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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 09:38
gingerdead manLes productions Charles Band, vous en avez déjà vues sur ce site (The Creeps, Les Morts haïssent les vivants), vous savez donc peut-être un peu comment ça fonctionne : un budget de misère au service d'une idée de départ volontairement débile qui paraîtra alléchante aux amateurs de nanars ou de couillonnades de chez Troma, mais qui se révèlera si mal exploitée qu'au final l'amateur se sentira floué. Enfin ça n'est pas TOUJOURS ça, Band a quelques films un poil plus "1er degré" regardables comme de vrais films d'horreur et non de grosses farces, comme la série Puppet Master, mais souvent quand même, il fait des choses comme ce Gingerdead Man.

Ce titre à jeu de mots est un bon avertissement pour le spectateur potentiel. Si vous n'êtes pas du tout attiré par la série Z, vous savez qu'une histoire de bonhomme en pain d'épices mort-vivant n'a aucune chance de vous séduire. Si vous aimez ça, mais que vous avez un peu d'expérience en la matière, vous l'aborderez tout de même avec une certaine circonspection, parce qu'après L'Attaque de la moussaka géante, Des Serpents dans l'avion ou Mega Shark vs Giant Octopus, on ne vous la fait plus, vous savez flairer quand un  titre vous vend un truc trop beau pour être vrai. Comme un film d'horreur dont le tueur serait une friandise par exemple.

Probablement inspiré par Jeu d'enfant, le film est l'histoire d'un criminel (interprété par Gary Busey, le seul acteur un peu connu du film) dont l'esprit vient à posséder un bonhomme en pain d'épices dans une boulangerie dont les propriétaires ont témoigné lors de son procès, menant à son exécution, et dont il va vouloir se venger. Dit comme ça, ça a l'air très con, mais ça l'est encore plus quand on voit comment tout cela est mis en scène : la fille de la boulangerie trouve un paquet de "mélange pour pain d'épices" (je mets entre guillemets parce que concrètement, le mélange pour pain d'épices ça n'existe pas) laissé par un mystérieux personnage dissimulé sous une cape noire et évidemment décide de l'utiliser parce que c'est normal de mettre dans son manger des trucs étranges offerts par des gens louches, puis son pote s'entaille le poignet avec un cutter en déballant un autre paquet parce que ce sont vraiment des choses qui arrivent, et saigne au-dessus de la préparation mais ils s'en servent quand même, puis la fille confectionne un seul et unique bonhomme avec, puis pendant qu'il cuit un accident provoque une surcharge électrique dans le four, et c'est là donc que le tueur reprend vie sous forme de bonhomme en pain d'épices diabolique, et entreprend d'abattre les boulangères et leurs amis sans que jamais personne n'ait l'idée d'appeler les flics alors qu'au moins l'une d'entre eux a un portable qui fonctionne, ni ne quitte le bâtiment et s'enfuie en profitant qu'une créature de 30 cm à la merci des animaux errants a peu de chance de pouvoir les rattraper, parce que "il pourrait justement être dehors en train de nous attendre pour nous tuer !"

Gingerdead Man 04Voilà le genre de livreur qui inspire tout à fait confiance quand on reçoit
un colis non sollicité de denrées alimentaires.

Et le pire c'est que théoriquement, ça pourrait être drôle tellement c'est n'importe quoi. Sauf que c'est fait avec beaucoup plus de paresse que de réelle fantaisie. Si le scénario est si bête, ce n'est pas parce que les auteurs en ont volontairement fait des tonnes pour le rendre le plus invraisemblable possible, mais parce que ce sont de gros branleurs qui n'avaient pas l'intention de se fouler à pondre un truc qui tienne un minimum debout. Ils avaient leur super jeu de mots et rien derrière, mais comme ils pouvaient pas vraiment se contenter de vendre juste la jaquette avec le titre sans rien sur le DVD, ils ont laborieusement bricolé une intrigue qui renonce à la logique la plus élémentaire en espérant que ça crééerait l'illusion que leur idée inexploitable fonctionne quand même et que le spectateur serait indulgent parce que "ouais quand on regarde un film comme ça faut être con pour s'attendre à un super scénario".

Gingerdead Man 01En 1978, Gary Busey a été nommé pour l'Oscar du meilleur acteur.
En 2005, il a joué dans Gingerdead Man. La vie nous mène parfois sur des chemins étranges.

Alors effectivement, quand on est prêt à s'ouvrir à l'idée d'un film qui s'appellerait Gingerdead Man on n'espère pas une intrigue intelligente et habilement ficelée, mais à force de fermer les yeux sur n'importe quel raccourci, n'importe quelle grosse ficelle, n'importe quelle absurdité sous prétexte que "ouais mais bon c'est Gingerdead Man qu'est-ce tu veux" on en vient quand même à se demander finalement pourquoi il faudrait vraiment tout excuser au film. C'est pas le tout d'avoir un titre marrant hein, faut avoir un peu de contenu marrant aussi pour mériter la clémence du public. On ne peut pas invoquer constamment la défense "sans ça, y a pas de film" si justement on n'a pas vraiment un film à proposer mais juste une heure de scènes mal jouées et platement filmées avec une caméra pourrie, agrémentées d'effets spéciaux en carton.

Gingerdead Man 02J'ai compté, il tire 17 fois avec son revolver à 6 coups sans jamais recharger
et sans blesser aucune de ses cibles qui sont à 1 mètre 50 de lui,
parce que les trucages et maquillages d'impacts de balles ça coûte trop cher.

Heureusement que c'est hyper court, ça laisse moins le temps de s'ennuyer. Heureusement aussi que je n'ai payé ça que 3 € parce que plus cher, j'aurais pleuré (déjà que là, c'est trop cher quand même...). C'est laid, c'est pas drôle, ça ne fait pas peur, le monstre est nul (étonnant, de la part du producteur des Puppet Master, de ne pas avoir su trouver quelqu'un pour mettre au point une marionnette un peu plus convaincante), les rares meurtres sont sans originalité. Le seul attrait que ça peut avoir, c'est le fait de pouvoir se dire que voilà, ça y est, on a vu le fameux film où Gary Busey joue un goûter assassin parce qu'on est prêt à voir tout et n'importe quoi pour prouver à quel point on est un nanardeur accompli. En gros, à moins que vous prépariez une thèse sur le cinéma de série Z, laissez tomber.
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 09:18
devils rejectsAprès le maladroit mais pas complètement raté La Maison des 1000 morts, Rob Zombie persiste et signe avec une suite (la jaquette dit "fausse suite", ils ont honte du premier ou quoi ?) aux aventures de l'ignoble famille Firefly, trouvable en DVD en solderie autour de 5 € (mais qui, contrairement au premier épisode, est quand même sortie en salles en France avant). Je n'avais pas été super convaincu par le premier film, mais le deuxième était quand même un peu prometteur sur le papier : d'abord parce qu'on pouvait espérer que les erreurs de jeunesse commises sur La Maison des 1000 morts seraient moins présentes ici, ensuite parce les personnages qui tiennent la vedette de cette suite faisaient partie de ce qu'il y avait de plus intéressant dans le premier épisode, et enfin parce que Rob Zombie n'as pas cédé à la tentation du "je refais à peu près exactement la même chose mais avec un plus gros budget", et a au contraire choisi de s'aventurer dans un genre de film légèrement différent.

En effet, The Devil's Rejects n'est pas à proprement parler un film d'horreur, c'est plutôt un thriller sur des tueurs en cavale, un film de poursuite et de vengeance. De plus, les rôles sont plus ou moins inversés, les prédateurs se retrouvant dans la peau des proies. Le principe même des bourreaux devenant victimes n'est pas foncièrement novateur, il y a déjà des films comme La Dernière maison sur la gauche de Wes Craven sur ce thème, mais pour une fois qu'une suite essaie d'être autre chose qu'une resucée de ce qui a déjà été fait précédemment, ce serait mesquin d'accuser The Devil's Rejects de manque d'originalité.

Devils Rejects 01Comme dans La Maison des 1000 morts
c'est encore le clown diabolique qui vole la vedette.

Si vous n'avez pas vu La Maison des 1000 morts mais que vous comptez le faire c'est le moment de sauter quelques lignes pour ne pas vous gâcher l'intrigue, parce que si vous continuez à lire vous allez savoir que le shérif George Wydell est mort abattu par la mère Firefly et que son frère John, également shérif est maintenant bien décidé à le venger. Il prend d'assaut la maison des tueurs avec une escouade d'adjoints, mais deux d'entre eux, Otis et Baby, parviennent à s'échapper. Bientôt rejoints par le Cap'tain Spaulding, ils font route vers un bordel où ils espèrent trouver refuge, mais John Wydell est à leurs trousses, aidé par deux chasseurs de primes patibulaires, et de moins en moins enclin à pratiquer une arrestation dans les règles s'il parvient à leur mettre le grappin dessus...

Devils Rejects 03Ami lecteur, sans aller sur IMDB ou Wikipédia, sauras-tu te souvenir
dans quel film d'horreur mythique Rob Zombie est allé piocher Ken Foree ?

Bonne nouvelle, on est beaucoup moins dans le trip "bienvenue dans mon univers effrayant et rigolo de hard rockeur qui connaît trop bien le cinéma d'horreur, venez visiter, vous allez voir c'est plein de petits détails à la con trop marrant" que précédemment, et un peu plus dans un vrai film dont l'auteur chercherait à raconter une vraie histoire plutôt qu'à montrer sa collection de t-shirts humoristiques. Rob Zombie (il est chiant avec un pseudo pareil, ça oblige à l'appeler systématiquement par le nom ET le prénom parce que juste "Zombie" ça ferait crétin) a sus se corriger dans pas mal de domaines. Les victimes du trio de tueurs ressemblent un peu plus à de vrais gens et un peu moins à une poignée de figurants anonymes juste là pour se faire découper. Le parcours du shérif et de ses acolytes est aussi intéressant à suivre que les péripéties de la famille Firefly. La bande originale est meilleure (et exempte de morceaux du réalisateur). Le film est mieux rythmé, moins encombré de monstres superflus et de digressions. Sid Haig, toujours exquis dans le registre de l'ignominie joviale (personnellement, je le trouve assez proche d'un Jean-Claude Dreyfus dans Delicatessen), a plus de temps d'écran et toujours de bonnes répliques. Même le jeu d'actrice de Sheri Moon Zombie semble avoir quelque peu progressé. Indéniablement, The Devil's Rejects est bien mieux foutu que le premier épisode.

Devils Rejects 02Le remplacement de Karen Black par une autre actrice
n'est pas le changement le plus heureux par rapport au premier volet.

