on dit en France. On pourrait dire "viol et vengeance", ça dirait la même chose tout en conservant l'allitération mais concrètement non, on ne peut pas. Si vous dites à vos connaissances que vous avez vu un "rape & revenge" vous êtes un cinéphile cool qui aime les choses un peu obscures et sulfureuses. Dites-leur que vous avez vu un film de "viol et vengeance" et vous êtes un délinquant sexuel. Faut rester prudents hein les gars.

 

Dans les grandes lignes, l'histoire reste la même que dans le film d'origine : une jeune écrivain s'isole dans une maison en pleine cambrousse pour travailler à son prochai livre, des péquenauds décident de "l'offrir" à un handicapé mental encore puceau, ça tourne au viol collectif, ils la laissent pour morte, mais elle survit, les retrouve et se venge sans pitié. A la fin, elle ne va pas littéralement cracher sur leur tombe comme l'implique le titre, mais le coeur y est.

Je ne sais pas si vous êtes nombreux à avoir vu l'original de Meir Zarchi, vu qu'il ne passe pas à la télé et n'est pas super facile à trouver (si j'ai bien compris, ce brave escroc de Charles Band l'a distribué en Europe sans autorisation et sans reverser un centime à l'auteur) si ce n'est en bonus avec l'édition Blu-Ray de ce remake (avec la version DVD en revanche, que dalle). Dans tous les cas, c'est plutôt un petit film choc qu'un vrai grand classique de l'horreur, mais cette nouvelle mouture ne parvient malheureusement pas à se hisser à sa hauteur. Le réalisateur, au CV pas bien fameux (il a aligné quelques téléfilms de monstres moisis pour la chaîne Syfy...), a essayé d'adapter aux codes du cinéma d'horreur moderne un thème qui s'y prête mal. Du coup, malgré sa violence, le résultat a un côté beaucoup trop "rassurez-vous, c'est juste un film, comme vous en avez déjà vus d'autres" pour être vraiment perturbant.


I Spit on your Grave 01

Heureusement, il n'y a ni Michael Berryman ni Robert Englund, mais
on reconnaîtra la bonne vieille gueule cabossée de Tracey Walter.

 

Le premier essayait de dire quelque chose sur la société, même s'il le faisait de façon assez maladroite et confuse, et bien qu'il ne se prétendait pas "tiré de faits réels" et que le jeu des acteurs n'était pas toujours au top niveau, il racontait son histoire d'une façon qui sonnait juste, authentique. Celui-ci fait vraiment trop "film de studio" et ne semble pas avoir d'autre ambition qu'être une énième histoire de fille en marcel blanc et au visage maculé de boue qui heureusement finit par se tirer d'affaire grâce à sa détermination après une série de mauvais traitements. Les violeurs de la version de 78 avaient l'air d'une bande de connards ordinaires qui commencent par de simples taquineries un peu cruelles puis se laissent aller à commettre un acte atroce qui devient un point de non-retour à partir duquel ils se mettent à faire de pire en pire, comme emportés par leur élan. Les violeurs du film de 2010, eux, sont des méchants de cinéma, un gang de tueurs sadiques et organisés, basés sur le stéréotype du plouc pervers psychopathe qui hait les gens de la ville, et joués par des acteurs imitant l'accent du Sud factice qu'ils ont appris en regardant des repompes de Délivrance.


I Spit on your Grave 03

Avec ses 40 kilos toute mouillée et malgré un mois passé dans la nature à manger des rats,
l'héroïne trouve quand même la force de trimballer de gros costauds
pour les ligoter à des appareillages de torture qu'elle a inventés...


L'héroïne, pour sa part, est l'une de ces petites mannequins/actrices maigrichonnes interchangeables qui servent à occuper les seconds rôles des productions Lionsgate et consorts, et passe le premier acte à subir des mésaventures typiques de films d'horreur banals : le portable qui ne fonctionne plus, les bruits inquiétants la nuit... Plus tard, elle élimine ses bourreaux avec des tortures assez élaborées, et si les amateurs du genre pourront saluer une certaine créativité à ce niveau, là encore c'est trop cinématographique pour être plausible et dérangeant. Les histoires de vengeance reposent en général sur les bas instincts du spectateur qui voudra voir la victime se faire justice et le coupable recevoir un châtiment bien mérité, mais entre l'interminable agonie de la fille et les multiples scènes de mutilations/exécutions des violeurs, I Spit on Your Grave donne un peu l'impression d'avoir été conçu prioritairement pour un public qui apprécie de voir des personnages de film mis au supplice.

I Spit on your Grave 02

Sur les 110 minutes que dure le film, beaucoup sont consacrées à ce genre de moment "charmant",
donc n'hésitez pas à regarder plutôt autre chose si ça n'est pas votre tasse de thé.


Ce n'est pas foncièrement mauvais pour autant, c'est de la série B pas trop débile ni mal foutue, et on appréciera le fait que le réalisateur et son scénariste n'aient pas cherché à multiplier les clins d'oeil lourdingues à l'original. Dans le genre "remake à côté de la plaque", ça fâche moins que Freddy, c'est moins con qu'Halloween et moins fade que Vendredi 13. D'un autre côté, tout le monde n'aura pas envie de se farcir quasiment deux heures d'humiliations, sodomies non-consenties, découpage d'organes génitaux et arrachages de dents, tout en ayant l'impression que l'auteur ne sait pas très bien ce qu'il cherche à dire à travers tout ça (ou alors que ça se limite à "les gens du Sud, c'est des animaux" et "se faire percer les paupières avec des hameçons, ça fait mal"). C'est trop caricatural pour être traumatisant, mais c'est pas pour autant plaisant ou divertissant à voir. Au final, je ne le déconseillerai pas aux curieux qui veulent voir à quoi peut bien ressembler un film au titre aussi haineux (et pour ceux-là, ça se trouve actuellement en offre "5 pour 30€"), mais à un fan d'horreur au coeur bien accroché, je préfère recommander Hostel.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 08:39

Le Chaperon RougeHéééé, tavu c'que j'ai fait, là, tavu, pas mal hein comme enchaînement. Alors bon maintenant tu vas sûrement me dire "hé mais je croyais qu'on était sur un site de bonhomme ici, moi je voulais une critique de Never Back Down 3, qu'est-ce que c'est que ces calembredaines ?", mais je suis au regret de t'annoncer que pour l'instant, il n'y a pas de Never Back Down 3, on ne peut quand même pas en avoir un nouveau tous les six mois, donc en attendant on fait avec ce qu'on a. Regarde les gens d'Hollywood par exemple, ils aimeraient bien pouvoir produire à la chaîne de nouveaux épisodes de n'importe quelle saga fantastique ou d'heroic fantasy qui rapporte, mais c'est pas comme si JK Rowling, Stephenie Meyer ou JRR Tolkien allaient écrire de nouveaux Narnia, Eragon ou Star Wars dans un futur proche, alors pour le moment quand les gens d'Hollywood veulent attirer les jeunes avec un nom connu et une histoire de beaux gosses qui butent des monstres, ils font avec ce qu'ils ont, en l'occurrence avec les contes de fées. Et pourtant, en général c'est court et il n'y a pas tant d'effets spéciaux et de combats à l'épée que ça finalement, dans les contes de fées. Mais il n'y a pas de droits d'adaptation à payer, et ça, à Hollywood, ça leur plaît.