Mais si on a gagné en qualité, on regrettera d'avoir en revanche un peu perdu au niveau spontanéité et fraîcheur. Y a de la moustache ou de la rouflaquette à l'aspect factice, des imitations d'accent plouc qui sonnent faux. J'avais salué, pour le précédent, la prouesse qui consistait à aligner une si belle brochette de sales tronches sans avoir fait appel aux suspects habituels, mais cette fois on n'échappe pas à Michael Berryman et Danny Trejo. Et entendons-nous bien je n'ai rien contre l'un et l'autre, mais il y a maintenant quelque chose d'assez banal et attendu à leur présence dans un film de genre. A part ça, on sent aussi que Rob Zombie a dû beaucoup lire et entendre que la meilleure scène de La Maison des 1000 morts, c'était celle où le shérif et son adjoint sont à la ferme des Firefly et que les choses tournent mal. Des ralentis, de la musique mais plus de dialogues ni de bruitages, de la violence brute, sanglante, un long silence avant la conclusion... Et c'est vrai hein, c'était vraiment la meilleure scène. Alors il s'est dit qu'il allait en refaire une autre sur le même modèle dans The Devil's Rejects. Et une autre. Et encore une autre. Et encore, et encore. Bon ok allez peut-être pas cinq, mais trois déjà c'est beaucoup. Prises individuellement, oui, elles sont réussies, mais forcément, l'accumulation en affaiblit l'impact. S'il veut en caser une par film jusqu'à la fin de sa carrière comme sa signature de vrai réalisateur de cinéma qui a du style, pourquoi pas, mais là ça finit par donner l'impression qu'il n'a pas vraiment beaucoup d'idées de mise en scène et qu'il se repose toujours sur la même chaque fois qu'il a besoin de montrer que ça ne rigole plus et qu'on est arrivé à un nouveau tournant du film.

Devils Rejects 04Rob Zombie a quand même réussi à dénicher une bonne gueule de tueur
inédite au cinéma en la personne de l'ex-catcheur Diamond Dallas Page.

Au bout du compte, The Devil's Rejects est nettement plus réussi et intéressant que La Maison des 1000 morts, mais pas non plus un grand film à mes yeux. Je ne sais pas si c'est moi qui suis trop exigeant ou blasé mais je n'ai pas réussi à m'enthousiasmer plus que ça, malgré les améliorations, malgré les originalités, malgré les qualités. Je ne sais pas, c'est peut-être le côté "tout le monde est un pourri", ça tue un peu l'enjeu. On n'a pas envie que le shérif gagne, mais on n'a pas vraiment envie non plus que Spaulding, Otis et Baby s'en sortent non plus. Le film semble vouloir nous rallier à leur cause, mais même si ce sont de bons personnages, on a quand même du mal à se dire "oh pourvu que cette bande de tortionnaires et d'assassins s'en tire à la fin !" C'est une chose de s'amuser à "encourager" Jason pour rigoler devant un Vendredi 13, mais là, entre l'ambiance plus réaliste et le sadisme des personnages, leur "coolitude" est quand même salement entachée. Enfin tout ça pour dire que c'estsans doute faute de pouvoir vraiment s'impliquer dans le dénouement de tout ça que j'ai trouvé qu'il manquait un truc au film. J'ai payé ça 6 euros et à ce prix-là ça vaut quand même le coup de le mater si vous êtes un tant soit peu fan du genre, mais pour vous dire, je sais que le deuxième disque avec ses heures de bonus ne sortira jamais du boîtier parce que ça m'a pas passionné au point que je m'inflige les coulisses du tournage ou les scènes coupées.
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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 09:36
la maison des 1000 mortsQuelques années avant que Tarantino ne force les critiques intellos branchés à faire semblant de s'intéresser au cinéma "grindhouse" avec son Boulevard de la Mort (d'ennui), le hardrockeux Rob Zombie décidait de se lancer dans un hommage au cinéma bis des années 70 pour sa première réalisation. Titre outrancier, galeries de personnages extravagants, mauvais goût assumé, univers horrifique bizarre et cracra, le film n'utilise certes pas d'effets spéciaux pour vieillir et endommager artificiellement son image mais on est indéniablement dans une ambiance à la Massacre à la tronçonneuse ou La Colline a des yeux.

La Maison des 1000 morts reprend d'ailleurs pas mal d'éléments au film de Tobe Hooper. Un petit groupe de jeunes s'arrête dans un trou paumé du Texas pour refaire le plein d'essence et va se retrouver victime de la famille de dégénérés du coin, les Firefly, des ploucs assassins et tortionnaires. Personne n'a de scie mécanique portative c'est vrai, mais il y a bien un gros demeuré défiguré dans la famille, et s'il n'est pas absolument certains que les Firefly soient anthropophages, j'ai cru déceler un clin d'oeil à la scène de Massacre à la tronçonneuse dans laquelle les futures victimes se font servir des grillades par un complice de la famille de Leatherface (en ignorant qu'elles sont probablement à base de chair humaine, donc) quand le restaurateur/forain du coin offre du poulet frit aux futurs morts.

Bon je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un remake ou une repompe intégrale mais faut avouer que l'intrigue n'est pas d'une originalité folle, c'est un schéma classique du genre, mais après tout pour un premier film, avoir la modestie de ne pas chercher à révolutionner le cinéma n'est peut-être pas un mal. Reste donc à savoir si Rob Zombie a su apporter  à la formule une touche personnelle intéressante et/ou un certain savoir-faire pour que son passage derrière la caméra (et le visionnage de ce DVD, donc) vale le coup quand même.

La Maison aux 1000 morts 01Une des forces du film est de proposer une sacrée belle galerie de sales gueules,
et tout ça sans avoir à faire appel aux traditionnels Michael Berryman, Robert Z'dar et Zelda Rubinstein.

Malheureusement, comme beaucoup de réalisateurs de cinéma de genre actuels, Rob Zombie est un garçon qui veut absolument qu'on sache qu'il a des références, qu'il ne débarque pas comme un fleur dans un domaine qu'il ne connaît pas au contraire qu'il maîtrise à fond son sujet. Je ne sais pas si les mecs qui font ça sont plutôt dans un trip à la Tarantino genre "mes goûts sont tellement intéressants, il faut absolument que j'en fasse profiter tout le monde en déblatérant dessus le plus longuement possible" ou si au contraire c'est le fruit d'une certaine angoisse, la peur de ne pas avoir de légitimité en tant que réalisateur, une tentative de prouver qu'on est un vrai cinéaste puisqu'on est un vrai cinéphile. Ce sont des gars qui connaissent le public auquel ils s'adressent, ils savent qu'ils ont face à eux des mecs totalement imprégnés la même sous-culture, nourris aux mêmes films et séries, des mecs qui ont dans un coin de leur tête le super film d'horreur ou de SF qu'ils réaliseront un jour quand un producteur leur aura donné les sous et qui en attendant, se montreront impitoyables envers les plus chanceux qu'eux, les geeks qui auront trouvé quelqu'un pour financer leurs histoires de monstres et de zombies. Forcément, pour apaiser ce genre de bestiau, le réalisateur qui débute peut être tenté de vouloir prouver par tous les moyens qu'il n'est pas qu'un simple critique de Mad Movies (enfin, ou Fangoria hein) qui a eu un gros coup de bol immérité, de montrer patte blanche, de prouver qu'il sait ce qu'il fait, qu'il n'est pas un imposteur, qu'il aime du même amour passionnel les mêmes choses que ses spectateurs potentiels.

La Maison aux 1000 morts 02T-shirts humoristiques, fausses marques de céréales rigolotes,
le film fourmille de petits gags visuels qui lui donnent un certain charme
mais ne suffisent pas à faire totalement pardonner ses faiblesses.

Bon enfin notez que ça n'est qu'une théorie hein. Mais donc Rob Zombie s'est lancé dans le film d'horreur parce que comme tous les rockeurs chevelus, il a passé son adolescence à regarder en cachette des histoires de cannibales ou de psychopathes de la cambrousse et que maintenant, il veut refaire pareil mais en y ajoutant sa touche personnelle, et sa touche personnelle consiste à fourrer toutes ses "influences", comme on dit, dans son premier film. Les "musées des horreurs" qu'on trouve au bord de certaines routes aux Etats-Unis,
Massacre à la tronçonneuse et La Colline a des yeux, les légendes de tueurs fous, les Marx Brothers, Massacre à la tronçonneuse et La Colline a des yeux, le hard rock, Massacre à la tronçonneuse et La Colline a des yeux, la série Les Monstres (ça fait moins bateau que La Famille Addams, sans doute), Massacre à la tronçonneuse et La Colline a des yeux, probablement un peu aussi Forbidden Zone de Richard Elfman pour faire bonne mesure.  De bonnes influences certes, mais ça fait un peu beaucoup d'un coup quand même et forcément, ça prend un côté fourre-tout, et notre apprenti-réalisateur a un peu de mal à faire exister un vrai film au milieu de tout ça.

La Maison aux 1000 morts 03La Maison des 1000 morts multiplie les monstres et créatures,
mais la réussite de leur design ne fait pas forcément oublier
que le film n'en fait finalement pas grand'chose de mémorable.

Ca n'est pas complètement inintéressant hein, visuellement par exemple c'est riche, et y a une assez belle galerie de méchants. Sid Haig (un ancien habitué des productions Roger Corman) est excellent dans un personnage savoureux d'affreux clown/Monsieur Loyal (mais malheureusement trop peu présent dans le film à mon goût), la vétérane Karen Black est très bien aussi en pouffiasse décrépite. Je suis un peu moins convaincu par le jeu d'actrice de Sheri Moon par contre mais c'est peut-être mon mauvais esprit qui m'amène à penser qu'elle n'a eu le rôle que parce qu'elle est Madame Zombie dans la vie. Les victimes, en revanche, ne sont là que pour être poursuivies, séquestrées, charcutées ; aucune ne peut être considérée comme un véritable personnage, il y a un pauvre prétexte scénaristique au fait que ces quatre abrutis ne se sauvent pas à toutes jambes en débarquant chez le vilain clown mais à part ça, rien, pas de personnalité, de signes distinctifs, ils sont juste vaguement antipathiques, c'est tout. Et malheureusement ça affaiblit grandement un film d'horreur, quand chaque disparition d'un des "héros" ne suscite pas grand chose de plus chez le spectateur que "ah ben tiens, un de moins là déjà, je me souviens même plus comment il s'appelait celui-ci" ou à la rigueur "ah, dur, j'aimerais pas qu'il m'arrive la même chose, mais au fait c'était laquelle des deux filles là ?" plutôt que "oh non pas cette pauvre Sandy/ce pauvre Ben !"

La Maison aux 1000 morts 04Dommage que le Cap'taine Spaulding ne soit pas plus présent dans le film,
ses rares scènes faisant partie des meilleures.

Mises bout-à-bout, les qualités de La Maison des 1000 morts ne rattrapent pas complètement ses défauts et ne font hélas pas vraiment un bon film. Ca ne vole jamais vraiment au-dessus de "Massacre à la tronçonneuse, sans la tronçonneuse". D'ailleurs tenez, c'est bien simple : ça n'est pas beaucoup plus passionnant à regarder que le remake superflu de Massacre à la tronçonneuse. Ca a plus de style, c'est sûr, et à choisir entre les deux j'ai plus de respect pour un film raté de cinéphile-cinéaste débutant que pour une production Michael Bay sans âme, mais concrètement, La Maison des 1000 morts est-il un bien meilleur film que celui de Marcus Nispel ? Bof. Bref, j'ai The Devil's Rejects de Rob Zombie qui m'attend dans ma pile de DVDs à voir et je suis curieux de le visionner quand même, mais en attendant je dois dire que je regrette un peu les 10 € que j'ai payés pour celui-ci.
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 13:22
Ah, celui-ci, ça faisait longtemps que je le voulais. A sa sortie, directement en DVD, il m'avait fait de l'oeil depuis le présentoir de nouveautés grâce au petit gadget débile et rigolo inséré dans le boîtier par-dessus la jaquette, une poche de faux sang du plus bel effet.  Oui c'est con hein, mais je suis le genre de gamin qui se laisse séduire par un "effet spécial" comme ça. Cela dit, comme le film sortait un peu de nulle part, j'ai préféré attendre une baisse de prix avant d'acheter, nonobstant la présence de Rhona Mitra au casting, présentée comme tête d'affiche. Finalement, le film s'est retrouvé dans l'opération promotionnelle "2 DVDs achetés = le 3ème gratuit" qui permet aux supermarchés d'écouler des stocks de trucs pas terribles que personne n'achèterait s'il fallait les payer plein pot mais qui d'un coup paraissent intéressants parce qu'on peut en avoir 3 pour 20 €. Bref, comme un couillon, je me suis décidé à acquérir le fameux DVD si chouette avec son faux sang dedans...

Ma soeur m'avait dit "C'est vraiment une merde, mais tu devrais le regarder quand même". Elle connaît mes goûts, ma soeur, elle sait que mon affection pour la série Z m'amène parfois à apprécier des films dénigrés par le commun des mortels. Comme Jason X, par exemple. Et justement, Skinwalkers est l'un des rares films du réalisateur de Jason X. Se pouvait-il que ce que les critiques désignaient quasi-unanimement comme un ignoble navet dissimule en réalité un très honnête petit film d'horreur original et divertissant ?

Comme son titre l'indique (mais uniquement à ceux qui connaissent les légendes navajos), Skinwalkers parle de loups-garous. Dans un monde où les loups-garous existent mais vivent cachés, deux clans s'affrontent. L'un d'eux est composé d'individus ayant choisi de lutter contre leur nature, qu'ils considèrent comme une malédiction, et se font enchaîner par des humains les nuits de pleine lune avant que leur transformation survienne, afin de ne pas faire de victimes. Dans l'autre camp, en revanche, on trouve ceux pour qui la lycanthropie est un bienfait, des créatures amatrices de sang humain qui tous les mois, libèrent l'animal qui est en elles pour aller chasser de la chair fraîche. Ce second groupe est bien contrarié par une prophétie qui annonce qu'un enfant parviendra à libérer le monde de la malédiction des loups-garous le jour de ses 13 ans et cherche à mettre la main sur le gamin, qui est évidemment sous la protection du premier groupe. Ce qui va bien sûr pousser tout ce petit monde à s'entretuer pendant un peu plus d'1h20 de film.

Un peu comme Gérard Depardieu chez nous, au Canada
Elias Koteas est légalement tenu d'apparaître dans deux films sur trois.

Une prophétie avec un être élu, un enfant en plus, et une lutte fratricide qui va survenir à la veille de sa réalisation (parce que les mecs n'ont pas pensé à chercher le gamin avant les jours qui précèdent ses 13 ans pour éviter d'avoir à le buter à la dernière minute) : à peine commencé, le film se traîne déjà de sacrés gros boulets et malheureusement, cette fois-ci Jim Isaac n'est pas là pour plaisanter avec les lieux communs comme il a pu le faire sur le 10ème Vendredi 13. D'ailleurs autant le dire tout de suite, Skinwalkers n'a pas la moindre des qualités de Jason X. Rythme plombé par les temps morts, effets spéciaux moisis, pas d'humour... Là où Jason X parvenait à se montrer original par de petites touches loufoques alors que beaucoup lui reprochaient de n'être que "Alien, mais avec Jason", Skinwalkers essaie maladroitement d'être "Terminator 2, mais avec des loups-garous" et se vautre lamentablement dans la banalité et l'ennui.

Bon ben on n'a plus qu'à regarder le T-800 se laisser engloutir dans la cuve de métal en fusion
puis attendre que Jonathan Mostow et McG fassent des suites pourries.

Autant je n'ai pas de mal avec Rhona Mitra en Sarah Connor, même si je regrette qu'une fois de plus la pauvre hérite d'un personnage sous-exploité, autant les autres "remplaçants" ne soutiennent pas deux secondes la comparaison avec leurs modèles. John Connor dans sa version 91 était cool, c'était un petit débrouillard qui savait pirater des distributeurs de billets, faisait de la moto et écoutait du hard rock. Dans cette repompe de 2006, c'est un petit geignard inutile dont la seule tentative pour se faire remarquer consiste à sortir quelques remarques timidement lubriques à une infirmière pour jouer au grand garçon, ce qui n'a pas grand intérêt. A part ça, on a aussi Elias Koteas à la place de Schwarzenegger, et si je ne remets pas en cause ses talents d'acteur, faut reconnaître qu'il n'a pas vraiment la trempe d'un héros de film d'action. En plus son personnage est nul ; un loup-garou qui ne veut pas être loup-garou, c'est chiant. Et pour finir, là où T2 s'efforçait d'en mettre plein la vue au spectateur avec une succession de cascades exceptionnelles et des effets spéciaux dernier cri, Skinwalkers n'a que quelques fusillades banales et des maquillages plutôt foireux. On a même droit aux transformations en loup-garou à l'ancienne en 3 temps, 1) j'ai des fausses dents et des lentilles colorées, 2) oh regarde, la pleine lune !, 3) ça y est je suis un homme-loup.

Les loups-garous du film passent plus de temps à jouer les desperados du far west
qu'à faire des trucs de loups-garous.

Le fait que l'intrigue et les réactions des personnages soient presque toujours débiles et incohérentes n'aide pas non plus à se plonger avec passion dans le truc. C'est le genre de film où un personnage voit son père mourir sous ses yeux abattus par les méchants, et puis hop dès la scène suivante on n'en reparle plus jamais parce que le père n'était qu'un figurant. Plus loin c'est un autre personnage qui doit abattre sa fille chérie, et ça lui pose un terrible dilemme pendant au moins, oh, disons une seconde, une seconde et demie. Et ne parlons même pas du retournement final... A part ça, on aussi droit à "Toi ??? Mais je te croyais mort !!!", un beau cas de "ça alors, je n'aurais jamais cru que mon fils Luke Skywalker pouvait se cacher sur ma planète natale, chez mon demi-frère, sous mon vrai nom de famille", et la pauvre Rhona qui ne s'est jamais rendue compte qu'à chaque pleine lune, son défunt mari, toute sa belle-famille et une grande partie de leur village allaient se faire enchaîner dans des caves par les rares membres humains de sa communauté, et ce pendant au moins 14 ans.

Le design des créatures est assez raté, et les maquillages sentent bon le petit budget.

Certes, ça se veut une course-poursuite effrénée qui ne laisse pas le temps de réfléchir aux détails du scénario, mais comme les scènes d'action manquent de punch, c'est raté. Il faut dire que des ralentis malvenus et des personnages qui font claquer leurs armes toutes les 10 secondes (combien de fois il faut éjecter une douille, ou enclancher une balle dans le canon, ou retirer la sécurité ou autre avant de tirer une fois au fusil ?) comme seuls éléments de mise en scène censément "cool", c'est léger. Bref, 6,33 € pour un film minable, même pas classifiable comme "nanar drôle", ça fait cher payer. C'est vrai que je peux glisser la poche de faux sang dans le boîtier d'un meilleur film, remarquez, c'est toujours ça. Mais pour ce qui est de voir réellement décoller la carrière de Rhona Mitra comme héroïne de cinéma de genre, c'est encore un coup pour rien. Si son agent ne lui trouve pas de meilleurs films, elle risque de rester la Milla Jovovich du pauvre.
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 23:27
Comme c'est vendredi 13 aujourd'hui et avant de regarder Skinwalkers du même réalisateur j'ai voulu me refaire Jason X, un film que je n'avais pas vu depuis longtemps mais dont je gardais un très bon souvenir et qui à mes yeux, valait d'être réhabilité dans la mesure où d'après ce que je lis à droite à gauche, le film est plutôt mal vu même par les amateurs du genre.

Jason X est comme son nom l'indique mal le 10ème épisode de la série Vendredi 13. Et pour tenter de se renouveler un peu, le scénariste a eu la même idée que celui de Leprechaun 4 (ouais je sais, on fait mieux comme modèle) : envoyer le monstre dans l'espace. Forcément, si à la base vous n'êtes pas attiré par les idées nanaresques comme ça, ça a peu de chances de vous séduire. Et même si vous aimez ça, vous savez sans doute que malheureusement, une bonne idée débile ne donne pas forcément un bon film débile, parfois ça donne The Creeps ou Doomsday.

Heureusement, le réalisateur a su traiter Jason X comme il le méritait, c'est-à-dire sans trop se prendre au sérieux tout en évitant l'écueil du "mais c'est un nanar assumé alors on peut faire n'importe quoi n'importe comment, ça sera forcément trop marrant parce que quand même, Vendredi 13 dans l'espace, rien que de le dire ça suffit à faire marrer pendant 1h30". Vous savez, le fameux écueil Des serpents dans l'avion. Il ne suffit pas d'avoir une bonne accroche pour remplir 90 minutes de film, il faut encore avoir de bonnes idées rigolotes pour en faire un vrai divertissement sympa.