Du coup ben ils n'hésitent pas à transformer Hansel et Gretel en adultes qui enfilent des combinaisons en cuir pour chasser la sorcière à coups de pétoires, par exemple, ou à sortir deux Blanche Neige cette année, ou à mettre en chantier 463 (au bas mot) nouvelles versions toutes "plus sombres et plus adultes" (évidemment, parce que le Alice au Pays des Merveilles de Burton a rapporté un milliard de dollars) de La Petite sirène ou du Joueur de flûte de Hamelin pour les cent ans à venir (au moins). Ou tout simplement à prendre une histoire basique comme Le Petit Chaperon rouge, à la rebaptiser Le Chaperon rouge tout court parce que attention hein, c'est pas pour les petits enfants, c'est pour les grandes personnes sombres et adultes (ça veut dire les gamines de 13-25 ans, et les pauvres gars qu'elles arrivent à traîner voir n'importe quoi), et à confier à la réalisatrice du premier Twilight le soin d'en faire une histoire de loup-garou qui veut niquer la nana de Jennifer's Body. Et la curiosité a beau être un vilain défaut, moi vous me connaissez, quand ce genre de truc passe dans une offre "4 pour 20€", je teste, pour voir...


Le Chaperon Rouge 05Le puristes vont sûrement râler qu'on "viole leur enfance"
parce qu'il n'y a pas de galette et de pot de beurre dans le panier.


C'est donc une tentative d'étirer sur 1h30 les mésaventures de la jeune fille qui se fait piéger par un grand méchant loup alors qu'elle apporte des provisions à sa grand-mère. Pour ça, la bestiole devient ici un loup-garou, et terrorise tout un village. Un prêtre spécialiste de l'extermination des monstres et sorcières débarque avec son commando de chevaliers pour éliminer la créature, et fait mettre tout le village en quarantaine, persuadé que le loup-garou se cache parmi les habitants. Ce qui contrarie les plans de la jolie Valerie, qui comptait fuir avec son amoureux pour ne pas avoir à épouser le mari choisi par ses parents. Mais alors qu'elle est prête à se faire une raison, c'est le loup lui-même qui vient la trouver pour lui ordonner de le suivre lorsqu'il partira s'exiler loin du village. Elle commence alors à soupçonner qu'un de ses proches se cache derrière l'animal qui a égorgé sa soeur, mais pourra-t-elle le démasquer alors qu'elle se retrouve accusée de pacte avec le Diable ?


Le Chaperon Rouge 01Shiloh Fernandez a-t-il coiffé ses cheveux assez haut pour supplanter Robert Pattinson ?


Catherine Hardwicke tente clairement (probablement parce que c'est exactement ce que les producteurs lui ont demandé) de reproduire Twilight en version médiévale-fantastique, avec une jeune fille partagée entre deux bellâtres falots avec du gel dans les cheveux, le gentil qu'elle n'aime pas vraiment mais à qui elle n'a pas envie de faire de peine et le mauvais garçon dont elle est amoureuse, et qui du coup se retient de tirer sa crampe alors que ça la titille gravement ; Billy Burke dans le rôle du père ; des paysages forestiers filmés en hélicoptère et une ambiance mollement surnaturelle qui aimerait être inquiétante mais ne fera sans doute même pas peur aux adolescentes auxquelles le produit se destine. Le résultat n'est certes pas plus con que Fascination, mais se révèle extrêmement ennnuyeux. C'est partiellement dû au fait que ses protagonistes sont, une fois de plus, totalement dépourvus de personnalité. Dans une petite fable qui se raconte en 5-10 minutes, c'est vrai qu'on n'a pas vraiment besoin de savoir grand chose de plus sur le Petit Chaperon Rouge que "c'est une fille qui porte une cape rouge". Dans un long métrage par contre, faut étoffer un peu plus sinon la réaction à ses malheurs devient vite "eh ben qu'elle crève et qu'on n'en parle plus". Le seul dont le rôle soit un peu consistant, c'est l'exorciste joué par Gary Oldman, et ça reste pas grand'chose puisque c'est le stéréotype du mec tellement obsédé par sa croisade qu'il est devenu monstrueux en croyant bien faire.


Le Chaperon Rouge 04Toujours aussi peu à l'aise avec les séquences d'action, Catherine Hardwicke met en scène
des combats assez risibles. Allez Gary, pointe ton épée comme une lance,
et fonce sur le loup mais sans vraiment le viser avec,
il va sûrement venir s'embrocher tout seul dessus au lieu de t'attaquer !


L'autre gros problème du Chaperon rouge, c'est que même si le scénariste a fait ce qu'il a pu pour développer l'histoire originale, ça reste une intrigue super limitée. Je ne sais pas si vous connaissez le jeu de société Les Loups-Garous de Thiercelieux, mais en gros ça oppose une équipe qui joue les "villageois" à une autre qui joue les "loups-garous" et les premiers doivent démasquer les seconds en ne comptant que sur leur intuition lors de conversations animées sur le thème "je parie que c'est toi le loup-garou, fils de pute, tu vas mourir". Les débutants ont tendance à juger facilement coupables les accusés qui se défendent avec le plus de véhémence, pensant qu'il n'y a vraiment qu'un salaud de loup-garou pour clamer son innocence aussi fort, mais les plus expérimentés au contraire repèrent assez vite les joueurs qui essaient de garder profil bas tout le temps : en général, ce sont eux qui cachent quelque chose. Si je vous parle de ça, c'est parce que le film est un peu comme une partie de Loups-Garous de Thiercelieux qui vous prend pour des bleus. N'ayant presque rien à raconter, Le Chaperon rouge meuble ses 90 minutes en vous faisant jouer à "mais c'est qui donc le grand méchant loup ?" et multiplie les fausses pistes de façon trop ostentatoire. Mais genre carrément avec mouvement de caméra rapide et bruitage qui fait "woosh !" pour attirer votre attention sur un détail suspect. Et sans vouloir tout vous révéler, évidemment à la fin le loup c'était le joueur qui a essayé de se faire trop discret tout au long de la partie. Là encore, on bâille.


Le Chaperon Rouge 02

Le décor est très travaillé, mais fait quand même super factice...

Le Chaperon Rouge 03

...quant au loup, en plan moyen ça passe, mais dès qu'on voit sa tronche et qu'il parle ça devient gênant.