Pour la petite histoire, le film démarre en 2010, et le fameux tueur du vendredi est en phase d'être cryogénisé par les autorités qui ne savent plus quoi faire de lui (bien que condamné à mort, il a survécu à toutes les méthodes d'exécution classiques). L'opération est annulée à la dernière minute alors qu'un groupe de militaires vient récupérer le bestiau afin de se livrer à des expériences pour découvrir le secret de son pouvoir de régénération. Evidemment, Jason en profite pour se libérer et semer la mort ; une responsable du labo de cryogénisation parvient in extremis à le piéger et le congeler quand même, mais se retrouve prisonnière avec lui... Des siècles plus tard, en 2455, alors que l'humanité a migré vers une autre planète, un groupe d'étudiants en sciences en visite sur Terre pour des travaux pratiques découvre les deux corps en hibernation et les embarquent à bord d'un vaisseau. Et comme il faut s'y attendre, après le décollage, Jason dégèle, met la main sur un instrument tranchant, et se remet au travail comme au bon vieux temps...

Vivement un Jason contre Star Trek dans lequel notre con gelé
s'en prendra, bien entendu, au Capitaine Picard.

Alors certes, le scénario se résume un peu à "Jason traque tout le monde dans les couloirs du vaisseau et massacre les membres d'équipage un par un jusqu'à se faire tuer par les derniers survivants" et les personnages sont quasiment tous de simples figurants destinés à vite disparaître après avoir prononcé une à cinq répliques, l'héroïne elle-même n'ayant pas vraiment une personnalité bien marquée. Bref c'est un Vendredi 13, si vous vous attendez à du grand cinéma ou à un classique de la science-fiction vous allez en être pour vos frais. Reste que c'est un petit film d'horreur tout à fait divertissant, parce qu'il assure dans les domaines où l'amateur du genre attend qu'il assure.

Les temps changent, mais même dans l'espace
rien ne vaut une bonne machette.

Déjà, c'est l'un des quatre épisodes de la série où le personnage est incarné par Kane Hodder. On pourrait croire que pour un lourdaud muet et masqué dont les activités se limitent à découper, éviscérer ou démembrer des gens, l'acteur dans le costume importe peu, et il faut être honnête, on ne peut pas dire que Hodder lui apporte de la profondeur. Mais il lui donne une présence, une gestuelle à lui. C'est pas énorme, hein, juste un petit quelque chose dans la façon de tourner ou incliner la tête, dans la démarche, mais c'est ce qui peut faire la différence entre un bon et un mauvais personnage de ce genre. Il en impose, c'est un bon croisement entre le Terminator du 1er film et un animal dangereux. Si votre tueur n'est pas un bavard comme Freddy ou Chucky, c'est bien d'avoir Kane Hodder dans le rôle.

Comme dirait Bourvil, maintenant il va marcher beaucoup moins bien, forcément.

Un des éléments qui ont assuré la pérennité de la popularité de Jason auprès d'un certain public, c'est qu'il se montre "créatif" dans ses meurtres, au sens où au fil des films, il a utilisé des dizaines d'accessoires et méthodes pour assouvir sa soif de sang au lieu de tout faire à la machette. Il continue ici, on a droit à quelques joyeusetés comme un visage éclaté en morceau ou type qui meurt en tournant sur une vrille après y avoir été empalé, mais cette fois en plus, c'est dans l'espace, et le film en tire profit. Vous voyez, quand on veut faire du "nanar volontaire", il faut assumer pour de vrai son idée de nanar volontaire. Le réalisateur de Des Serpents dans l'avion met un champion d'arts martiaux dans son avion avec les serpents, et ce nullard n'ose pas aller au bout de son propos et nous offrir une scène de kickboxing anti-reptiles. Le réalisateur de Jason X, n'a pas été aussi frileux. Il a Jason dans l'espace en 2455, et il sait que c'est couillon, mais il sait aussi que si on annonce Jason dans l'espace à son public, il y a quelques promesses tacites à tenir par rapport au contenu. A ce niveau-là, on en a pour son argent, Jason affronte des aliens dans un jeu de réalité virtuelle, se bat contre une androïde, provoque des dépressurisations pour aspirer ses proies dans le vide intersidéral, se propulse à travers l'espace à la poursuite des survivants...

Avec les nanotechnologies futuristes, on peut rattacher les membres que Jason coupe.

Je regrette un peu que la jaquette (et à l'époque de la sortie ciné, l'affiche et la bande annonce) ne gâche la surprise de la métamorphose du colosse de Crystal Lake en ce que le générique appelle "Uber Jason", vu qu'elle ne survient que dans les dernières minutes du film. Et le costume de cyborg est moins réussi que dans mes souvenirs. Ca reste une idée rigolote, et la preuve que les auteurs ne se sont pas retenus de faire un film farfelu, tout en introduisant de manière naturelle leurs touches de fantaisie (à l'inverse de Neil Marshall sur Doomsday par exemple, où tout fait forcé). Ils ne se sont pas gênés non plus pour suivre l'exemple de La Fiancée de Chucky en parsemant l'horreur d'une bonne dose d'humour sans pour autant transformer le film en grosse farce. Et ils arrivent même à blaguer sur le fait que Jason s'en prenne avant tout à ceux qui baisent sans que pour autant les gags à ce sujet se limitent à ce qu'un personnage pointe du doigt le fait que c'est un cliché idiot de film d'horreur.

Qu'il soit au 20ème ou au 25ème siècle,
Jason a toujours du mal à accepter la sexualité chez les jeunes.

J'ajoute que même si le film n'est que "déconseillé aux moins de 12 ans" et donc finalement pas très gore, les trucages liés aux tueries sont réussis, et que les effets numériques ont un poil vieilli mais sans être trop ringards. Sans avoir l'air d'une superproduction, le film fait largement moins cheapos que Leprechaun dans l'espace par exemple. Tout cela étant dit, je dois être tout à fait honnête : après ce deuxième visionnage, j'avoue que le film est un peu moins bien que dans mes souvenirs. Je le voyais plus jouissif, il va un peu moins loin que ce que je pensais dans le genre "crétin mais drôle". Néanmoins, ça reste très chouette dans son genre. Si vous pouvez apprécier une petite série B/Z à la fois brutale et déconnante, je crois que vous serez d'accord avec moi sur le fait que Jason X vaut largement la petite poignée d'euros pour laquelle les supermarchés le fourguent.
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 08:58
Certaines offres spéciales proposées en supermarchés peuvent être difficiles à comprendre. Sur celui-ci par exemple, un autocollant proclamait "10 € = -50% pour l'achat de ce DVD". -50% sur le prix de quoi ? Ben sur le prix du DVD. Si j'achète ce DVD j'ai droit à une remise, non pas sur un deuxième DVD, mais sur le même. Si je ne l'achète pas, je n'aurai pas droit à une remise dessus, mais ce sera pas très grave puisque je l'achète pas, mais attention, si je l'achète à 10 € il me coûtera 5 €. Pourquoi ne pas simplement dire dès le départ qu'il coûte 5 € alors hein ? Il faut croire qu'un prix aussi bas est trop associé à une image de film minable pour solderies. Alors que là on a l'impression de faire une bonne affaire, en achetant un vrai film mais en ne le payant que la moirié de son vrai prix de vrai film. C'est fort quand même.

Enfin bref. On n'est pas là pour parler des manoeuvres étranges des supermarchés, mais pour parler de Derrière le masque, encore un film qui exploite l'idée du film tourné par ses personnages, façon Blair Witch, Cloverfield, REC ou Les Chroniques des morts-vivants. Décidément peu porté sur l'originalité, le film ressemble à un mélange de Scream et C'est arrivé près de chez vous, puisqu'on y voit une équipe de tournage suivre et filmer un psychopathe dangereux dans ses activités homicides, et que c'est un prétexte à étudier les clichés des slasher movies.

Située dans un monde où Michael Myers, Jason Voorhees, Freddy Kruger et Charles Lee Ray existent pour de vrai (il n'est pas fait mention de Leatherface par contre), l'intrigue démarre alors qu'une étudiante en journalisme se rend avec ses deux techniciens chez un certain Leslie Vernon, qui s'est présenté à elle comme un tueur fou de la même trempe que les célébrités susmentionnées. Désireuse de savoir ce qui peut bien pousser ce genre de personne à commettre des crimes atroces, elle le fait filmer par ses gars tandis qu'elle l'interviewe, le suit dans la préparation de ses meurtres... Très fier de lui, Leslie se prête au jeu avec enthousiasme, partageant tous les petits secrets d'un bon tueur fou : comment choisir sa proie, comment l'effrayer pendant les jours qui précèdent la tuerie, comment bien préparer le théâtre des opérations, quels codes stricts les hommes comme lui doivent suivre...

J'espère que vous avez une forte tolérance aux têtes de noeud,
parce que ce champion-là on va le voir beaucoup pendant le film.

Et je sais que, dit comme ça, ça peut paraître intéressant... comme Doomsday ou The Creeps. Il y a même quelques idées amusantes dans le film, mal utilisées, mais amusantes, principalement dans les scènes où Leslie parle de préparation physique, comme par exemple lorsqu'il explique que les tueurs doivent s'entraîner de la même façon que les maîtres de yoga à ralentir au maximum les battements de leur coeur pour avoir l'air morts alors qu'ils sont toujours vivants, ou qu'il parle de la difficulté de suivre une victime qui court quand on doit donner l'impression d'être simplement en train de marcher. Bon, c'est pas comme si les Scream et d'autres ne s'étaient pas déjà largement moqué de ce genre de lieux communs, mais sous cette forme d'interview, ça aurait pu donner un sketch marrant, genre Jason de Vendredi 13 qui parle de ses méthodes à des journalistes le plus simplement du monde, comme s'il donnait des astuces de jardinage. Mais là c'est étiré sur 90 minutes, et c'est pas avec Jason ou Pinhead ou le Leprechaun, c'est avec Leslie Vernon. Forcément, ça fonctionne moins bien.

Leslie rend régulièrement visite à son mentor, un tueur comme lui, mais à la retraite.
Ce personnage est l'une des nombreuses idées qui auraient mérité d'être
soit mieux traitées, soit abandonnées en tant que fausse bonne idée.

Il faut dire qu'il y a un gros problème avec Leslie Vernon, en dehors du fait qu'il s'appelle Leslie Vernon et que c'est un nom minable pour un tueur : c'est une sacrée putain de tête à claques. Bien sûr c'est le tueur, on n'est pas censé le trouver sympa, mais dans la mesure où il est à l'écran pendant à peu près 80 % du film et qu'on passe donc un long moment en sa compagnie, ce serait tout de même mieux s'il n'était pas absolument insupportable. Si l'on compare à C'est arrivé près de chez vous, c'est vrai que Ben est un tueur doublé d'un gros con imbu de lui-même, mais le personnage parvient tout de même à dégager une espèce de charme bizarre, entre autre par l'incroyable nonchalance avec laquelle il commet ses actes horribles. Leslie Vernon, hélas, n'est qu'un gros con imbu de lui-même. Il n'est pas nonchalant puisqu'il en fait des caisses sur le moindre de ses actes, il n'est pas drôle (même s'il semble le penser). Les diverses facettes de sa personnalité qui transparaissent le rendent toutes horripilant, sa façon de déballer sa psychanalyse de bazar à tout bout de champ, sa condescendance, son enthousiasme de petit garçon complètement factice... C'est une grosse tête de con qui se la joue et qu'on aimerait voir se taire, certainement pas un monstre fascinant qu'on a envie de voir ainsi monopoliser la caméra.


Le réalisateur-scénariste tient à ce que vous sachiez qu'il a lu
Le Commentaire psychanalytique pour les Nuls très attentivement.

Face à lui, la petite journaliste n'est pas mieux. Bon, qu'elle décide de filmer un fou dangereux sans broncher, pourquoi pas. C'est ce que font les mecs de C'est arrivé près de chez vous. Mais eux, ils assument. Quand il tue une vieille dame ou un petit garçon, on ne les voit pas ensuite pleurnicher que "oh mon Dieu, il a vraiment fait ça, j'arrive pas à le croire, c'est affreux !" L'héroïne de Derrière le masque, elle, ne bronche pas quand Leslie Vernon passe son temps à lui répéter qu'il a prévu de tuer tout un groupe de jeunes, accepte de l'aider à faire flipper une fille, l'accompagne en rigolant chez son ami serial killer ou quand il va tuer sa première victime pas importante... et puis d'un coup, quand il s'apprête à mettre à exécution le dernier acte de son plan, là, elle se dit "oh la la, non, pas possible, mais alors il va vraiment faire tout ça pour de vrai ?" et comprend que c'est un méchant et qu'il faut l'arrêter. Ben quoi, elle croyait qu'il blaguait depuis le début ? Même après l'avoir vu assassiner la vieille bibliothécaire ?

Pour ne rien arranger, le look de Leslie Vernon
dans son costume de tueur n'est pas spécialement mémorable.

Ah, elle est un peu lente d'esprit, la pauvre. Le film espère d'ailleurs visiblement que le spectateur le soit lui aussi, vu la façon avec laquelle il nous assène ses coups de théâtre comme si c'étaient de grosses surprises, alors qu'on les voit arriver de loin. Je cherche pas à faire le malin, hein, je fais partie des gens qui n'ont pas vu venir la fin de Sixième Sens avec Bruce Willis, c'est vous dire. Mais là, je crois qu'il m'a fallu dix ou quinze minutes de film avant d'avoir déjà compris comment les choses allaient tourner. Pour prévisible qu'il soit, je comprends que le retournement de situation que les personnages comprennent vers la fin est censé être effectivement une surprise ; mais avant ça, vers la moitié du film, il est fait grand cas de la découverte de l'identité réelle de Leslie Vernon, alors qu'il me paraissait tellement évident dès le tout début qu'il mentait à ce sujet que je ne pensais même pas que c'était censé surprendre les personnages et le spectateur, et qu'il faudrait Robert Englund pour venir l'annoncer.

Bonjour, je suis Troy McClure, vous m'avez peut-être déjà vu dans
la moitié des mauvais films d'horreur sortis ces 25 dernières années.

Pauvre Robert Englund. On pourrait croire que la série des Freddy lui aurait rapporté suffisamment d'argent pour couler une retraite heureuse ou au moins choisir de bons rôles dans de bons films, sans avoir à servir d'argument de vente/caution morale à des films d'horreur pourris jusqu'à pas d'âge. Son personnage ici est le "Bienfaiteur" (d'après le sous-titre en tout cas ; le dialogue d'origine appelle ça l'Achab, mais apparemment le public francophone est trop con pour connaître Moby Dick) et m'amène à un autre problème de Derrière le masque : se moquer des clichés d'un genre, ok, mais inventer des clichés pour l'occasion en faisant comme s'ils étaient vraiment très répandu, c'est vilain. Leslie Vernon est tout fier d'avoir affaire à un "Bienfaiteur", et explique (à la journaliste qui apparemment ne connaît pas Moby Dick non plus car le mot "Achab" ne lui évoque rien) qu'il s'agit d'un archétype classique dans son business, le héros qui a voué sa vie à traquer et éliminer le tueur fou. Ok, mais on voit ça dans quels films exactement ? Personne ne traque jamais Freddy, ou Jason, ou Leatherface. Certaines de leurs victimes potentielles finissent évidemment par se décider à essayer de s'en débarrasser, dans certains films il y a parfois un flic qui cherche à faire son boulot de flic (dans le 1er Chucky, ou See No Evil), mais c'est pas pareil. Si on veut être indulgent on peut dire que dans Shining il y a Halloran qui vient aider Danny (et, ô surprise, le personnage d'Englund s'appelle Halloran) mais à vrai dire ça ne correspond même pas vraiment à la définition du "Bienfaiteur" donné par Leslie Vernon. Bref c'est du bidon, le Bienfaiteur n'est pas un lieu commun du cinéma d'horreur, très peu de films en ont. Alors ta gueule, Leslie Vernon. Remballe tes théories fumeuses ou va les vendre à Scream 4.

Un cliché du film d'horreur en caméra embarquée dont il faudra penser
à se moquer dans un prochain épisode :
le personnage qui s'énerve et frappe la caméra en demandant d'arrêter de filmer.

Le film n'est pas entièrement vu par les caméras des trois apprentis reporters. Il y a aussi une partie tournée comme un vrai film, qui s'entrelace avec le reste, les scènes où Leslie passe à l'acte. Et là non plus, ça n'est pas brillant. Déjà parce que ça n'est que l'éxecution d'un plan qui nous a déjà été raconté. Aussi parce qu'e le réalisateur y oublie de se moquer des clichés pourris, et les ressert sans ironie parce que c'est bien pratique quand même, les clichés pourris. Oh, le seul portable du groupe ne capte pas, ça alors, quelle surprise. Oh les personnages s'enfuient dans tous les sens comme des idiots au lieu d'essayer de se calmer et d'affronter le couillon masqué en profitant du fait que 1) ils connaissent ses plans et ses pièges en détails, 2) ils savent qu'il n'a aucun pouvoir surnaturel, c'est juste un petit gringalet qui s'essouffle quand il met 3 coups de poing dans un sac de sable, et 3) ils sont 6 ou 8 contre 1. Là aussi donc, le film ne parvient qu'à être agaçant tout en se croyant malin.

Il est tout seul avec ses 60 kilos et nous ne sommes que 6,
je crois qu'on est foutus les gars.

Derrière le masque n'a même pas non plus de quoi contenter un peu les amateurs de gore (la mention "accord parental" sur la jaquette ne laissait que peu d'espoir là-dessus, à vrai dire), il n'y a qu'une seule exécution un tout petit peu originale et peu d'effets sanglants. C'est frimeur, ça échoue aussi bien en tant que comédie qu'en tant que film d'horreur, l'acteur principal plombe tout. Le ratage est si complet qu'il s'étend au générique de fin, entièrement occupé par un "gag" qu'on pige dès les premières secondes mais qui s'étalera sur plusieurs minutes, à l'image du reste du film avec ses rebondissements téléphonés. La promotion "10 € = - 50 %" se finit aujourd'hui, profitez-en pour ne pas l'acheter, c'est vraiment de la daube.
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 09:01
Si vous hantez les bacs DVD des Cash Express à la recherche de merdouilles à 1 € pour rigoler un peu, vous y avez sûrement déjà vu traîner quelques dizaines d’exemplaires de Soldat cyborg. A force, ça rend curieux. Bien sûr on se doute que si c’était un bon nanar, il serait prisé par les collectionneurs et pas si facile à trouver, mais qui ne tente rien n’a rien. Fort de cette constatation, j’ai donc lâché ma piécette pour repartir avec l’un des 463 Soldat cyborg de la boutique dans mon sac et vérifier par moi-même si on avait plutôt affaire à un téléfilm pouilleux sans le moindre intérêt ou à l’un de ces mauvais films sympathiques vantés par les joyeux drilles de Nanarland.

L’histoire semble vaguement inspirée de RoboCop : Norton Cyberdyne (oui, Cyberdyne comme dans Terminator), une entreprise spécialisée dans la cybernétique, a mis au point un super soldat synthétique. Pour évincer l’attaché de presse de la société et prendre sa place, car c’est bien connu que c’est la place la plus enviée dans une boîte, un cadre de Cyberdyne va libérer un prototype de super soldat, parce que c'est vrai aussi qu'il n'y a pas de moyen plus simple et discret d'assassiner quelqu'un que de faire appel à une mystérieuse créature incontrôlable.

Evidemment, la machine à tuer de service entreprend immédiatement de faire son boulot, c'est-à-dire d'éliminer presque tout le monde sur son passage. Nommé Syngenor, un nom qui sonnerait pas trop mal pour un médicament contre la fatigue mais pas terrible pour un monstre de cinéma, le cyborg parvient à s'échapper des locaux de Cyberdyne, à la surprise de son libérateur qui ne pensait pas qu'un super-robot-soldat-du-futur puisse utiliser une technologie aussi compliquée qu'un ascenseur. Syngenor retrouve le savant qui l’a mis au point et décide de l'éliminer, avant de s’en prendre à sa nièce qui parvient néanmoins à s’échapper en lui lançant un pot de fleur à la tête avant d'utiliser le bon vieux coup du spray de laque combiné à un briquet (apparemment même les jeunes filles non-fumeuses conservent quand même un Zippo dans leur salle de bain pour les cas d'urgence).

Un film courageux, qui n'hésite pas à
désigner clairement les ennemis de l'Amérique.

Tandis que la demoiselle décide d'enquêter avec l'aide d'un journaliste sur ce qui se trame à Cyberdyne pour élucider le meurtre de son oncle, le patron de la boîte devient fou petit à petit à force de s'injecter une substance verte mystérieuse, et du coup ses employés en profitent pour comploter encore plus, parce que devenir attaché de presse c'est bien, mais remplacer le grand chef c'est encore mieux. Mais il y a d'autres Syngenors enfermés au sous-sol et ceux-ci se retrouvent libérés à leur tour (ils ne sont toutefois pas aussi malins que le 1er puisqu'ils n'ont pas réussi à fuir l'immeuble), ce qui va semer la panique dans les locaux de Cyberdyne et contrarier les plans de tout le monde...