Complètement raté en tant que thriller horrifique et beaucoup trop fade en tant qu'histoire d'amour, Le Chaperon rouge a peut-être de quoi contenter les moins exigeantes des midinettes prêtes à se pâmer devant le moindre minet coiffé à la Naruto, mais c'est tout. Même les amoureux d'Amanda Seyfried devraient rester sur leur faim tant son jeu se montre limité ici. Et pour un curieux qui veut voir à quoi ça ressemble quand Hollywood essaie d'adapter n'importe quoi (remarquez, on a bien fait Le Petit Poucet en France il y a une dizaine d'années et c'était pas plus brillant), ben ça ne ressemble pas à grand'chose de plus que 5 euros de gaspillés. A éviter sans regret.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 09:47

Gingerdead Man 2Aaaah, Gingerdead Man, souvenez-vous. Une repompe de Jeu d'enfant basée sur l'idée délicieusement idiote d'un bonhomme en pain d'épices meurtrier, née d'un jeu de mots pourri, au final pas du tout aussi goleri que sa description et son Gary Busey le laissaient espérer. Ca n'a pas empêché le producteur Charles Band d'en commanditer une suite parce qu'il n'est pas du genre à laisser dormir les créations de son studio Full Moon dans les tiroirs, pas même les moins reluisantes. Quoique sur ce coup-là, on dirait plutôt qu'il avait un scénario sous la main, basé sur une envie d'auto-hommage/auto-parodie, et qu'il s'est dit que ça se vendrait mieux s'il collait un titre déjà connu de ses fans sur la jaquette. Et il avait pas tort, ce vieil escroc, puisque je l'ai achetée, sa merde. Alors que j'étais même pas fan du premier, d'ailleurs. Plutôt curieux de voir si quelqu'un avait réussi à faire le beau film débile que ce personnage méritait. Je suis sûr que vous êtes avec moi sur ce coup-là, que vous voulez y croire vous aussi, à un épisode réussi de Gingerdead Man. Pour tout vous dire, si vous n'êtes pas le genre de personne qui a l'espoir s'amuser pour de vrai un jour devant un épisode de Gingerdead Man, je ne sais même pas ce que vous faites ici.

Un montage résumant le premier film sert d'introduction à celui-ci mais ne se donne pas la peine d'expliquer comment le tueur en pain d'épices, complètement explosé dans une boulangerie texane à la fin de ses premières aventures, peut bien se retrouver parfaitement intact dans une boîte à gâteaux livrée à un studio hollywoodien au début de cette suite. C'est ça aussi, l'esprit Full Moon : cette touche de "ouais, allez, c'est comme ça, cherche pas, on s'en bat les couilles hein" dans l'écriture qui amène parfois à se demander pourquoi ces braves gens insistent pour continuer à faire du cinéma alors que raconter des histoires a l'air de les saouler. La suite montre notre serial killer en train d'abattre un par un les membres d'une équipe de tournage pour pouvoir accomplir le rituel qui permettra à son esprit de quitter le biscuit  humanoïde qu'il habite pour réintégrer un corps humain.


Gingerdead Man 2 02

Le Gingerdead Man fait quelques apparitions sporadiques dans le film,
mais se fait voler la vedette par... ben, tout le reste, en fait.


Le coup des meurtres sur un tournage de film d'horreur, Full Moon l'a déjà fait sur Les Morts haïssent les vivants (et peut-être sur d'autres productions, j'avoue n'avoir pas visionné tout leur prolifique catalogue), mais cette fois-ci, plus qu'une simple toile de fond, c'est un prétexte pour se moquer gentiment d'eux-mêmes à travers une caricature de leur studio. Le générique est rempli de couvertures de vieux magazines pour hommes type Man's Life retouchées pour devenir des affiches de films fictifs qui pourraient facilement passer pour de vraies productions Full Moon. Le film en cours de réalisation rappelle leurs nombreuses incursions dans le domaine des marionnettes/poupées/jouets tueurs, mais met en scène des créatures volontairement ridicules. David DeCoteau, acolyte régulier de Charles Band (il a notamment signé plusieurs épisodes de Puppet Master), fait une brève apparition dans son propre rôle et s'affiche comme un fumiste laissant ses techniciens tourner n'importe quoi pendant qu'il lit le journal. Ca reste bon enfant évidemment, le but est pas de cracher sans sa propre soupe, mais on peut saluer cet effort d'autocritique.


Gingerdead Man 2 01

Dommage que, derrière l'autodérision, on sent finalement
que les auteurs refusent toute critique extérieure...


Le problème, c'est qu'il y a du même coup beaucoup d'auto-complaisance. Pour vous donner une idée, c'est le genre de film où le dialogue souligne lui-même la bêtise du scénario en espérant que "faute avouée est à moitié pardonnée", à la manière de ces films d'horreur qui recyclent des lieux communs du genre tout en faisant dire à leurs personnages "ah la la, bonjour le vieux cliché de film d'horreur !" Mais surtout, il y a des discours un peu lourdement assénés pour se défendre contre toute critique sous prétexte que 1) c'est important que les marginaux et les gens qui aiment les trucs bizarres aient eux aussi leur place à Hollywood, 2) c'est juste de la déconne pour faire marrer les fans, ils prétendent pas faire de l'art, on va pas les empêcher d'amuser les copains quand même si ? et 3) de toutes façons les critiques c'est juste des louzeurs jaloux qui descendent pour se venger de pas pouvoir faire des films eux-mêmes. C'est un peu faiblard, facile, malhonnête et con, tout ça. C'est bien d'essayer de faire du cinéma "différent" et y a pas de mal à ne pas avoir de grandes ambitions artistiques, mais ça n'exclut pas de mettre un minimum de compétence et de soin dans son travail plutôt que de tout faire par-dessus la jambe, si ?


Gingerdead Man 2 04Apparemment, Charles Band se voit comme
un héritier jeune et beau gosse de Roger Corman.


Même quand il y a un truc un peu juste au milieu de tout ça, on n'arrive quand même pas à être d'accord, parce que ça reste une simple excuse à la médiocrité. C'est vrai, les films Full Moon annoncent la couleur sans ambiguité sur leurs jaquettes : c'est de l'horreur abracadabrante, pas du thriller haut-de-gamme, c'est des films sur des clowns démoniaques, des vampires nains, des pantins antinazis, des pipes à eau maléfiques, des gangsters fantômes. Si on est décidé dès le départ à détester ça, c'est pas la peine de regarder juste pour dire "c'est nul les films d'horreur", c'est sûr, et là-dessus Gingerdead Man 2 n'a pas tort... en théorie. Le problème, c'est que même quand on aime ça, on est en droit d'espérer mieux que Gingerdead Man. C'est bien d'avoir eu l'idée de Gingerdead Man mais ça ne suffit pas, faut essayer de l'exploiter de façon marrante ou ça ne sert à rien. C'est pas parce que le point de départ est farfelu que le produit fini est obligatoirement réussi, c'est pas parce qu'on est ouvert au cinéma bis qu'on n'a aucune exigence de qualité. Donc t'es gentil Charles Band mais au lieu de te chercher des excuses, sors-toi un peu plus les doigts du cul, merci.


Gingerdead Man 2 05

Même les effets gore sont assez grossiers.


En tout cas, avec tout ça vous avez peut-être compris que le personnage-titre passe au second plan. De temps en temps il apparaît, balance une vanne honteuse puis poignarde quelqu'un mais on sent bien que ce n'est pas vraiment lui le sujet de son propre film. C'est toujours le même mannequin rudimentaire en caoutchouc utilisé dans l'épisode précédent, ils n'ont pas cherché à créer un modèle amélioré, la seule différence c'est qu'au lieu d'avoir la voix de Gary Busey il a celle d'un type qui semble vouloir imiter Brad Dourif dans les Chucky. Le personnage n'est toujours pas très intéressant, d'autant moins que cette fois il n'a plus l'attrait de la nouveauté. Il ne fait toujours ni peur ni rire, exécute ses victimes sans originalité, bref c'est toujours pas aujourd'hui qu'il gagne son entrée au panthéon des meilleurs craignos monsters du cinéma débile.


Gingerdead Man 2 03Les marionnettes du film-dans-le-film sont
presque plus réussies que leur rival en pain d'épices.


Enfin bon, on papote, on papote, et avec tout ça, la critique va se retrouver plus longue que le film lui-même (qui ne dure qu'une heure). Dans l'ensemble, Gingerdead Man 2 est un peu plus regardable que son prédécesseur, notamment parce que les éléments parodiques peuvent décrocher quelques sourires à ceux qui ont déjà vu quelques films de chez Full Moon. Ca reste quand même un très mauvais film, et un poil prétentieux par-dessus le marché. Et le premier avait au moins le mérite d'avoir Gary Busey et de donner un rôle central à la fameuse créature. Du coup, difficile de les départager vraiment. Je crois que la meilleure des choses à faire est encore de n'en voir aucun des deux et d'attendre sagement l'importation en France de Gingerdead Man 3. Vous inquiétez pas, je vous tiens au courant.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 08:37

christmas evilConcluons cette semaine thématique avec une vieillerie que vous pouvez vous procurer facilement par le biais du site de Mad Movies à un prix modique. La jaquette le présente comme "le film de Noël le plus effrayant jamais réalisé", et bien que méconnu, il jouit effectivement d'une certaine réputation de bon film de méchant Père Noël, un thème qui mine de rien a été décliné au cinéma une quantité non négligable de fois. Pour ma part, je n'en ai pas vu assez pour pouvoir prétendre jouer à l'expert en la matière, mais je peux déjà dire qu'il n'a rien à voir avec Very Bad Santa ou un slasher classique.

Le prologue se déroule au cours de la nuit de Noël 1947 qui a apparemment traumatisé le personnage principal à vie, d'abord parce que son frère lui a affirmé que le Père Noël n'existait pas et que celui qu'ils avaient vu déposer des cadeaux dans leur salon était en réalité leur père déguisé, mais aussi parce qu'il a revu ce même Père Noël plus tard dans la soirée en train de jouer à picoti-picota avec leur mère. Bon c'est un peu ténu comme prétexte pour devenir un psychopathe dangereux en grandissant, mais c'est ça aussi la magie du cinéma. Une trentaine d'années plus tard, il est obsédé par Noël et toute sa vie s'articule autour : il travaille pour les jouets "Jolly Dream" et prend son boulot très à coeur, sa maison est remplie de décorations et de jouets, il va jusqu'à fabriquer des soldats de plomb et des marionnettes chez lui. Pour certains comme les enfants de son quartier ou sa belle-soeur et ses neveux, c'est un gentil rêveur inoffensif, et pour d'autres comme ses collègues ou son frère, c'est un illuminé et un tocard. Et pour le spectateur, qui partage ses petits secrets, c'est un sacré putain de gros tordu.


Christmas Evil 01Même à l'usine de bonshommes en plastoc pourraves produits à la chaïne,
il ne peut pas s'empêcher de faire la morale aux gens sur l'importance d'un produit fait avec amour.


En effet, il se rêve en Père Noël et ne se contente pas de dormir avec le costume, il veut vraiment être le vrai Père Noël. Et pour cela, il espionne les gamins comme un gros pervers et tient à jour des listes de gentils et méchants petits garçons et filles, pour savoir qui mérite des cadeaux et qui doit être puni. Et quand il a un "méchant" dans le collimateur, il n'hésite pas à aller jusque chez lui pour se planquer dans les buissons de son jardin et lui foutre la trouille. Quand il découvre qu'un de ses collègues lui a menti pour l'exploiter, il pique une grosse colère de grand enfant tout seul chez lui et se défoule sur un jouet au lieu d'aller dire ses quatre vérités au fautif. Quand il comprend que le Noël des enfants de l'hôpital est compromis par la radinerie et le manque d'intérêt qu'y porte son patron, il cambriole sa propre boîte pour aller faire une distribution de jouets lui-même.


Christmas Evil 04Visuellement, le film accuse clairement son âge (31 ans) avec par moments
un petit côté "arbre de Noël du CE de la Cogip".


Bien sûr, avec un poignard ensanglanté sur la jaquette, on se doute bien que tout ça va mal finir pour quelqu'un. Mais là où le film est très habile, c'est qu'il laisse planer le mystère quasiment une heure avant de se décider à faire basculer les événements dans le drame, sans jamais être ennuyeux. Le rythme est délibérément lent, mais le malaise est constant et la tension monte tandis qu'on se demande ce que ce taré va bien finir par faire. Est-ce que c'est un pédophile qui va violer toutes ces fillettes qu'il a déclarées "adorables" dans son cahier ? Un tueur d'enfants qui va charcuter ceux qui n'ont pas été sages ? Est-ce simplement un pauvre couillon dérangé mais pas méchant, dont le vol à l'usine de jouets va mal tourner ? N'est-il qu'une fausse piste, un gentil Père Noël qui s'opposera à un méchant qui apparaîtra plus tard ? Là où c'est encore plus fort c'est que même lorsqu'il commence à répondre à ces questions, le film continue à surprendre et à maintenir le spectateur dans le doute, l'attente, l'angoisse, au lieu de simplement virer à l'horreur non-stop.


Christmas Evil 02Le personnage apparaît si instable et dérangé qu'il est rare qu'une scène ne parvienne pas
à faire craindre jusqu'au bout qu'il va péter un plomb et faire quelque chose d'horrible.