Le méchant a un jeu d'acteur tout en sobriété,
et en plus
Donnie Darko lui a tout piqué.

Acteurs grimaçants, doubleurs nazes à moitié endormis, effets spéciaux minables, costumes de monstres ridicules, scénario débile... Oui, je sais, vu comme ça, Soldat cyborg peut paraître plutôt prometteur, du bois dont on fait les nanars. Les affreux Syngenors valent leur pesant de cacahuètes c'est vrai, ce sont des types en combinaisons en caoutchouc dont le corps semble inspiré de l'Alien tandis que la tête rappelle vaguement celle d'un endosquelette de Terminator mais qui au final a plutôt l'air du
fils que la Créature du lac noir aurait eu avec Nebula. Ils se déplacent avec l'aisance du monstre de Frankenstein et gesticulent comme des méchants de Bioman quand on leur tire dessus. Censés être des soldats surpuissants et invincibles, ils ne se montrent efficaces que contre des civils désarmés à condition d'arriver à les choper par surprise au corps-à-corps, et fondent s'ils sont aspergés d'eau. Forcément, ça en fait des monstres plus clownesques que terrifiants.

Les Syngenors sont, je cite, "invulnérables à toutes les armes conventionnelles"
mais on peut quand même les abattre au fusil à pompe,
de préférence devant un empilement de cartons vides
pour rendre leur chute plus spectaculaire.

Le scénario et la mise en scène provoqueront eux aussi quelques sourires, voire des rires. Les personnages ont des motivations et réactions invraisemblables, et quasiment chaque nouveau rebondissement apporte son lot d'incohérences dont l'énormité à quelque chose d'admirable. On ne s'en étonnera pas trop quand on regardera sur IMDB le pedigree de la fine équipe aux commande de l'entreprise : à l'origine du projet, un type qui avait déjà utilisé le même monstre dans un autre film près de 10 ans plus tôt et qui s'est dit que ce serait bête de ne pas s'en resservir. Là-dessus, un autre type qui n'a jamais rien fait d'autre dans le cinéma a une vague idée d'histoire, disons plutôt la vague idée de pomper principalement RoboCop, mais aussi un peu Terminator et divers films de monstres, ensuite transformée en un semblant de scénario par un troisième type, celui qui écrirait plus tard Mortal Kombat: Destruction finale, puis filmée par un quatrième, qui avant ça faisait des vidéos pour Playboy. On sent qu'ils ont étudié quelques téléfilms d'horreur et d'action bas-de-gamme avant de se mettre au boulot puisqu'ils en ont repris pas mal de lieux communs : l'héroïne qui au début ne supporte pas le héros dragueur mais finira par coucher avec lui,
une entreprise où les seules femmes sont soit de ravissantes idiotes soit des garces arrivistes, la scène où tu crois que le monstre est caché là mais c'est juste le héros qui fait une blague, la scène où y a un bruit suspect mais et c'est juste un rat mais en fait non, y a pas seulement un rat, y a aussi le monstre,  un peu de plan nichons parce que dans un truc de deuxième partie de soirée ça mange pas de pain, ce genre de choses déjà vues mille fois.

Avec leurs bleus de travail, leurs casques de chantier customisés,
leurs armes dépareillées et leurs épaulettes en inox,
ils ont vraiment la classe
les agents de sécurité de Norton Cyberdyne.

Bon, après tout, suivre une formule n'est pas un crime, mais faute d'avoir le savoir-faire pour assembler tout ça correctement et le faire se tenir debout, nos auteurs en sont arrivés à un résultat absolument calamiteux. L'ensemble vaut hélas moins que la somme de ses éléments nanaresques (bien gratinés, pourtant) et se révèle vraiment très ennuyeux. Pour tout dire j'ai eu du mal à rester éveillé devant, et pourtant ça ne dure qu'une heure et demie et j'ai regardé ça en milieu d'après-midi, pas à l'heure de la sieste ou tard la nuit.

Même les maquettes sont minables !

Alors c'est vrai, c'était 1 € seulement, à ce prix-là je pourrais me montrer indulgent, d'autant plus que comme je l'ai dit, il y a quand même quelques moments de débilité qui font marrer. Mais il y a aussi trop de longueurs, de scènes sans le moindre intérêt, et au final c'est plus un navet chiant qu'un nanar rigolo. Pour vous le situer sur une échelle par rapport à d'autres films chroniqués ici, c'est un peu moins laborieux que Maniac ou Les Morts haïssent les vivants, à peu près aussi absurde que Death Games mais plus ennuyeux que Nemesis 2 qui est pourtant loin d'être un sommet du genre. A moins d'être complètement fasciné par ce genre de couillonnades ratées au point de vous infliger même les pires, vous pouvez garder vos 6,55957 francs.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 14:43
Je ne sais pas si vous avez vu 40 ans, toujours puceau, mais si ce n'est pas le cas, c'est un tort, et arrêtez tout de suite de lire cet article pour vous procurer le DVD et vous le passer. Ensuite revenez lire ici quand même parce que bon mes statistiques ont déjà assez chuté comme ça ces derniers temps alors quoi, merde à la fin. Vous faites pas ma pub auprès de tous vos potes, bande de bâtards, ou quoi ? Bref, maintenant que vous avez vu 40 ans, toujours puceau donc, vous vous souvenez peut-être de la scène où le personnage joué par Seth Rogen raconte aux autres qu'il est allé à Tijuana, et qu'avec ses potes, ils sont allés voir un spectacle où une femme baisait avec un cheval. Et il explique comment, sur le moment, l'idée leur paraissait intéressante, ils pensaient vraiment que ça allait être cool, mais qu'au bout du compte, ben, c'était juste une nana en train de baiser un cheval et que finalement ça n'avait rien de particulièrement rigolo.

The Creeps, c'est un peu comme un spectacle de femme baisant avec un cheval à Tijuana. On lit le résumé, on se dit, putain, ça va être un nanar trop marrant, et en définitive, c'est juste une fille qui se tape un canasson. Enfin pas littéralement, mais vous voyez ce que je veux dire. C'est comme Des serpents dans l'avion, si vous voulez. Sur le papier, l'idée de départ paraît tellement débile qu'on pense que ça peut être grandiose dans sa débilité, et au bout du compte, ça ne tient pas ses promesses, on a bien ce que le titre implique pourtant, à savoir des serpents dans un avion, mais rien d'autre, pas la touche de génie nanaresque qu'on aurait aimée. Putain finalement l'analogie avec Des serpents dans l'avion était bien mieux que cette histoire de zoophilie équestre au Mexique, j'aurais pu m'épargner un paragraphe en la trouvant plus tôt. Je vous le laisse quand même dans la version finale de l'article, parce que maintenant qu'il est écrit, faut pas gâcher.

Bon, donc, sur le papier, The Creeps c'est une idée forte, du "high concept" comme on dit en langage cinématographique professionnel : on réunit en un seul film les plus célèbres monstres libres de droits, Dracula, la créature de Frankenstein, le Loup-Garou, la Momie (idée pompée et gâchée par  Van Helsing, d'ailleurs, mais qui avait déjà été utilisée avant dans un autre film dont le titre m'échappe) et comme si ça ne suffisait pas, on y ajoute la petite touche de portnawak qui tue, tenez-vous bien : ce sont des nains. Je répète : Dracula. La Créature de Frankenstein. Le Loup-Garou. La Momie. Tous dans le même film. Tous joués par des nains. Bordel, si ça c'est pas du high concept qui déchire les gars, c'est que vous êtes vraiment des blasés.

La fine équipe au grand complet. Enfin, plutôt au petit complet, ha ha ha.

Le point de départ du scénario est gentiment tordu : un savant fou a inventé une machine qui permet d'amener à la vie des personnages imaginaires, mais pour cela, il a besoin des manuscrits originaux racontant leurs aventures. Coup de bol, il est justement installé près d'une bibliothèque qui conserve les deux ouvrages nécessaires à la finalisation de son plan, le Frankenstein de Shelley et
Dracula de Stoker. Il subtilise le premier par la ruse, mais la jeune et jolie bibliothécaire s'en aperçoit et met un détective privé à ses trousses pour le retrouver. Elle tente de l'arrêter elle-même lorsqu'il revient pour dérober le manuscrit de Bram Stoker, mais l'odieux savant la capture pour accomplir le sacrifice humain nécessaire à la réussite de l'entreprise. Mais l'expérience tourne court grâce à l'intervention du détective, et c'est donc sous forme de nains qu'apparaissent les créatures que le méchant comptait utiliser comme hommes de main pour asservir le monde. Dracula et ses compagnons d'infortune ne sont pas ravis de leur miniaturisation, et vont pousser le professeur à chercher une nouvelle victime pour un sacrifice dans l'espoir de retrouver leur taille normale.

Le film dépeint l'univers des bibliothèques de façon très réaliste,
puisque l'employée est une charmante jeune fille en décolleté
tandis que sa supérieure est une effrayante lesbienne revêche.
Ouais désolé pour les habitués du site, c'est une private joke pour mes collègues là.

Réalisé par Charles Band pour sa firme Full Moon Features (dont l'ambition semble être de passer pour le Troma de la côte Ouest), The Creeps n'en donne malheureusement pas pour son argent à l'amateur de débilités cinématographiques. Extrêmement paresseux, manquant cruellement d'imagination, le film donne l'impression de ne pas trop savoir ce qu'il veut être, une honnête petite série B horrifique, une comédie fantastique, un "nanar volontaire"... La mise en place est longue, les monstres n'entrant en action qu'à la moitié du film, le scénario a apparemment été torché en 10 minutes par quelqu'un qui n'en avait rien à battre, les acteurs jouent faux et semblent improviser leurs dialogues les trois quarts du temps, on a largement le temps de s'ennuyer alors que ça dure à peine 75 minutes.

Le maquillage du loup-garou ressemble à s'y méprendre
à celui de Bubs dans Sur Ecoute.

Bie sûr, on sait bien que quand on se met devant un film basé sur une idée aussi couillonne que "des monstres célèbres joués par des nains", ce n'est pas la peine de s'attendre à un chef-d'oeuvre du Septième art. Mais il est raisonnable d'espérer qu'au moins cette idée crétine va être exploitée. Or les fameux monstres nains qui servent d'argument de vente à The Creeps sont en fait quasiment relégués à l'état de simples figurants dont les quelques apparitions ne sont ni comiques ni effrayantes. Les maquillages sont pas mal, pourtant, et l'acteur qui interprète Dracula (Phil Fondacaro, si vous avez revu Willow récemment vous le reconnaîtrez peut-être comme Vohnkar, le guerrier du trio de hobbits) joue son rôle avec conviction, mais c'est loin d'être suffisant. Ils ne font rien de spécial, repartent comme ils sont venus. N'espérez pas le moindre gag de type "Dracula essaie de sucer le sang d'une victime mais, ne parvenant pas à atteindre le cou, doit lui mordre le mollet". N'espérez pas que Dracula morde qui que ce soit en fait. Ni qu'aucun des monstres ne fasse quoi que ce soit qui le rapproche un peu de sa version "grand format". En fait on aurait pu avoir à peu près le même film avec des monstres non-nains, ou des nains non-monstrueux.