Un autre point sur lequel Christmas Evil est malin, c'est qu'au lieu de mettre en scène un Père Noël carrément démoniaque comme dans Very Bad Santa, il représente son protagoniste comme finalement pas si éloigné du mythe traditionnel. Simplement, au lieu de se focaliser sur l'aspect "brave pépé jovial qui réalise les voeux des gosses", il met le doigt sur l'aspect dérangeant de sa "mission". Oui, il est plein de bonnes intentions, mais quand on y réfléchit un peu, il est flippant comme mec : puisqu'il sait qui a été sage ou pas, c'est bien qu'il nous épie, le vieux salaud, en s'octroyant le droit de juger du Bien et du Mal avant d'aller s'introduire en douce chez les gens. C'est un voyeur et un monte-en-l'air. Un manipulateur qui peut se mettre les mômes dans la poche en leur offrant des cadeaux. S'il existait pour de vrai, il serait probablement comme le détraqué de Christmas Evil.


Christmas Evil 03Le Père Noël SAIT ce que vous avez à vous reprocher, les amis, alors je crois
que le mieux à faire pour vous racheter, maintenant, c'est de participer à "Fais pas ta pute", merci.

 
Je voudrais éviter de trop en dire, c'est un film étrange qui à mon avis fonctionne mieux quand on ne sait pas trop de choses dessus. D'ailleurs je ne suis pas sûr qu'il résiste vraiment à un deuxième visionnage. Et pour ceux parmi vous qui préfèrent leurs films d'horreur avec de jolies nanas, des effets gore et une bande-son djeunz, Christmas Evil est peut-être un peu trop vieillot, avec son image de mauvaise qualité, sa longue mise en place, ses acteurs assez moyens et ses synthés. Mais c'est vraiment un film singulier, qui a de quoi séduire les amateurs du genre qui cherchent quelque chose qui sorte un peu des sentiers battus. Si vous appréciez qu'une série B sache vous mettre mal à l'aise, même avec des scènes où concrètement il ne se passe rien de mal, plutôt que de chercher à vous faire sursauter toutes les cinq minutes, n'hésitez pas à vous procurer le DVD, c'est probablement le film le plus original de cette petite sélection de Noël.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 08:19

Very Bad SantaMalgré son titre "français", cette production de Brett Ratner écrite et réalisée par un de ses anciens assistants n'est pas une suite à Bad Santa avec Billy Bob Thornton. Avec les succès des Very Bad Trip, "Very" ou "Very Bad" ça pourrait bien devenir le "Y a-t-il un... pour... ?" des années 2010 pour vendre n'importe quelle comédie chez nous, quel qu'ait été son titre original et quelle que soit sa qualité. Very Bad Cops, Very Hot Tub, Very Big StressVery Cold Trip...

Bon, bref. Very Bad Santa est un film de Père Noël tueur, sauf qu'ici, ce n'est pas simplement un psychopathe en costume comme dans Douce nuit, sanglante nuit, c'est le vrai Père Noël. Le prologue, qui met en scène quelques acteurs un peu plus connus que le reste du casting (James Caan, Fran Drescher, Chris Kattan) mais qui disparaîtront définitivement au bout de 5 minutes, entre dans le vif du sujet sans perdre de temps. Le joyeux colosse barbu débarque par la cheminée chez une famille en pleine dispute et massacre tout le monde avec ce que la fête peut lui fournir comme armes improvisées : le patriarche est étouffé avec de la dinde, l'une des filles est noyée dans le lait de poule, l'étoile au sommet du sapin devient un shuriken... C'est débile, c'est rigolo, c'est brutal, on sent que ça peut réussir là où les productions Charles Band à la Gingerdead Man échouent paresseusement : prendre une idée très con et essayer de l'exploiter pour de vrai, en s'amusant le plus possible et sans confondre "ne pas se prendre au sérieux" avec "ne pas faire sérieusement son travail". Quand on a enfourné le DVD dans le lecteur en craignant une merde irregardable, le début du film est plutôt une bonne surprise, même si l'on comprend qu'on est plutôt face à une comédie à la lisière du nanar qu'un véritable film d'horreur.


Very Bad Santa 03En quelques minutes à peine, on a déjà un catcheur qui explose une cheminée,
un petit chien projeté à coup de pied au cul dans un ventilateur de plafond,
la Nounou d'enfer avec les cheveux enflammés et
un James Caan qui a tellement honte d'être venu cachetonner ici
qu'il n'est pas crédité au générique. Franchement, que demander de plus ?


La suite raconte comment le Père Noël met une petite ville américaine à feu et à sang pour fêter la fin d'une malédiction qui le forçait, depuis mille ans, à être gentil et à distribuer des cadeaux. Car dans cette version pour le moins "non-officielle" de son histoire, le Père Noël est en réalité le fils de Satan et une sorte de divinité nordique maléfique, qui conduit un traîneau décoré de boucliers vikings et traîné par un bison anthropophage, et dont la véritable nature est de semer la mort plutôt que la joie. Du coup, plutôt qu'un vieux papy débonnaire à la Richard Attenborough, c'est l'ancien catcheur Bill Goldberg qui incarne le mythique bonhomme en rouge, et c'est assez dommage de se dire que sa carrière au cinéma ne risque plus trop de décoller car il se révèle plus intéressant ici qu'un John Cena dans The Marine, par exemple. Après avoir appris le secret de ses origines, deux adolescents vont s'opposer à lui et tenter de mettre fin à son règne de terreur.


Very Bad Santa 01Les gags sont en général assez bas-du-front, comme ici avec Goldberg qui désinfecte
une barre à pompiers sur laquelle dansait une stripteaseuse,
mais c'est aussi ce qui fait le charme du film.


Ce qui séduit dans Very Bad Santa, à condition d'être un peu client pour ce genre de couillonnade à la base évidemment, c'est l'inventivité et le soin étonnants apportés à sa création là où d'autres réalisateurs se seraient contentés de bâcler un slasher merdique en comptant simplement sur la notoriété de Goldberg pour vendre le DVD aux fans de catch. Il y a même une petite séquence en animation image par image, c'est dire si David Steiman (qui d'après IMDB, n'a malheureusement rien fait depuis) a mis du coeur dans ce projet : on ne se donne pas la peine de produire ce genre de truc compliqué quand on n'a rien à foutre de ce qu'on fait. Et le film fourmille de petites idées absurdes et gags à la con, l'ange qui défie le fils de Satan au curling, le casse-noisette qui sert d'arme en propulsant des éclats de coque comme des balles de pistolet, une surfaceuse utilisée comme bélier, le tout ponctué par du rap de Noël, du hard rock de Noël... C'est bébête, c'est pas avec ça qu'on fait un chef-d'oeuvre mais on voit pas ça tous les jours, c'est le genre de conneries avec lesquelles on fait un épisode de Vendredi 13 idiot mais drôle, par exemple.