Le réalisateur tourne souvent avec les mêmes personnes,
ça doit être plus facile de convaincre une actrice qu'on connaît déjà bien
de tourner une scène à poil dans laquelle elle va se faire tripoter
par quatre nains en costumes d'Halloween.

Peut-être qu'il n'y avait rien de mieux à faire, d'ailleurs. Peut-être que le concept pouet-pouet du film n'est amusant que sur le papier, en définitive, comme pour le cheval à Tijuana. Je ne sais pas. En tout cas, Charles Band n'a clairement pas su quoi en faire, le gâchis est encore plus flagrant que celui de Sue Price dans Nemesis 2. Il n'y a qu'à voir comment leur arrivée dans le film est mise en scène de manière totalement plate, genre "bon ben voilà, vous les avez voulus, ils sont là. On passe à la suite ?" ; certes, c'est pas comme si c'était censé être une grosse surprise pour le spectateur qui a priori sait déjà à quoi s'attendre, mais malgré ça un petit effort pour donner un côté un peu plus spectaculaire et mémorable à leur première apparition à l'écran n'aurait pas été de trop. Et la suite est à l'avenant. Peu d'action, pour ne pas dire pas du tout. Pas de gags, ou alors sans les nains. Pas de tueries. Surtout du blabla pas très intéressant et mal joué.

Le détective privé/gérant de vidéoclub est joué par une sorte de sous-Bruce Campbell miteux
et le réalisateur a apparemment décidé que ses chamailleries pas drôles avec la petite bibliothécaire
étaient plus intéressantes à filmer que les monstres nains avec qui il a appâté le chaland.

La déception est donc de taille (ho ho ho), ça n'est ni un bonne comédie d'horreur à la Chucky ni quoi que ce soit d'un peu divertissant. On sourira peut-être deux ou trois fois si l'on est très indulgent,  par exemple devant le fait que l'actrice principale soit si mauvaise qu'on a l'impression qu'elle se force, ou devant une scène totalement incongrue où la directrice de la bibliothèque "s'amuse" avec le manuscrit original de Jane Eyre. Quand on pense que le distributeur, Elephant Vidéo, se permet de vendre ça assez cher pour ce que c'est à cause du boîtier en métal, ça fait vraiment bien peu pour justifier la dépense.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 13:42
Allez hop, encore un DVD Prism Vision à 3 €, on ne s'en lasse pas. Aujourd'hui, fait assez exceptionnel, pas de tromperie sur la marchandise : c'est la bonne jaquette avec les bonnes photos, le bon résumé, la bonne distribution. Seul le titre change, puisque la jaquette et le disque nous vendent Maniac, que le menu du DVD lui-même appelle le film Le Maniac (comme Le Big Mac, je suppose ?) alors que le générique parle quant à lui de L'Abattoir (et d'après IMDB, le film a également été distribué en vidéo en France sous le titre Slaughterhouse, l'abattoir de l'angoisse). Mais c'est pas grand chose quand même, donc pour une fois on ne peut pas vraiment parler d'arnaque. Bravo, Prism Vision.

Ecrit et réalisé par un inconnu qui n'a rien fait d'autres, Maniac/L'Abattoir est un sous-Massacre à la tronçonneuse, réexploitant sans vergogne l'idée d'une famille de ploucs tordus spécialistes du tranchage de bidoche et reconvertis dans la découpe de chair humaine après avoir été mis au chômage par la modernisation de l'industrie de la viande. Ici, c'est à un tandem d'anciens éleveurs et abatteurs de porcs qu'on a affaire, le vieux Lester Bacon (ha ha ha) et son fils Buddy, attardé mental doublé d'un psychopathe dangereux. Lester a fait faillite mais vit toujours avec son rejeton, que la rumeur prétend issu d'une relation avec l'une de ses truies, sur son exploitation désormais obsolète. Il refuse de vendre son terrain à un magnat local de la viande de porc, qui cherche du coup à le faire expulser avec l'appui des autorités. Alors qu'il va être expulsé, Lester décide d'utiliser les tendances meurtrières de Buddy pour se débarrasser de ceux qui veulent le mettre à la porte. Il tend donc un piège à son avocat et au roi du porc, les conviant à venir chez lui officialiser la vente de sa ferme pour mieux les attirer sous la lame de son fils. Parallèlement à cela, des adolescents en goguette font du repérage sauvage pour un film d'épouvante dans l'ancien abattoir. Le shérif arrivera-t-il avant que tout ce petit monde ne tombe sous le couperet de l'abominable Buddy Bacon ?

L'intrigue n'est, dans ses grandes lignes, pas plus tarte que dans la moyenne des slashers movies ; malheureusement, comme elle met à peu près 35 minutes à se mettre en place sur un film qui en dure à peine 80, on peut dire que c'est un peu lent et bancal. Malgré ça, les spectateurs patients qui auront survécu à un début poussif pourront être tentés de croire que le film va se révéler plus intéressant que le vieux caca lambda pour bac à 3 € de solderie auquel on peut s'attendre, puisqu'après avoir abusé des clichés du film d'horreur dans sa scène d'ouverture (avec couples d'ados qui se tripotent dans des bagnoles la nuit dans la nature, la scène censée faire sursauter et faire croire que le tueur est déjà là alors que c'est juste le petit copain qui fait une blague...) puis son générique (à base de snuff animalier à la manière des cannibaleries à l'italienne), Maniac semble prendre un tournant un peu original : le tueur fou n'est pas là pour s'en prendre aux jeunes gens pour les punir d'avoir eu envie de s'éclater, sa vraie cible ce sont les magouilleurs qui mettent le brave ouvrier au chômage.

Evénement rarissime chez Prism, le contenu du disque
correspond réellement à ce qu'on voit sur la jaquette !

Hélas, cet espoir sera vite déçu et Maniac s'embourbe à nouveau dans la banalité dont il n'est jamais vraiment sorti. Tout a déjà été vu en mieux dans Massacre à la Tronçonneuse, les victimes pendues à des crocs de boucher et traitées comme de la viande  (même si ici, elles ne sont pas consommées), les décors jonchés d'ossements et de carcasses, il y a même une scène vers la fin qui est visiblement calquée sur celle du film de Tobe Hooper où l'on accorde au grand-père l'honneur d'abattre l'héroïne prisonnière. Aucun des plaisirs coupables de l'amateur d'horreur ne nous sera accordé : les exécutions ne sont pas originales, les effets gores sont bidon, les quelques tentatives d'humour noir tombent presque toutes à plat. L'un des seuls éléments un peu rigolos provient du fait que le personnage de Buddy Bacon s'exprime uniquement par des cris de cochon, que son père semble comprendre parfaitement à la manière de Solo avec Chewbacca, ou des humains avec le clébard dans Lassie. "Qu'est-ce que tu dis, Buddy ? Tu les as tués parce qu'ils embêtaient tes cochons ?" Ouais, bon, c'est pas hilarant non plus mais un peu marrant quand même.

Les meurtres sont fort platement mis en scène,
et les effets sanguinolents guère convaincants.

L'autre source de comique du film n'est à vrai dire susceptible d'amuser que les amateurs les plus acharnés de nanaritude, tout en faisant fuir ou dormir les autres. Maniac est en effet d'une mollesse rare, en partie parce qu'il ne se passe pas grand chose et que le réalisateur meuble donc avec des scènes inutiles pour arriver à 80 minutes, en partie parce que les doubleurs français mettent à peu près autant d'énergie et de conviction dans leurs répliques qu'un Droopy sous anxiolytiques n'en mettrait à annoncer que, vous savez quoi, il est heureux. La prestation du shérif est également à saluer, puisqu'il travaille avec la vivacité d'un vieux Derrick au bout du rouleau. Deux adolescents ont disparu ? Bon ben, il ira jeter un oeil plus tard. Son adjoint disparaît à son tour en enquêtant dessus ? Bah il va aller demander aux gens du bar s'ils l'ont vu et puis si personne l'a vu ben il règlera ça plus tard. Mais attention hein, ce n'est pas parce que le personnage est censé être un shérif véreux/je-m'en-foutiste/paresseux/incompétent comme le chef Wiggum dans Les Simpson hein, c'est juste parce que s'il se décidait trop vite à agir le film serait vite bouclé. Alors il glandouille en attendant son tour d'entrer en scène pour de bon (c'est-à-dire en attendant que presque tous les autres personnages soient morts).

C'est vrai, son adjoint et deux amis de sa fille sont probablement morts
sur les lieux mêmes où elle compte aller s'amuser ce soir,
mais pour le shérif ce n'est pas une raison pour s'en faire et ne pas prendre le temps
de rentrer chez lui savourer un bon Pepsi, l'un des sponsors du film.

Dans le même ordre d'idée, les amis des deux disparus dépassent tout ce que les Scream ont pu parodier dans le genre "comportement absurde de personnages de films d'horreur". Apparemment pas contrariés le moins du monde à l'idée que leurs copains soient peut-être morts, non seulement ils ne s'en inquiètent à aucun moment, mais en plus ils retournent dès le lendemain au dernier endroit où ils les ont vus, et ce n'est même pas pour faire leurs propres recherches, non, c'est juste pour rigoler. Ah ben que voulez-vous ma bonne dame, il faut bien des victimes supplémentaires pour le tueur, alors on ne va pas s'embarrasser avec des réactions crédibles ou des émotions humaines hein, ou bien là aussi le film s'arrêterait à peine après le prologue.

Comme Kane dans See No Evil, Buddy Bacon est un des quelques tueurs ni masqués ni défigurés,
mais histoire de copier encore mieux Massacre à la Tronçonneuse, pour la fameuse scène
avec la fille prisonnière il enfile un nouveau visage exactement comme le fait Leatherface.