Very Bad Santa 02Honnêtement, combien de fois dans votre vie vous pensez avoir l'occasion de voir
un film avec un passage façon L'Etrange Noël de Monsieur Jack montrant
un match de curling entre Papa Noël et un ange sous le regard d'un bovin sadomaso, hein ?


Le film est un peu à la croisée des chemins entre l'esprit Troma (en moins cracra et délirant), Les Contes de la Crypte et les dernières suites de Freddy ou Chucky, toujours sanglantes mais à vocation plus comique qu'effrayante. Après évidemment, même si c'est réalisé avec compétence et professionnalisme, on n'est quand même jamais loin de la série Z parce que ça reste un film sur un Père Noël à gros biscoteaux qui défonce des bikers dans des boîtes de striptease, crache des boules de feu et ponctue ses meurtres horribles par des vannes pourries, donc soyez prévenus, c'est pas un film pour tout le monde, faut aimer ce genre de petite bêtise. Et pour être honnête, même pour les fans, ça n'est quand même pas un nouvel incontournable du genre, il brûle trop vite ses meilleures cartouches, il y a quelques longueurs, les "gentils" sont trop fadasses (et je reste indulgent en disant ça). Bref si vous êtes radins comme moi, vous ne vous jetterez pas forcément dessus à 10€, vous attendrez peut-être de le trouver à 5. Mais si vous êtes amateur d'humour noir crétin et en quête de quelque chose d'un peu plus original que Le Père Noël est une ordure ! à regarder pendant les fetes, ça vaut le coup d'y jeter un oeil.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 08:43

Black ChristmasAllez, on continue la semaine spéciale Noël avec un remake d'un film canadien de 1974 considéré comme le premier vrai "slasher film" de l'histoire du cinéma. A mon grand regret, je n'ai pas vu l'original, mais j'ai survolé rapidement l'un des bonus du DVD de cette version moderne, et apparemment l'intention de son réalisateur/scénariste Glen Morgan (longtemps producteur d'Aux Frontières du Réel, mais ici mis en avant comme l'un des "créateurs de Destination Finale") était la même que celle d'à peu près tous les abrutis qui tournent des remakes de films d'horreur, d'Halloween à Freddy : se pencher sur l'origine du tueur. Et à vrai dire, c'est le genre de cas où l'idée n'est pas forcément idiote : comme on ne peut pas dire que Billy Lenz, l'étouffeur/poignardeur/énucléeur de Black Christmas, soit une icône de l'horreur, et qu'il n'est apparu que dans un seul film, fouiller son passé ne sera pas simplement l'occasion d'apporter des explications idiotes à certains éléments bien connus du personnage, genre montrer le hangar où il a ramassé son masque ou le pull qu'il portait lors de sa première mort : on peut en profiter pour essayer de créer, quasiment de toutes pièces, une nouvelle mythologie originale. Alors, pourquoi pas ?

La majeure partie de l'action se déroule à Noël, dans une maison occupée par une sororité d'étudiantes. Avant que certaines partent rejoindre leur famille, un échange de cadeaux a lieu, mais l'ambiance tourne vite à l'aigre, d'abord parce que pour la plupart ce sont de petites connasses insupportables, mais aussi parce que l'espèce de chaperonne qui vit avec elles insiste sur le respect d'une tradition humoristico-superstitieuse : prévoir un cadeau pour Billy, un tueur psychopathe qui vivait dans cette même maison avec sa famille une vingtaine d'années plus tôt, avant d'être interné en hôpital psychiatrique pour avoir massacré son beau-père et sa mère et mutilé sa petite soeur un soir de Noël. Ce qui n'est pas vraiment le meilleur moyen de créer une ambiance sympa entre copines. Mais ça pourrait être pire, Billy Lenz pourrait s'être échappé de l'asile pour être "à la maison pour les fetes" et être en train de poignarder les filles à l'étage pendant que celles du rez-de-chaussée se chamaillent. Bon alors ok oui, c'est pire du coup.


Black Christmas 03Pas de stars au casting mais quelques visages reconnaissables (enfin sauf là parce que c'est tout p'tit),
comme Mary Elizabeth Winstead de Scott Pilgrim ou Michelle Trachtenberg de Buffy.


Black Christmas progresse en dents de scie, alternant le pas trop mal avec le franchement médiocre, pour un résultat plutôt dispensable. En gros, les flashbacks qui racontent le passé du tueur sont assez rigolos et le reste est sans grand intérêt. L'enfance de Billy est racontée par épisodes et à la manière d'une légende urbaine, du genre de petit conte horrible que les gens inventent à partir d'un fait divers réel dont ils ne connaissent que peu d'éléments, ce qui amène chaque nouvelle personne qui raconte l'histoire à ajouter un détail sordide ou atroce supplémentaire, pour boucher les trous et surtout la rendre la plus ignoble possible. Le résultat est totalement invraisemblable mais on s'en fout puisqu'il ne prétend pas vraiment au réalisme, simplement à créer un monstre original. Le problème, c'est que le Billy de la légende, sorte d'affreux ninja pervers et cannibale, est plus intéressant que le Billy qui attaque les héroïnes du film.


Black Christmas 02Les rares fausses pistes quant à l'identité du tueur (serait-ce le petit ami salaud ?
la colocataire bizarre ?) sont vite balayées sous le tapis.


Car oui hélas le reste du temps, le film suit un schéma on ne peut plus banal de film d'horreur pour ados, avec une brute qui attire ses proies dans l'ombre et les élimine une par une jusqu'à ce que les dernières survivantes prennent leur courage à deux mains et tentent de contre-attaquer. De vieux clichés sont rabâchés sans la moindre touche personnelle : les portables qui captent pas, le prétexte fallacieux pour que tout le monde reste dans la maison avec le tueur au lieu de se barrer pour chercher de l'aide, la scène censée faire sursauter parce qu'une fille se fait surprendre par derrière mais en fait c'est juste son petit ami qui débarque à l'improviste, le tueur qui se relève alors qu'on le croyait mort... Et l'impression de déjà-vu est accentuée par l'absence de vrais personnages pourvus de véritables traits de caractère : les filles du groupe sont à peu près toutes interchangeables, sans relief, juste une poignée de pimbêches photogéniques.


Black Christmas 04Billy Lenz a divers points communs avec Jacob Goodnight de See No Evil.


Quelques bonnes idées et des effets gore potables ne font malheureusement pas un bon film et Black Christmas est le genre de produit de consommation courante qu'un amateur de slasher films oubliera assez vite après l'avoir vu.
C'est prévisible, ça ne fonctionne pas vraiment ni comme thriller ni comme comédie noire. Alors, même dans l'hypothèse où vous avez décidé d'une soirée films d'horreur à thème pour Noël, ajouter celui-ci à votre programme n'est vraiment pas indispensable.