Au bout du compte je ne collerais tout de même pas le label "nanar" à la chose. C'est un énième téléfilm d'horreur médiocre et sans grande personnalité, plus ennuyeux qu'autre chose, le genre de merdouille qui passait tous les jeudis en deuxième partie de soirée sur M6 il y a une quinzaine d'années. Mais si, "Les jeudis de l'angoisse", souvenez-vous. C'est sur ce créneau-là aussi qu'ils diffusaient Les Contes de la Crypte d'ailleurs, et à la limite, Maniac aurait sûrement gagné à exister plutôt au format d'un épisode de cette série, en coupant tout le remplissage pour ne garder que les 25 meilleurs minutes, plutôt que de s'étirer sur 1h20. Enfin, ce qui est fait est fait et en l'état on ne peut pas dire que ça vaille ses trois euros.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 08:47
Normalement ce site n'est pas trop destiné à parler de films vraiment connus parce que ça sert pas à grand'chose, mais là je vais faire une exception parce que ça me tient à coeur.

Comme tous les jeunes qui ont voulu avoir l'air de grands cinéphiles cool et branchés au milieu des années 90, Tarantino j'y ai cru très fort. Reservoir Dogs, Pulp Fiction
, vraiment ça m'a éclaté. Je les reverrais aujourd'hui, je ne les classerais sans doute plus dans les meilleurs films de l'univers, mais  je veux bien croire que ça reste de très chouettes films, et ce qui est sûr c'est qu'à l'époque j'étais un gros gros fan. Par contre j'avoue que moi j'ai commencé à douter dès Jackie Brown. Et quand j'ai vu Kill Bill, là vraiment j'ai décroché. A un moment donné quand on est cinéaste je crois que c'est bien d'essayer d'aller de l'avant et de créer des choses nouvelles plutôt que de se cantonner à rendre hommage aux trucs obscurs qu'on aime, en faisant quelque chose de plus cher, plus prétentieux et largement moins bien. N'importe quel vrai bon film de kung fu signé par un honnête Chinois, moins friqué et moins occupé à se regarder filmer et à montrer au monde à quel point il est un virtuose de la cinématographie et une encyclopédie vivante du cinéma de genre, vous explosera les deux Kill Bill en beauté.

Bref. Dans la mesure où Boulevard de la Mort était un nouvel hommage de Tarantino à lui-même par l'entremise de ses goûts en matière de vieux films, tellement importants et intéressants, j'ai renoncé à aller le voir au cinéma. Mais comme il est disponible en DVD autour de 7 € et qu'une copine m'en avait dit le plus grand bien, j'ai fini par me laisser tenter. Pour l'anecdote, elle semblait trouver particulièrement intéressant le fétichisme pour les pieds affiché par le film. Ca m'a un peu rendu curieux, je dois dire. Je me suis dit qu'il y avait un petit espoir pour que ce soit bien quand même. Que ce soit une espèce de Faster, Pussycat! Kill! Kill! moderne, avec les pieds à la place des gros nichons.
Entendons-nous bien, les remakes c'est mal, et remplacer les gros nichons par des pieds est une mauvaise idée, mais en théorie, disons que le genre "Action, violence, bagnoles et belles pépées" garde un certain attrait. Enfin tout ça pour vous dire que malgré mes premiers a priori négatifs sur le film, juste avant le visionnage j'étais à nouveau dans de bonnes dispositions à son égard, et pas dans l'état d'esprit du mec qui s'apprête déjà à détester.

J'espère que vous aimez les films de gens qui discutent à une table
parce que ça va être beaucoup de ça, quand même.

Ca commence sur des filles qui discutent. Elles discutent dans une voiture, longtemps. Puis elles discutent dans un restaurant, longtemps. Puis elles vont dans un bar et elles discutent encore, longtemps. Elles discutent aussi à l'extérieur du bar après, à côté du parking. Il faut dire que les dialogues, c'est ce qui a bien fait vendre Tarantino depuis Reservoir Dogs. Madonna et les grosses bites, le Royal Cheese, tout ça, souvenez-vous. Y a quand même un problème ici, c'est que le bavardage de ces demoiselles a tout le charme de Sex and the City, c'est dire si c'est passionnant. Ouh t'as pas baisé avec ton nouveau mec ? Tiens je parie que t'es pas cap de faire une lapdance à un inconnu trop craquant s'il vient réciter un poème. Les mecs ils bandent trop pour mon gros cul de Noire, ha ha ha ! Ce genre de papotage très intéressant quoi. Récité par des actrices pour la plupart largement trentenaires mais qui semblent jouer des personnages de 16 ans, parce que Papa il prête sa cabane au bord du lac mais attention, pas de garçons, et Machin je l'ai laissé me peloter mais on n'est pas allés plus loin ! Bon bien sûr il y a aussi régulièrement des plans sur des objets genre un juke box ou un disque, parce que ça fait stylé, voyez. Des fois il y a aussi un plan d'environ 2 ans et demi sur le portable d'un personnage qui tape un SMS et comme on ne voit pas trop clairement le logo Nokia on peut penser que c'est pas pour faire une pub (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de "placement de produit" dans le film, par contre) et du coup c'est sans doute censé développer le personnage, pour qu'on comprenne que sous ses grands airs c'est une fille sentimentale et tout. C'est une bonne idée de développer les personnages. Enfin sauf  peut-être quand ils meurent 10 minutes plus tard comme c'est le cas ici, mais qu'est-ce que j'y connais en cinéma après tout, moi qui ne suis même pas capable de citer constamment des références à de vieux films méconnus.

Tout n'est pas si noir, il y a quand même Michael Berryman de La Colline a des yeux
en travelo, on voit pas ça tous les jours.

Au bout de 40 minutes de film il n'y a toujours pas le début d'une intrigue et on n'a rien vu d'autre qu'une série de conversations. Heureusement, de temps en temps il y a eu un peu de Kurt Russell en marge du blabla des autres.
Kurt Russell a de la classe, une vraie présence à l'écran malgré le trop peu de temps qui lui est accordé, il incarne avec talent un vrai personnage de cinéma, ce qui forcément change agréablement des bavasseuses de sitcom qui monopolisent la pellicule. Et prouve au passage que décidément Boulevard de la Mort n'est pas le Faster, Pussycat! Kill! Kill! des années 2000, puisqu'ici le meilleur personnage est masculin et qu'aucune des nanas ne peut prétendre au titre ne serait-ce que de misérable ersatz de Tura Satana. Avec ses faux airs d'Eddy Mitchell balafré et au volant d'une bagnole indestructible, Kurt Russell joue le méchant de l'histoire, et peut se vanter d'être dans toutes les rares scènes du film qui ne donnent pas envie d'en regarder un autre à la place.

Ca y est, pas trop tôt, il aura fallu attendre la moitié du film mais Kurt et son bolide infernal
se décident enfin à réveiller un peu Boulevard de la Mort.

C'est triste à dire mais quand il massacre le groupe de filles qu'on a dû écouter jacter depuis le début, on a presque envie de l'applaudir et de lui dire merci. C'est honteux à avouer, et pas sympa de ma part de dévoiler l'histoire comme ça à ceux qui n'ont pas encore vu le film, mais c'est vraiment un moment de satisfaction et de soulagement : enfin, nous voilà débarrassés. Manque de pot la joie est de courte durée puisqu'après 5 minutes d'adrénaline et de violence survenues après trois quarts d'heure d'inaction, on en revient pour ainsi dire au début du film, mais avec un nouveau groupe de filles. Elles discutent dans une voiture, puis autour d'une table, puis dans une voiture, puis à propos d'une voiture. Longtemps, bien sûr, et toujours dans le genre Sex and the City. Il y a aussi des clins d'oeil de Tarantino à lui-même, parce que c'est un garçon qui a l'air de bien s'aimer et de se trouver vraiment intéressant et talentueux, et parce qu'il sait que c'est le genre de truc qui conforte la critique et les fans dans l'idée qu'un réalisateur est un vrai grand cinéaste intéressant avec son propre univers bien à lui, et tout et tout. Alors il y a du Big Kahuna par-ci, du massage de pieds par-là. Ca ne donne pas plus de charme à ces échanges interminables, mais y en aura toujours pour s'émerveiller que c'est de la super référence à Pulp Fiction.

Et hop nous revoilà autour d'une table à déblatérer, ceux qui aiment les films
où il se passe quelque chose peuvent se rendormir en attendant le quart d'heure final.

Kurt Russell refait surface alors qu'on avait fini par ne plus oser l'espérer, et le film se conclut sur 15 minutes de poursuite en voitures pour récompenser le public de sa patience. Honnêtement, ça n'est même pas vraiment mémorable. Pas mal quand même, notamment parce que la cascadeuse Zoe Bell donne de sa personne pour rendre la chose un peu plus spectaculaire que la moyenne, mais pas de quoi excuser tout le reste hélas. Et en plus le retournement de situation intervient trop vite, histoire de se précipiter joyeusement vers un dénouement "woohoo, Girl Power, youpi !" qui semble là pour permettre aux gros puceaux désespérés, ne sachant plus quoi inventer pour baratiner les femmes et tirer leur coup, de dire en sortant du film que "c'est génial parce que c'est hyper féministe comme film, j'ai adoré".

Le plus gros sponsor du film est d'une élégante subtilité et d'une discrétion absolue,
il convient de le souligner.

C'est pas que j'espérais avoir affaire à un authentique film d'action et je comprends bien que pour rester un méchant efficace, le cascadeur psychopathe doit être utilisé à petites doses, mais là, tout semble entièrement basé sur l'idée que les dialogues sont tellement brillants et les actrices tellement géniales que tout ça sera passionnant même si 80% du film n'a ni intrigue ni véritables personnages. Malheureusement, les interminables commérages des victimes et des héroïnes ne sont jamais drôles, enlevés, charmants, pétillants... C'est très lourd, et soporifique à souhait. Et au final le plus gros défaut du film ce n'est pas d'être un "hommage" plutôt qu'un vrai film, une reconstitution factice d'un genre qui n'en méritait peut-être pas tant, ce n'est pas d'être une autocélébration prétentieuse, c'est simplement que Boulevard de la Mort est beaucoup trop bavard, pas franchement très bien joué, et d'un ennui abyssal. Enfin, je sais que je ne convaincrai pas les Tarantinophiles que cette sombre merde n'est pas un chef-d'oeuvre "culte" "totalement maîtrisé" "virtuose" "déjanté" "jubilatoire" et toutes autres couillonnades interchangeables utilisées par les critiques branchouillés quand il s'agit de vendre un film estampillé "film d'auteur, mais cool", mais si je peux épargner à quelques autres le calvaire de ce faux thriller chiantissime, j'estime que j'aurai quand même écrit un article utile pour une fois.

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Boulevard de la Mort (Death Proof, 2007), écrit et réalisé par Quentin Tarantino. Avec Rosario Dawson (Sin City), Zoe Bell (Game of Death), Kurt Russell (Rox et Rouky) (non je vous jure c'est vrai, il fait la voix de Rox en VO).
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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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