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 08:51

And Soon the Darkness - Fantasme sanglantPauvre Amber Heard. Pour All the Boys Love Mandy Lane, elle était "Pure. Innocente. Belle à mourir". Maintenant la voilà "Pure, innocente, vulnérable". Je ne sais pas si c'est moi qui surinterprète ou quoi, mais on a l'impression qu'elle suscite une espèce de sadisme chez les producteurs et/ou réalisateurs, une joie mauvaise, déguisée en vague compassion, à l'idée de détruire quelque chose de beau et délicat. Y a un côté "ah la la, la pauvre petite mignonne, dire qu'elle a l'air si douce, fraîche et fragile, quand je pense qu'on va la torturer, la violer, la massacrer, ça me ferait presque de la peine, tiens." Encore deux-trois films comme ça et le slogan risque de virer à "Pure et innocente, et putain je vais lui en mettre plein la gueule sans pitié comme un gros salaud, ça m'excite". Non ? C'est moi qui voit le mal partout ?

Remarquez, sur ce film-ci, elle est coproductrice, donc allez savoir, c'est peut-être elle qui aime ça. Ou bien c'est l'éditeur du DVD qui veut qu'on confonde son produit avec Mandy Lane. Il a l'air pas très scrupuleux, l'éditeur, en plus d'avoir ajouté le sous-titre français Fantasme sanglant dont on se demande bien ce qu'il vient foutre là (mais StudioCanal a l'air de l'adorer, ce sous-titre), au dos de la jaquette il a mis une photo des héroïnes en bikini et des commentaires comme "un thriller sulfureux et haletant dans la veine de Sex Crimes" ou "un thriller provocant qui repousse les limites du plaisir". Alors bon oui c'est un thriller et oui il y a une scène où les filles sont en maillot, mais pour vous dire à quel point c'est honnête comme descriptif, ça équivaut à peu près à imprimer "un polar noir et violent dans la lignée de No Country for Old Men" à côté d'une photo de Rosco en uniforme pour promouvoir Shérif fais-moi peur.


and soon the darkness 01Attention : ce flim n'est pas un flim sur le cyclimse.
Merci de votre compréhension.


Concrètement, on est plutôt entre Wolf Creek et Hostel, et c'est un remake d'un film britannique éponyme d'il y a 40 ans. L'original se passait en France, celui-ci nous emmène en Argentine, ou deux jeunes touristes américaines passent leurs derniers jours de vacances dans l'arrière-pays après avoir faussé compagnie au groupe de randonneurs cyclistes dont elles faisaient partie, sans se douter que leur vadrouille les a menées sur le théâtre de nombreux kidnappings récents. J'hésite à en dire plus parce que là, mine de rien, je vous ai déjà raconté la moitié du film. Mais bon, pour ceux qui veulent savoir, au bout d'un moment elles se séparent suite à une dispute, et l'une des deux est enlevée par un autochtone de moralité douteuse. Sa copine alerte les autorités, mais le flic local se montre peu coopératif, et elle se lance donc seule à la recherche de son amie disparue dans les ruines d'une inquiétante ville désertée par ses habitants.


and soon the darkness 03Bien que le film s'ouvre sur une brève scène de torture,
on n'est vraiment pas devant un clone de Saw.


On ne peut pas dire que le coup d'essai de Marcos Efron, dont c'est le premier long métrage, soit un coup de maître. Malgré quelques idées intéressantes, And Soon the Darkness peine à convaincre, principalement parce que le film ne va pas jusqu'au bout de ses bonnes intentions. Ainsi, il cherche à être un film d'horreur réaliste (pas de tueur masqué qui se relève même après qu'on lui a vidé 463 chargeurs de magnum dans le buffet, pas de psychopathe qui invente des machines de torture super élaborées...) tout en ayant la politesse de ne pas se prétendre "tiré d'une histoire vraie", mais ne parvient finalement pas à s'affranchir des clichés usés du slasher, avec des jeunes filles qui seront punies pour avoir osé vouloir s'amuser, de plus grandes chances de s'en sortir pour la plus "pure" du lot, des victimes potentielles qui choisissent bêtement de se séparer au lieu de rester groupées, et le traditionnel jeu du chat et de la souris entre le bourreau la dernière survivante pour conclure l'histoire. Pas très audacieux donc, et malheureusement privé par sa vocation au réalisme de ce qui peut faire le charme, mettons, d'un épisode de Vendredi 13 (pas de gore, pas d'exécutions originales, pas de plans nichons).


and soon the darkness 05J'ai toujours du mal à voir Karl Urban comme autre chose
qu'un gars que les producteurs radins embauchent pour dire aux spectateurs
"Souvenez-vous, vous l'avez vu en second rôle
dans des films avec des vraies stars,
ils étaient cool ces films, du coup le mien est un peu cool aussi non ?".


Ce côté pusillanime (eh ouais tavu, des fois j'écris des trucs comme "va te faire enculer" mais des fois je sais mettre des vrais mots sérieux qui font intelligent aussi) se retrouve à d'autres niveaux. Toute la (très longue) mise en place du film s'efforce de créer le mystère autour de ces disparitions de jeunes femmes dans la région, de faire porter des soupçons sur à peu près tout le monde, de lancer le spectateur sur diverses pistes... Et si les simples villageois étaient tous dans le coup, complices plus ou moins actifs des ravisseurs ? Et si cet Américain ténébreux (joué par un Karl Urban aussi falot que de coutume) était le vrai coupable sous ses airs de brave garçon ? Et si ce dragueur louche était simplement un jeune beauf qui ne sait pas se tenir avec les dames et pas forcément une pourriture de violeur ? Et puis au bout du compte, le film n'apporte aucune réponse intéressante ou surprenante à ces interrogations. Même l'espèce de simili-coup de théâtre qui introduit le dernier acte du film semble regretter d'exister. Difficile d'expliquer sans tout raconter, alors au cas où vous décideriez de le regarder quand même, je ne dis rien, mais on a l'impression que le réalisateur a préféré balayer rapidement sous le tapis sa grosse révélation-choc pour qu'on n'ose pas trop lui reprocher son côté prévisible. "Bon, d'accord, vous l'avez vu venir. Je passe direct à la suite et on n'en parle plus, ok ?"


and soon the darkness 04C'est presque étonnant que l'éditeur Studio Canal n'ait pas utilisé ce genre d'image
pour vendre le film comme "un thriller SF post-apocalyptique dans la lignée de La Route !"


Je ne veux pas descendre complètement le film, parce que j'ai vu largement pire, parce qu'il n'est pas trop con à défaut d'être vraiment très crédible, parce que sa ville fantôme à l'aspect post-apocalyptique est un décor assez original pour un film d'horreur, parce qu'il fait l'effort d'essayer d'être un thriller à suspense sérieux plutôt qu'une série B pour ados accumulant des scènes de sévices bien tordus sur des jolies nanas en marcel blanc taché de boue. Mais c'est vraiment loin d'être une réussite, ça ne vaut pas les films auxquels je le comparais au début. Les Hostel jouent de façon beaucoup plus maligne sur l'opposition riches/pauvres (ici on n'est pas loin d'un bête "méfiez-vous, dans les pays pauvres c'est des sauvages qui veulent notre peau"), Wolf Creek a un bien meilleur méchant. Si ça passe à la télé ou que vous le dégottez à 5€, et que vous êtes un inconditionnel de sa petite vedette blondinette, pourquoi pas. Mais en DVD dans une offre à 20€ les 2 comme on le trouve pour le moment, c'est pas vraiment la peine de sortir le porte-monnaie.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 13:05

Wolf CreekAvec ce titre on pourrait croire à un film sur une attaque de loups mangeurs d'hommes ou de loups-garous, avec cette jaquette on s'attend plutôt à une variation sur le thème "mutilation et amputation avec la gueule dans la boue" à la mode depuis Saw, mais ce petit film australien qui n'a, à ma connaissance, pas fait grand bruit en France (alors qu'il a apparemment choqué les critiques anglo-saxons, y crompris l'éminent Roger Ebert) est en fait plus proche d'un film de tueur fou "classique" à la Massacre à la tronçonneuse. D'ailleurs lui aussi se prétend "inspiré de faits réels" tout en n'ayant qu'un rapport très, très lointain avec le fait divers qui a servi d'idée de départ. Comme le DVD se trouve facilement entre 3 et 5 euros et que j'en avais lu une critique élogieuse qui le déclarait "à ne pas manquer pour un fan de slasher movies", j'ai acheté.

Au départ on est plutôt dans du road movie, deux petites touristes anglaises en Australie se font brancher par un gentil bellâtre local et les trois s'achètent une bagnole pour partir en virée. Et pendant la première moitié du film, il n'y a pas de psychopathe dangereux, pas de meurtre sanglant, pas de poursuite, juste trois jeunes gens en vacances qui traversent le désert australien jusqu'au cratère de Wolfe Creek. Et puis évidemment la voiture tombe en panne au milieu de nulle part, et le péquenaud jovial qui leur vient en aide se révèle être un tueur sadique sous ses dehors amicaux, et nos voyageurs passent donc la seconde moitié du film à tenter d'échapper à son grand couteau et son fusil à lunette alors qu'il a désossé leur véhicule et que la civilisation est à des dizaines de kilomètres.


Wolf Creek 04Voilà, pour les curieux, Wolfe Creek, c'est ça. Y a pas de loups, et d'ailleurs en vrai
y a un "e" à "Wolfe", c'est le nom de l'explorateur qui a découvert la rivière qui coule pas loin.


La jaquette annonce fièrement qu'il s'agit de la "version longue inédite non-censurée", et je dois dire qu'on sent bien le côté "version longue". C'est pas que j'espérais un carnage non-stop mais faut reconnaître que les quarante premières minutes du film sont assez arides. Il y a un côté positif, ça donne le temps aux futures victimes d'exister. Ce n'est pas l'habituelle présentation en 2 minutes d'une bande de connards interchangeables comme dans un Hostel, par exemple. Ceux-là sont plus vrais, plus sympas, les deux filles ont l'air vraiment bonnes copines, il y a une petite amourette qui naît avec le gars... Le tueur lui aussi, lorsqu'il apparaît enfin, semble plus réel que la moyenne des personnages de ce type qu'on retrouve dans tous ces films qui jouent sur la peur que les ploucs soient des barbares dont le loisir favori consiste à massacrer les gens de la ville qui s'égarent sur leurs terres, de 2000 maniaques à La Colline a des yeux en passant par Délivrance. C'est un rustaud, mais ni un débile mental ni une brute épaisse. Après, bien sûr, on voit aussi que c'est un taré qui aime torturer les gens, mais ce n'est pas la caricature du "redneck" typique des films américains sur le Sud.


Wolf Creek 08Les jeunes le taquinent en le comparant à Crocodile Dundee, ce qui donnera lieu
à l'un des meilleurs moments d'humour noir du film...


Mais bon, vraiment, toute cette présentation, c'est long. Ca ne sert pas le film autant que ça devrait. Dans un film comme La Nuit des Masques, par exemple, certes le tueur ne passe à l'action que dans la dernière demi-heure, mais en attendant, la tension monte, on sait qu'il rôde des environs, qu'il pourrait frapper n'importe quand. Ici, l'attente ne créée pas vraiment ce genre de suspense, on passe directement de "Ils ne risquent rien" à "Ils sont pris au piège". Après, oui, c'est l'habituel jeu du chat et de la souris, et une vraie bonne ambiance de thriller s'installe, et c'est un peu plus original que la moyenne parce que là aussi, on reste dans du plausible. Le tueur n'est pas un Jason qui peut encaisser 50 chargeurs de Magnum dans le buffet et se relever frais comme un gardon, ni exploser un mur de briques à la seule force de ses mains pour surprendre sa proie par-derrière, c'est juste un "outbacker" plus à l'aise avec les armes et plus dur-à-cuire que les citadins qu'il pourchasse. Quant à eux, ce ne sont pas des demeurés du genre dont le comportement incohérent fut tourné en dérision il y a 15 ans dans Scream. Quand l'une des filles retourne se jeter dans la gueule du loup alors qu'elle a l'occasion de s'enfuir, par exemple, il y a une bonne raison : elle a entendu gémir sa copine, qui est aux mains du tueur, et elle ne peut quand même pas simplement se barrer en courant en ne pensant qu'à sauver sa peau alors que sa meilleure amie est juste à côté, sur le point d'être violée/torturée/tuée.


Wolf Creek 07Ne vous attendez pas à trop de gore malgré l'extrême cruauté du méchant "outbacker",
on reste dans de la violence réaliste.


Alors voilà, oui, il y a de bons éléments j'avoue. L'acteur qui joue le tueur assure, l'histoire tient debout, il y a quelques originalités bienvenues, pas trop de clichés, un aspect réaliste. Et ça ne mise pas tant que ça sur le côté "choc" ; les scènes de violence sont crues, brutales, le tueur est un sacré sadique, mais c'est pas Saw, c'est pas Hostel, c'est pas de l'arrachage de tripes à profusion. Mais pour moi ça reste un film pas complètement réussi, avec trop de longueurs, de maladresses (la scène où l'une des filles découvre la "salle des trophées" par exemple, où elle prend le temps de regarder des vidéos sur des caméscopes...), une fin qui aurait été acceptable si le film avait réellement été "tiré d'une histoire vraie" et pas simplement "vaguement inspiré" mais qui là du coup fait un peu "eau de boudin". Vu le prix, je ne peux pas dire que je me sois fait avoir, c'est un film d'horreur correct qui vaut bien ses 3-5€, mais ça reste une déception, et pas forcément un titre indispensable.

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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